Homélie du 1e DA - 3 décembre 2006
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Qu’attendons-nous? Certes une année liturgique s’est achevée, une autre commence, mais qu’attendons-nous? Car l’Avent comme on l’appelle est une attente, mais une attente de quoi ou de qui? Qu’attendons-nous? Un avent événement, un avènement et un jugement.

Nous attendons l’avènement du Seigneur. Or, il est venu aux jours de sa chair, il s’est manifesté et il apparaîtra glorieux avec grande puissance. Il est venu dans l’humilité, il reviendra dans la splendeur de sa force qui changera la face de la terre. Il y a donc deux avènements de Dieu, les deux avènements du Christ. Le premier a eu lieu, nous en sommes les bénéficiaires, le second nous l’attendons non comme un malheur, mais comme l’évènement qui achèvera le premier, qui réalisera définitivement les promesses, où Dieu sera tout en tous, où l’Église en son état définitif et consommé coïncidera avec le monde nouveau et les cieux nouveaux. Nous sommes en ce temps de l’Avent comme tendu vers un avenir dont seul Dieu est le maître, mais que nous pouvons hâter par l’ardeur de notre désir, par nos bonnes œuvres et par la ferveur de notre prière. Nous attendons sa venue dans la gloire que la fête de Noël anticipe car Il est descendu du Ciel pour un règne de paix et l’effet de cette gloire divine c’est la paix que Noël dépose en nos âmes. Il est venu, il est là, invisible dans son Corps visible, l’Église, il reviendra pour cet heureux événement et pour un jugement

Avènement et jugement, car cette fin qui sera aussi un nouveau commencement pour notre monde et pour nous nous qui serons transformés; cette fin, cet avènement passera par un jugement. Le jugement de Dieu, eschatologique comme on dit, jugement à venir est anticipé dans la naissance du Fils de Dieu en vue d’établir le règne des justes, des fils de Dieu. Ce jugement est essentiellement sauveur, il réalisera un discernement. D’ailleurs nous sommes déjà jugés, puisque son amour a pris l’initiative de notre salut, de notre rédemption. Qu’avons-nous à craindre puisque ce juste juge qui a remis son jugement au Fils, au Christ notre Sauveur et notre Dieu, est un jugement sauveur. Ce que nous pourrions craindre d’une juste crainte, ce n’est pas tant le châtiment de Dieu si du moins nous aimons Dieu, si nous cherchons à faire le bien selon sa volonté; ce que nous pouvons craindre d’une vraie crainte, c’est d’être séparé par notre faute de l’amour du Christ, de nous enfermer dans une confiance orgueilleuse en nous-mêmes, un peu trop sûr de notre salut et de notre qualité de juste ou de chrétien. Il nous jugera selon nos œuvres avec justice pour que tout soit manifesté dans la lumière et la vérité et que soit purifié en nous ou écarté de nous les traces et les offenses du mal et du péché. C’est pourquoi il s’est incarné et c’est bien ce dont nous faisons mémoire en ce temps de l’Avent dans l’attente de sa venue: Rorate caeli desuper, et nubes pluant justum (Ciel, répands ta rosée, nuée, fais pleuvoir le juste).

Mais alors, qu’attendons-nous, non pas seulement de Lui, je viens d’en parler, mais de nous, qu’attendons-nous de nous en ce temps de l’Avent ou plutôt qu’attend notre Dieu de nous? De progresser et de prier nous dit l’Écriture.

De progresser ou plutôt de «faire de nouveaux progrès» selon l’apôtre. Quels progrès et comment? Progrès dans la connaissance de la vérité et progrès dans la sainteté. Il faut profiter du temps de l’Avent pour connaître le Christ en vérité, pas selon nos idées ou celles du monde, des magazines et des reportages, la vérité vraie celle que nous trace les évangiles, l’évangile de Luc en particulier. Il faut prendre la résolution de lire lentement, avec l’intelligence et le cœur, méditer et revenir, crayon à la main, s’il le faut, les admirables premiers chapitres de l’évangile de saint Luc en suivant les dimanches du temps de l’Avent. Et pour ne pas faire fausse route avec nos imaginations et nos idées courtes, aller chemin faisant avec comme guide de lecture notre Catéchisme de l’Église catholique, comme avec un interlocuteur de choix pour comprendre et interpréter puisque qu’il contient rien moins que la foi de l’Église avec laquelle je peux lire les Écritures en vérité. Pour être pratique, faites le en utilisant sa table analytique, vous verrez c’est très simple. Ainsi vous ne progresserez pas seulement en connaissance mais aussi en sainteté. Car lire et méditer, c’est s’ouvrir à la contemplation de Celui qui va venir et qui est déjà venu. La vraie connaissance de Dieu nous change. Vous ne croîtrez pas seulement dans la science du Christ mais aussi dans l’amour du Christ. Ainsi vous ne pourrez que plaire à Dieu. Cherchons à plaire à Dieu durant ce temps par la sainteté de notre vie, par la pureté de notre conscience, par ces nouveaux progrès.

Qu’attendons-nous pour progresser, et pour prier disais-je. Nous ne progresserons pas sans prière. «Veillez et prier en tout temps» afin de paraître debout devant le tribunal du Christ. Prier, car il vient; prier par des entretiens fréquents et intimes avec Celui qui vous aime, prier à partir du cœur et dans le cœur, car c’est dans la chambre close de notre âme que nous découvrirons combien Il nous aime, combien Il est adorable, combien je suis pécheur et combien Il fait miséricorde. Il faut joindre à la vraie connaissance de sa misère, la suprême connaissance de Dieu, il faut joindre à la connaissance l’amour de Dieu qui vient à notre rencontre, il faut joindre à l’amour, la prière du cœur, la louange et l’adoration. Si vous ne savez que dire ou que faire pour prier, dites notre Père, arrêtez vous sur chaque demande et considérez ce que vous venez de dire dans une considération simple et affectueuse, alors il viendra au devant de votre cœur comme il lui plaira et comme il voudra. Courage mes frères, ne nous lassons pas, il vient sans tarder.

Amen! Viens Seigneur Jésus! (Ap 22, 20).