Homélie du Nuit de Noël - 24 décembre 2010
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Un enfant qui naît, c’est une joie. Marie, Joseph et les bergers se réjouissent! Les anges se réjouissent! Dieu se réjouit! Un Enfant est né! Et cet Enfant n’est pas n’importe quel enfant. Il est fils de l’homme mais il est aussi Fils de Dieu. Du coup, tout ce qu’il fait a une double valeur. Ses gestes sont à la fois gestes de l’homme et gestes de Dieu. Fils de Dieu, il a dit en entrant de le monde: Me voici Seigneur pour faire ta volonté. Fils de l’homme, il lui est plus difficile de se faire comprendre. Comme tous les bébés du monde, il vagit et Marie se demande ce que veut dire son Enfant!

Ça y est, j’y suis! Il a froid! Mais il ne pleure pas que pour lui, il pleure aussi pour tous ceux qui ont faim et froid, écrasés par la pauvreté. Et les pleurs de l’Enfant montent comme une prière vers son Père du Ciel. Et voilà que l’âne et le bœuf se mettent à souffler sur lui pour le réchauffer. comme si Dieu les avait envoyés. Et Jésus sourit? tout comme aujourd’hui lorsque certains d’entre nous ne veulent pas permettre que la pauvreté ait le dernier mot. L’entendez-vous l’Enfant qui appelle à travers ceux qui ont froid et faim? Entendez-vous le Père qui vous envoie? Qui allez-vous servir demain? J’étais nu, dit Jésus, et vous m’avez vêtu, j’avais faim et vous m’avez nourri!

L’Enfant de la crèche porte aussi déjà tous ceux qui sont écrasés par le deuil, la souffrance, le désespoir. Il est là pour les prisonniers et les malades. Il est la réponse de Dieu à leur appel. Il vient dans le monde et remplit leur souffrance de sa présence. En lui et par Lui, c’est une prière qui monte vers Dieu. Et Dieu répond! Oui, regardez! L’Enfant sourit lorsque Joseph éclaire la nuit de sa lanterne. La Lumière brille dans les ténèbres, présence rassurante. Et cette nuit, L’Enfant de la crèche sourit quand il voit tant d’entre nous aller vers ceux qui sont seuls, perdus dans leur nuit, pour leur apporter la lumière de l’amour. J’étais seul, malade ou prisonnier et vous m’avez visité! Qui allons-nous visiter aujourd’hui, demain et après demain?

Remarquez que l’Enfant aurait pu pleurer parce que Dieu n’était plus trop aimé. C’était même le grand Absent de la vie quotidienne. L’homme était perdu dans le péché, il avait perdu sa vocation au vrai bonheur. Et pourtant, il souriait en pensant au bon coup qu’il venait de faire à l’homme. Lui Dieu, dont plus grand monde ne voulait, venait dans ce petit Enfant habiter au milieu de nous et en nous. Il venait faire de nous des Enfants de Dieu. Et la première des enfants de Dieu, c’était Marie, sa Mère, qui le regarde tendrement. Il se réjouissait aussi en voyant les Bergers s’approcher. À travers eux, c’est le Peuple de Dieu, le peuple des rachetés, qui s’avançait! Et l’Enfant sourit cette nuit parce que les bergers d’aujourd’hui sont là. Il ne fait pas non plus très chaud mais nous aussi nous avons entendu l’appel des anges. Mais que regardons-nous dans cet Enfant qui nous sourit?

Nous contemplons la réponse de Dieu au mystère du Mal! En le regardant dans la crèche, porter les pleurs de tous les hommes, nous comprenons que le Salut est arrivé, que le Royaume de Dieu est inauguré. Je peux être appelé fils de Dieu! A chaque fois qu’un homme a compris cela, l’Enfant a souri dans la crèche. Et l’histoire est remplie de ces merveilles de Noël où des hommes, des femmes et des enfants, ont vu leur vie bouleversée par ce mystère: Saint François, sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, Paul Claudel? pour ne citer qu’eux. Et il se réjouit aujourd’hui quand il nous voit essayer de répondre à son amour. Il se réjouit à chaque fois que nous essayons d’aimer notre prochain, que nous sommes attentifs à ses appels. Il se réjouit à chaque fois que nous recevons son pardon et essayons de repartir. Il se réjouit à chaque fois que nous le recevons dans l’eucharistie et que nous le laissons habiter la crèche de notre cœur. Il se réjouit parce qu’alors, forts de son amour, nous essayons de vivre par Lui, avec Lui et en Lui! Alors, frères et sœurs, aujourd’hui, nous sommes heureux, nous fêtons la naissance de l’Enfant Dieu. Nous sommes heureux, même s’il fait froid parce que l’Enfant de la crèche est au centre de notre nuit. Imaginez notre bonheur et le sien, si, du centre de notre nuit, il devenait le centre de notre vie!