Homélie du 25 janvier 2009 - 3e DO
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L’Évangile de S. Marc s’ouvre sur la mission de Jean-Baptiste, le baptême de Jésus et son séjour au désert. Il situe, dès après l’arrestation de Jean, le début de la mission de Jésus. Le Précurseur prêchait un baptême de conversion; le contenu essentiel de la prédication de Jésus est ainsi résumé par Marc: «Les temps sont accomplis, le royaume de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle.»

Se convertir, cela peut impliquer de faire des actes de pénitence, comme le dit des habitants de la grande cité de Ninive – Mossoul – la légende de Jonas ou l’évangéliste Marc des disciples de Jean qui se faisaient baptiser en confessant leurs péchés.

La conversion, ce peut être cet événement mystérieux et subit, comme celui qu’a vécu S. Paul, ou sous d’autres formes moins spectaculaires bien d’autres après lui. Beaucoup – et nous en sommes sans doute pour la plupart – sont, si l’on peut dire, croyants de naissance. Mais de toute manière, et ce fut le cas des Apôtres eux-mêmes, la conversion est un engagement personnel dans une démarche progressive pour laisser la grâce du Christ nous conformer à Lui.

Avec Jésus, le Royaume de Dieu est tout proche, en vérité il est là. Les temps sont accomplis et le dessein de Dieu atteint son aboutissement: là où est Jésus, là où est la grâce de Dieu, là est le Royaume de Dieu. Telle est la Bonne Nouvelle qui, au-delà de la pénitence, implique pour celui qui l’accueille changement de point de vue, retournement du sens donné à nos engagements dans les choses de ce monde et à l’orientation de notre propre vie.
S. Paul, pensant alors très prochain le retour du Christ ressuscité, en écrivait en termes radicaux les conséquences aux chrétiens de Corinthe.
Du temps nous est donné, celui de notre pèlerinage sur la terre. Cela ne veut pas dire qu’il faut perdre ce temps, laisser passer ce temps, que nous savons limité, et remettre à plus tard, à «demain» cette métanoia que demande l’Évangile. Le temps favorable, le temps de grâce, c’est celui de l’aujourd’hui de chaque jour de notre vie pour accueillir le Royaume, retourner nos cœurs pour vivre non pas selon notre esprit – l’esprit du monde – mais selon l’Esprit du Christ qui nous anime et inspire à chacun la manière chrétienne de vivre au jour le jour selon sa vocation et sa condition propres. Saint Paul notamment insistera à maintes reprises dans ses épîtres sur la diversité des charismes et des situations ecclésiales et sociales…
L’évangile de ce jour raconte l’appel des premiers disciples, tel que le rapporte S. Marc. «Venez à ma suite.» Simon et André laissent leurs filets de pêche, et le suivent, Jacques et Jean, leur barque, leur père et leurs ouvriers… Il leur arrivera de reprendre leurs barques pour traverser la mer de Galilée ou se livrer à des pêches, parfois miraculeuses…

À nous qui cheminons vers toi qui chemines avec nous, donne, Seigneur, la force de ton Esprit pour te suivre dans les chemins parfois incertains et les choix parfois difficiles de nos vies spirituelle, religieuse ou conjugale, familiale, professionnelle, etc.

Pour paraphraser, en cette semaine de l’unité, les mots de grand chrétien que fut Dietrich Bonhoeffer, exécuté par les nazis pour t’avoir servi envers et contre tout, je te prie pour nous tous: dans un monde sans Dieu, dans nos vies où tu es souvent le Dieu caché, donne-nous de vivre devant Dieu, avec Dieu et pour Dieu, afin que ton Règne vienne et que ton Église se construise dans l’unité de la foi, la ferveur de la charité et l’ardeur de l’espérance.