Homélie du (28 décembre 2014)
fr. Gilles-Marie Marty

Selon les années, la liturgie propose 3 passages d’Évangile pour la fête de la Ste Famille : la fuite en Égypte, la Présentation au Temple, et le Recouvrement de Jésus à l’âge de 12 ans.
Des trois, c’est l’Évangile de la Présentation qui convient le mieux à cette fête. Ne dirait-on pas une famille complète, avec ces anciens – Syméon & Anne -, qui font penser à des aïeux ?…
Ce matin, Syméon est fasciné par Jésus, il le mange des yeux. Cet homme a en effet passé toute sa vie à attendre le Messie d’Israël, appuyé sur une promesse divi1le, mais rien ne venait… Il est prêt à quitter ce monde, et voila que l’Esprit lui apporte le Messie, là, devant lui, dans ses bras ! Alors une joie immense envahit le cœur de Syméon, lui faisant prophétiser ce qu’il n’aurait jamais imaginé, à savoir que ce bébé vagissant est, non seulement la Gloire d’Israël, mais la Lumière des Nations et le Salut de tous les Peuples.

Cette prophétie de Syméon, l’Église la chante chaque nuit, car elle exprime une vérité aussi vitale que méconnue. Cette vérité, que le monde refuse de recevoir et qu’il meurt de refuser, l’Église la connaît et la proclame sans cesse.
Cette vérité, c’est que la paix, à laquelle chacun et le monde entier aspirent, la paix véritable n’est pas d’abord le résultat des politiques humaines, ni le fruit de nos efforts, mais elle est le don du Messie, qui a promis : Je vous laisse la paix. je vous donne ma paix. La paix est d’abord du don du Prince de la Paix.
Quant aux efforts des hommes de bonne volonté, ils sont certes indispensables mais seulement s’ils acceptent de s’appuyer sur le don du Christ, de s’en nourrir.

Revenons au Temple : que disait Jésus quand Syméon le tenait dans ses bras ?
L’Évangile est muet, mais Jésus était âgé de 40 jours : il devait gazouiller comme font les bébés. Un peu plus tard il dira son premier mot : Abba.
Car Jésus a appelé Joseph Abba, c’est-à-dire Papa, et Marie Umma, c’est-à-dire Maman, et aussi, selon les usages du langage oriental (toujours actuel), il a appelé «frères» des garçons de sa parenté, et «sœurs» ses cousines lointaines.

Mais, en osant appeler « frères ou sœurs » tous ces gens nés d’un désir charnel, que fait Jésus, que dit-il ? Il leur donne son propre Père céleste, qui devient désormais leur Père à eux. Ainsi, Jésus offre a la fraternité humaine sa seule base : la paternité divine.

Pour qu’on n’en puisse jamais douter, il nous partage aussi sa propre Mère. Sur la Croix, au moment d’expirer, alors que Marie meurt avec lui (un glaive perce son cœur), Jésus ose lui donner son petit frère, son disciple bien-aimé, Jean, comme son nouveau fils.
Et à Jean, à chaque disciple, il donne son seul trésor, la seule chose qu’il emporte au Ciel : sa Mère.

Cela, il ne l’aurait jamais fait si nous étions pour lui seulement des amis, des disciples. S’il le fait, c’est parce que nous sommes vraiment ses frères, et il le fait pour que nous le devenions davantage encore.

Jésus montre ainsi que la famille a été voulue par Dieu, et qu’elle a un rôle capital, et plus vaste que ce que nous pensons. Car il semble qu’il n’existe rien de plus banal que la famille. On naît dans une famille, sans la choisir ; un jour, on la quitte pour en fonder une autre. Que dire de plus ? C’est tellement banal… Au point qu’aujourd’hui, les puissants de ce monde, au moins en Occident, s’amusent à tenter de la subvertir, et même de la détruire.
Pour Dieu, en revanche, la famille constitue le sommet de son art. Ce n’est pas seulement l’individu, homme ou femme, qu’il a créé à son image, mais leur union et leur famille.
En entrant un jour dans la famille de Joseph, fils de Jacob, fils de Matthan, fils d’Éléazar, fils d’Elioud, fils d’Abraham, Dieu a fait de l’humanité sa demeure et même sa propre famille.

C’est pourquoi nous devons prier ardemment le Seigneur à cette intention.
Les familles chrétiennes, rapproche-les de la Sainte Famille de Nazareth, aide-les à accomplir la grande mission que Tu leur as confié, qui est de préparer ici-bas, dans la patience des jours et le silence de la charité, ta grande famille du Ciel.

Et d'autres homélies...