Homélie du 9e DO - 1 juin 2008
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Pouvons conduire notre vie selon les critères définis par les lectures bibliques entendues ce dimanche? C’est à voir! Pour le vérifier je vous propose:
1° de relire ces textes;
2° de prendre un crayon pour répondre aux trois questions suivantes:

– 1re question: Obéir au Décalogue, aux commandements données par Dieu à Moïse est-ce obligatoire ou facultatif pour un chrétien? Cliquez sur oui pour obligatoire; cliquez sur non pour facultatif.

– 2e question: Qu’arrive-t-il à celui qui n’écoute pas la loi de Moïse. 1re réponse: Il est maudit; 2e réponse: Il est maudit mais les autres aussi puisque «tous sont pécheurs»; 3e réponse: C’est sans conséquence puisque ce qui compte avant tout c’est la foi.< - 3e question: Qu'est-ce qui est nécessaire pour que Dieu nous justifie? Réponse 1. La pratique des commandements; réponse 2. La foi dans le Christ

Vous hésitez; vous avez peur d’être pris en flagrant délit de contradiction; vous sentez, peut-être confusément, qu’il existe un dilemme. L’alternative est en effet la suivante:

– Soit vous insistez sur les commandements, sur leur aspect obligatoire et l’on vous considère comme un légaliste, un anti-saint Paul.

– Soit vous insistez sur la foi et l’on vous traite de rêveur irréaliste, de donneur de leçons.

En 2008, être l’homme des commandements n’a pas bonne presse. Qui est capable de respecter la loi jusqu’en son dernier alinéa sinon le pharisien? Combien se revendiquent, pour cette raison, croyants non pratiquants? Malheur au prêtre qui s’avise de prêcher les commandements de Dieu! Malheur au catéchiste qui ose affirmer que la messe dominicale et la confession annuelle sont des commandements de l’Église!

D’un autre côté, être l’homme de la foi pure c’est aussi s’exposer au mépris. Comment respecter celui dont les convictions n’entraînent aucune conséquence? Il a les mains pures, certes, mais il n’a pas de mains! Luther rejetait l’épître de s. Jacques en disant qu’elle était une «épître de paille», bonne à brûler, à cause des versets suivants: «A quoi sert que quelqu’un dise j’ai la foi, s’il n’a pas les &œuvres? La foi peut elle le sauver? Si un frère ou une sœur sont nus, s’ils manquent de leur nourriture quotidienne, et que l’un d’entre vous leur dise: Allez en paix, chauffez-vous, rassasiez-vous, sans leur donner ce qui est nécessaire à leur corps, à quoi cela sert-il?» (Jc 2, 14-17). Comment – malgré Luther – ne pas souscrire à ce texte? Et pourtant, à première vue, c’est exactement l’inverse de ce qui est affirmé par saint Paul: «L’homme devient juste par la foi, indépendamment des actes prescrits par la loi de Moïse» (Ro 3, 28).

Alors que penser? Faut-il croire ou faut-il agir conformément à la loi? L’Évangile offre la réponse à cette question: notre loi c’est le Christ. Et comme le Christ est le Verbe de Dieu, la Parole jaillie de la bouche du Père qui s’est faite chair pour nous, il est essentiel de l’écouter pour saisir le contenu de cette loi. Écouter c’est obéir: en latin ob-audire signifie entendre ce que dit mon vis-à-vis et en tenir compte. Quand mon vis-à-vis est le Christ, j’ai en face de moi la loi qui s’offre comme le chemin pour me conduire au bonheur. Cela se fait d’une triple manière:

– En premier lieu, par l’Écriture. En nous nourrissant de la Parole de Dieu, en la faisant nôtre, nous absorbons la loi qui dirige notre vie. Au cœur de cette Parole de Dieu se trouve en effet, dans l’Ancien Testament, le Décalogue et dans le Nouveau Testament le Sermon sur la montagne. Ces deux textes offrent des commandements clairs. Alors prenons l’Écriture au sérieux; ouvrons la Bible.

– Une deuxième manière d’apprendre la loi chrétienne, c’est de vivre des sacrements, en particulier de l’Eucharistie. Quand «ce n’est plus moi qui vis mais le Christ qui vit en moi» (Ga 2, 20) je suis, sans hypocrisie, un vrai disciple de la loi de Jésus. Les exigences de son amour sont devenues mes exigences non parce qu’elles me seraient imposées de l’extérieur mais parce que je ne peux plus m’en passer.

– Une troisième manière d’obéir au Christ, notre loi, consiste à faire avec lui la volonté du Père. Nous sommes invités à nous attacher au Christ pour écouter le Décalogue et obéir avec Lui. L’Évangile l’atteste, le Christ a été un fidèle observateur de la loi, sans hypocrisie et sans jamais quitter la volonté de son Père. Configurés à lui par le baptême, nous sommes invités à faire de même.

Vous le comprenez, la loi de Dieu s’apprend par la fréquentation du Verbe de Dieu, Jésus-Christ notre Seigneur. Plus vous serez proches de Lui, plus l’exigence de cette loi se fera sentir et plus la vérité des commandements de Dieu et de l’Église vous paraîtra évidente. «L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il envoyé.» (Jn 6, 28-29). Adhérez au Christ, votre loi, de tout votre être et alors c’est lui qui, en vous et avec vous, accomplira les commandements, les exigences de l’Amour divin.