Homélie du 20 juillet 2008 - 16e DO
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Après la parabole du «semeur qui sortit pour semer» que nous avons entendue dimanche dernier, aujourd’hui Mathieu (13,24-43) nous en rapporte trois: l’ivraie et le bon grain, et de la graine de moutarde – ou de sénevé – et le levain dans la pâte. Toujours à partir de ses expériences de la vie quotidienne ou de «faits divers», Jésus parle du Royaume: le jardinier qui sème la toute petite graine qui deviendra un grand arbuste; la femme – sa mère qu’il a observée – qui pétrit le pain de la maison avec un peu de levain; l’ennemi qui sème de l’ivraie dans le champ de son voisin pour lui faire du tort…

Cette parabole – qui, comme toujours est révélation, mais demeure mystérieuse – Jésus en donne une explication étonnante. Le champ représente le monde de l’humanité; celui qui sème le blé est le Fils de l’Homme; les bons grains sont les sujets du Royaume; l’ivraie représente les sujets du «Mauvais»; celui qui sème est le Diable; la moisson, c’est la fin du monde; les moissonneurs sont les anges…
Comment la comprendre? Comme toujours, en lisant ce texte dans le contexte de la Parole de Dieu et de l’Évangile dans son ensemble.
Évidemment, il n’y a pas parmi les hommes certains qui seraient «enfants du Dieu» et d’autres qui seraient «enfants du Diable», les «mauvais sujets» de naissance.

C’est de l’aventure de la vie spirituelle de chacun et de l’humanité qu’il s’agit, comme dans une autre parabole: celle de «la paille et le bon grain.» Oui, dans nos vies, il y a ce qui vient de Dieu et qui est fruit de la grâce, mais aussi – parfois inséparablement – ce qui vient du «Diable», fauteur de discordes, de divisions, de «zizanie» (c’est le mot grec pour dire ici l’ivraie), avec Dieu, avec les autres, à l’intérieur même de chacun de nous…
La deuxième lecture (Rm 8,26-27) nous donne une assurance: «l’Esprit Saint vient au secours de notre faiblesse.»
Et la première (Sg 12, 13.16-19) nous éclaire sur le «comportement» de Dieu qui n’est pas celui des hommes: «Toi, Seigneur, tu disposes de la force, tu juges avec indulgence, tu nous gouvernes avec beaucoup de ménagement, car tu n’as qu’à vouloir pour exercer ta puissance. Par ton exemple, tu as enseigné à ton peuple que le juste doit être humain («l’humanité de Dieu!») et tu as pénétré tes fils d’une belle espérance: à ceux qui ont péché tu accordes la conversion.»

Oh, certes, le péché existe en nous et dans l’humanité; peut-être grandit-il en même temps que les fruits de la grâce, mais celle-ci est plus puissante et «surabondante.»
Pour lui être fidèle, et avancer dans notre conversion, une solution nous est faite par S. Paul dans l’épître: la prière: «Nous ne savons pas prier comme il faut. L’Esprit intervient pour nous par des cris inexprimables. Et Dieu, qui voit le fond des cœur, connaît les intentions de l’Esprit: il sait qu’en, intervenant pour les fidèles, l’Esprit veut ce que Dieu veut», non «pas la mort du pécheur, mais qu’il se convertisse et qu’il vive.»

Souvenons-nous de la plus grande des «bonnes œuvres» dont parle S. Benoît: «Ne jamais désespérer de la miséricorde de Dieu.»

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