Homélie du (6 juillet 2014)
fr. Loïc-Marie Le Bot

Vivre comme une bête de somme ou vivre comme un bœuf tirant péniblement sa charrue n’est pas un programme de vie alléchant. C’est l’image que Jésus choisit pour décrire de manière très parlante la vie de ceux qui parmi ses contemporains essayent de suivre la loi de Moïse et la tradition des Anciens. La loi donnée par Dieu qui devrait libérer ceux qui la mettent en œuvre peut se trouver par la faute des hommes présentée comme un fardeau qui écrase. La loi ancienne indiquait bien l’objectif à atteindre mais ne donnait pas entièrement la force nécessaire pour être accomplie. C’est pourquoi le Christ les appelle tous à venir le rejoindre pour trouver le repos et être soulagé. Cette affirmation nous surprend à plus d’un titre.

D’abord, si vous demandez aux sages et aux habiles de notre temps ou aux philosophes et aux prudents de notre monde comment ils qualifieraient le christianisme, il y a fort à parier qu’ils nous renverraient l’image d’une morale désuète et passablement exigeante voire impossible à mettre en œuvre parfaitement. Peut-être le pensons-nous nous-mêmes? Ils décrivent notre morale comme la somme d’interdictions et d’obligations propres à éteindre la liberté. Songeons seulement à quelques exemples: interdiction d’exploiter son prochain, interdiction de vénérer l’argent, interdiction de mettre fin à la vie humaine en ses débuts ou en ses ultimes moments; obligation d’aimer son Dieu et de l’adorer, obligation d’aimer son prochain, obligation de prier pour ses persécuteurs!

Pourtant aujourd’hui, le Seigneur Jésus nous propose à nous qui voulons le suivre de prendre un fardeau léger et un joug aisé. Son fardeau n’écrase pas mais relève, son joug n’asservit pas mais libère.

Le joug du Seigneur et son fardeau ne pèse pas un gramme. Il est si léger! Il a pour nom l’Esprit Saint répandu en nos cœurs, ou encore la Loi Nouvelle. L’Esprit Saint répandu en nos cœurs nous fait entrer en premier lieu dans la jubilation du Christ. Il est avec nous et nous transforme en son image. Recevoir l’Esprit Saint nous rend doux et humble de cœur et nous permet d’entrer dans le dessein de Dieu. Nous comprenons mieux d’où nous venons, du cœur de la Trinité et où nous allons vers la Trinité. Ceci éclaire singulièrement notre vie morale, notre suite du Christ. En effet, l’Esprit Saint Loi nouvelle nous donne une force, la grâce, pour être uni au Christ et nous donner de vivre selon son orientation.

Pourtant, pour bien comprendre ce qu’il nous demande nous avons aussi à accueillir comme un don. Les commandements et les préceptes qui sont dans l’évangile ne sont pas à rejeter! La Loi Nouvelle est une orientation, et pour nous il est nécessaire de recevoir en complément indispensable comme un mode d’emploi de la vie sous la grâce. Les commandements du Christ ne sont pas d’abord des obligations, mais une lumière sur notre route. Ils nous montrent comment agir sous l’action de l’Esprit Saint. Ils commandent surtout une orientation, une volonté de rejoindre une finalité particulière: Dieu. Nous ne pourrions aussi simplement nous contenter d’accomplir ces commandements comme on s’acquitte d’une obligation. Aura-t-on jamais d’aimer Dieu, ou d’aimer nos prochains? Les commandements du Seigneur Jésus nous aident à vivre sous l’action de la grâce. Nous n’avons pas d’obligations de résultats, si nous échouons nous pouvons compter sur celui qui est doux et humble de cœur. Saint Augustin a dit «la loi a été donnée pour que la grâce soit demandée; et la grâce a été donnée pour que la loi soit accomplie».

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