Homélie du (3 mai 2015)

Dans cet évangile de Saint Jean, Jésus nous parle d’abord du Père, de lui et de nous. Jésus nous parle du Père, comme d’un vigneron. Les prophètes déjà en parlaient comme le maître d’une vigne, comme celui qui en prend soin, qui attend de la vigne qu’elle produise du vin. Jésus nous parle aussi de lui : il se présente comme la vraie vigne. Car il est « pour le Père », tourné vers lui et il nous attire, nous qui sommes en lui, vers ce Père. Jésus nous parle enfin de nous : il est la vigne, nous sommes les sarments. Le rapport du sarment à la vigne décrit le lien des membres au Corps qu’est l’Église. Mais ce sarment ne peut pas fructifier par lui-même : « sans moi, vous ne pouvez rien faire », nous dit Jésus. Le fruit du sarment, le raisin, n’est pas un surcroît décoratif mais sa raison d’être, faute de quoi le sarment est jeté au feu et brûlé. Jésus nous parle surtout du fruit. Sans fruit, pas de vendange, pas de vin, pas de sang, pas de rédemption : c’est le fruit d’un arbre de vie. Et ce sont les conditions pour que les sarments que nous sommes portent du fruit en abondance, selon le dessein du Père. Il faut demeurer en Jésus et que Jésus demeure en nous. Demeurer en Jésus, Saint Jean aime beaucoup employer ce verbe demeurer, être dans mais plus encore demeurer en lui, cela, par la foi, par l’obéissance aux commandements, par la prière, par les actes de charité, tant de manières de demeurer en Jésus ; et que Jésus demeure en nous, qu’il soit en quelque sorte l’inspirateur, qu’il le cœur de ce que nous pensons, de ce que nous disons, de ce que nous aimons, de ce que nous faisons.

Quel est le lieu le plus excellent de la réalisation de cela, que nous soyons en Jésus et que Jésus soit en nous, d’une manière quasiment physique ? C’est l’eucharistie, quand nous nous approchons du Seigneur pour communier à sa vie, dans la mesure où nous demeurons en lui, et lui vient demeurer en nous, il vient nous abreuver de sa sève, de son sang, vient nous diviniser, nous permettre de nous développer et d’accomplir cette vocation d’enfants de Dieu qui est la raison pour laquelle nous sommes appelés à l’existence. Pour que le sarment puisse porter du fruit, il faut aussi qu’il soit émondé, taillé, par le Père. Car l’avenir du fruit est d’être pressé au pressoir de la Croix, non pas d’être beau ou odorant comme la fleur mais d’être bon, goûteux et juteux, c’est-à-dire de pouvoir donner son sang, donner sa vie. Pour porter du fruit, il s’agit de se donner, de se laisser déposséder, pour suivre le Christ. En effet, la grâce du Père, c’est que nous portions du fruit et que nous devenions ainsi des disciples et des apôtres. Etre disciple, c’est suivre Jésus, se conformer à tout ce qu’il est, à tout ce qu’il fait. Mais nul n’est apôtre s’il n’est disciple, mais aussi nul n’est disciple s’il n’est apôtre.

Porter du fruit c’est accepter de vivre en tout ce que nous sommes dans l’union profonde à Jésus, dans l’obéissance inconditionnelle à sa parole et de donner toute sa vie, d’être prêt à le faire, alors même que nous ne savons pas comment cela nous sera demandé, si ce sera un martyre soudain, ou un martyre à petit feu, ou d’une autre manière, peu importe. La fidélité, c’est cette capacité à dire oui dans la confiance alors même que le Seigneur nous invite à nous laisser guider par lui. Porter du fruit, c’est donc être disciple et apôtre, mais aussi être fils. Car quel est celui qui porte le fruit le plus excellent, qui le porte de la manière la plus féconde, sinon le propre Fils unique du Père ; celui qui porte le fruit, c’est le grain de blé qui consent à mourir en terre pour porter du fruit. C’est ce que Jésus fait pour nous. Porter du fruit, c’est donc être fils dans le fils, être sarment de cette vigne, et c’est aussi être frère, uni à tous les autres sarments, et ainsi en se laissant soi-même attirer par le Père, attirer tous les autres vers le Père, afin que ce soit tout cette famille des enfants de Dieu qui glorifie le Père en portant du fruit et en devenant disciples. Porter du fruit, c’est encore aussi être mère, c’est enfanter, et chacun d’entre nous est appelé à être femme et à être mère. Nous le disons dans notre prière quotidienne du Je vous salue Marie : « et Jésus, le fruit de vos entrailles est béni ». C’est là la fécondité de Marie, celle de toute l’Église et de toute âme unie au Seigneur, de chacun d’entre nous, que de porter en soi le verbe, de conserver toute chose comme Marie en notre cœur, d’être adorateur de cette parole de Dieu qui se fait chair en notre chair, de la porter au monde : voilà notre mission, voilà comment nous serons disciple, apôtre, fils, frère, femme, mère, c’est en portant Jésus au Dans cet évangile de Saint Jean, Jésus nous parle d’abord du Père, de lui et de nous. Jésus nous parle du Père, comme d’un vigneron. Les prophètes déjà en parlaient comme le maître d’une vigne, comme celui qui en prend soin, qui attend de la vigne qu’elle produise du vin. Jésus nous parle aussi de lui: il se présente comme la vraie vigne. Car il est «pour le Père», tourné vers lui et il nous attire, nous qui sommes en lui, vers ce Père. Jésus nous parle enfin de nous: il est la vigne, nous sommes les sarments. Le rapport du sarment à la vigne décrit le lien des membres au Corps qu’est l’Église. Mais ce sarment ne peut pas fructifier par lui-même: «sans moi, vous ne pouvez rien faire», nous dit Jésus. Le fruit du sarment, le raisin, n’est pas un surcroît décoratif mais sa raison d’être, faute de quoi le sarment est jeté au feu et brûlé. Jésus nous parle surtout du fruit. Sans fruit, pas de vendange, pas de vin, pas de sang, pas de rédemption: c’est le fruit d’un arbre de vie. Et ce sont les conditions pour que les sarments que nous sommes portent du fruit en abondance, selon le dessein du Père. Il faut demeurer en Jésus et que Jésus demeure en nous. Demeurer en Jésus, Saint Jean aime beaucoup employer ce verbe demeurer, être dans mais plus encore demeurer en lui, cela, par la foi, par l’obéissance aux commandements, par la prière, par les actes de charité, tant de manières de demeurer en Jésus; et que Jésus demeure en nous, qu’il soit en quelque sorte l’inspirateur, qu’il le cœur de ce que nous pensons, de ce que nous disons, de ce que nous aimons, de ce que nous faisons.

Quel est le lieu le plus excellent de la réalisation de cela, que nous soyons en Jésus et que Jésus soit en nous, d’une manière quasiment physique? C’est l’eucharistie, quand nous nous approchons du Seigneur pour communier à sa vie, dans la mesure où nous demeurons en lui, et lui vient demeurer en nous, il vient nous abreuver de sa sève, de son sang, vient nous diviniser, nous permettre de nous développer et d’accomplir cette vocation d’enfants de Dieu qui est la raison pour laquelle nous sommes appelés à l’existence. Pour que le sarment puisse porter du fruit, il faut aussi qu’il soit émondé, taillé, par le Père. Car l’avenir du fruit est d’être pressé au pressoir de la Croix, non pas d’être beau ou odorant comme la fleur mais d’être bon, goûteux et juteux, c’est-à-dire de pouvoir donner son sang, donner sa vie. Pour porter du fruit, il s’agit de se donner, de se laisser déposséder, pour suivre le Christ. En effet, la grâce du Père, c’est que nous portions du fruit et que nous devenions ainsi des disciples et des apôtres. Être disciple, c’est suivre Jésus, se conformer à tout ce qu’il est, à tout ce qu’il fait. Mais nul n’est apôtre s’il n’est disciple, mais aussi nul n’est disciple s’il n’est apôtre.

Porter du fruit c’est accepter de vivre en tout ce que nous sommes dans l’union profonde à Jésus, dans l’obéissance inconditionnelle à sa parole et de donner toute sa vie, d’être prêt à le faire, alors même que nous ne savons pas comment cela nous sera demandé, si ce sera un martyre soudain, ou un martyre à petit feu, ou d’une autre manière, peu importe. La fidélité, c’est cette capacité à dire oui dans la confiance alors même que le Seigneur nous invite à nous laisser guider par lui. Porter du fruit, c’est donc être disciple et apôtre, mais aussi être fils. Car quel est celui qui porte le fruit le plus excellent, qui le porte de la manière la plus féconde, sinon le propre Fils unique du Père; celui qui porte le fruit, c’est le grain de blé qui consent à mourir en terre pour porter du fruit. C’est ce que Jésus fait pour nous. Porter du fruit, c’est donc être fils dans le fils, être sarment de cette vigne, et c’est aussi être frère, uni à tous les autres sarments, et ainsi en se laissant soi-même attirer par le Père, attirer tous les autres vers le Père, afin que ce soit tout cette famille des enfants de Dieu qui glorifie le Père en portant du fruit et en devenant disciples. Porter du fruit, c’est encore aussi être mère, c’est enfanter, et chacun d’entre nous est appelé à être femme et à être mère. Nous le disons dans notre prière quotidienne du Je vous salue Marie: «et Jésus, le fruit de vos entrailles est béni». C’est là la fécondité de Marie, celle de toute l’Église et de toute âme unie au Seigneur, de chacun d’entre nous, que de porter en soi le verbe, de conserver toute chose comme Marie en notre cœur, d’être adorateur de cette parole de Dieu qui se fait chair en notre chair, de la porter au monde: voilà notre mission, voilà comment nous serons disciple, apôtre, fils, frère, femme, mère, c’est en portant Jésus au monde, en étant ces sarments unis à la vigne. Alors nous rendrons gloire au Père. Que la Vierge Marie, modèle pour nous parce qu’elle a enfanté le Verbe qui se fait chair en elle, nous y aide.

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