Homélie du (18 septembre 2005)

A toute heure, DIEU APPELLE. Ma VIE, c’est Le CHRIST !

par

fr. Bernard Autran

« Cherchez Le Seigneur… Invoquez-Le tant qu’Il est proche… Que le méchant revienne vers Le Seigneur qui aura pitié de lui! » Par delà ses contemporains, le Prophète nous appelle à retrouver le sens de notre vie, nous situer à notre vraie place face au Seigneur, reconnaître que nous Lui devons tout, le concrétiser dans le respect, le service, l’amour de nos frères. Mais dans l’Évangile, Jésus nous fait comprendre que c’est d’abord le Projet du Seigneur, son immense Désir de nous faire entrer dans Sa Joie. Si nous apprenons à nous éveiller à Le chercher, ce ne peut être qu’une réponse à son désir, à son Appel!

Le travail à la vigne est peut-être la vendange. Comme la moisson, c’est une urgence. Il y faut une main d’œuvre abondante, sinon le travail n’avance pas et une partie peut être perdue. D’où l’obstination du Maître du domaine à recruter des ouvriers. Il commence dès le point du jour. Comme cela ne suffit pas, il revient en chercher au cours de la matinée, à midi, plus étonnant, au cours de l’après-midi, et même peu avant le coucher du soleil! Cette vigne est évidemment l’humanité, tous les hommes que Le Seigneur veut transfigurer, avec qui Il veut partager Sa Joie en les rassemblant dans un amour qui soit un reflet de celui qu’Il vit avec Son Fils et L’Esprit. Mais Il nous respecte trop pour nous donner du « tout cuit »! Cet Amour, Il veut en faire toute notre joie en nous unissant à Lui. Il nous appelle à y entrer librement, à y grandir en répondant au Sien. Cela passe, pour notre humble part, par notre consécration à l’œuvre de son grand chantier. Ce dont Il nous comble, Il nous fait l’honneur de le faire croître, de lui faire porter un fruit qui rejaillisse sur nos frères. Ainsi nous donne-t-Il de prolonger ce que Son Fils est venu vivre sur notre terre, et, vivant de Lui, de nous souder les uns aux autres par nos services mutuels comme les membres de Son Corps!

C’est ainsi qu’Il ne cesse de nous appeler à quelque période de notre vie, pour, au soir, pouvoir nous combler de ce qui est toute autre chose qu’un « salaire », la parabole le fait sentir! Ceux qui ont porté le poids du jour et de la chaleur représentent peut-être les juifs convertis qui avaient peiné sous le joug des multiples observances de la Loi et jalousaient les païens qui avaient suivi Le Christ dans avoir porté ce fardeau. Mais c’est surtout de nous qu’il s’agit: Le Seigneur appelle chacun de façon différente. On pourrait l’imaginer, certains qui L’ont servi dès leur jeunesse jalouseraient peut-être d’autres qui auraient joui de la vie pour ne s’être convertis que sur le tard. Mais ce regard serait bien superficiel! Souvenons-nous, le maître mot de Jésus est « Heureux« ! Même si c’est à travers épreuves et fatigues qu’on a servi Le Seigneur en ses frères, même si on ne l’a pas toujours senti, en Sa Miséricorde, en toute la longueur de la vie, Il commençait à nous partager Sa Joie. Mais Il nous aime tous, et si nous n’avons pas encore répondu à Son Appel, Il le renouvelle jusqu’au bout. Et Il Se réjouit d’avoir, pour le premier, donné à partager sa Joie même pas à l’ouvrier de la onzième heure, mais à l’homme de minuit moins cinq, celui qu’on appelle « le bon Larron« !

À la distribution du salaire, ceux de la première heure se plaignent de ne pas recevoir plus que les derniers. Au regard du droit du travail, cela serait choquant. Mais, en réalité, il s’agit de toute autre chose! En ce qu’Il nous appelle à nous consacrer à son œuvre, Le Seigneur ne nous exploite pas comme un patron qui aurait besoin de nous pour que se fasse son travail. Ailleurs, Il nous invite à nous reconnaître humblement « des ouvriers inutiles »! Mais s’Il nous appelle, c’est pour nous honorer en nous donnant, à travers ce qu’Il nous fait accomplir, de nous transfigurer à l’image de Son Fils venu chez nous pour Se donner.

À quelque point de notre vie que nous en soyons, réalisons bien l’immensité de son Ambition sur nous: Selon le mot de Saint Paul, pour nous Il ne désire pas moins que de manifester cette grandeur du Christ dans notre existence. Il nous appelle à vivre de Lui dans le concret de notre vie, à travers nos joies et nos peines, nos soucis et le service quotidien de nos frères, en menant une vie digne de Son Évangile. Mais à travers la banalité des apparences, bien au-delà du rase mottes de nos petits avantages, Il ne nous désire pas moins qu’une Communion profonde à Sa Vie, à son Action de Grâces en réponse à l’Amour de Son Père. Ce qui en est le test et le fruit est le désir de la partager avec nos frères pour les en faire jouir comme nous.

Bien des saints l’ont vécu à un degré éminent, se sont donnés, souvent à travers des épreuves très lourdes, avec une énergie qui nous étonne. Paul disait que sa Vie était Le Christ, et son premier désir était de Le rencontrer, mais le service de son œuvre lui était si à cœur que, si c’était utile, il acceptait volontiers d’en prolonger le service. Pour nous, si nous ne partageons pas la même ardeur, soyons-en conscients, c’est à la même réalité que nous sommes appelés. Réjouissons-nous de savoir quel honneur Il nous fait en nous mettant au service de Son Royaume. Avec quelle Générosité Il veut nous combler en nous dévoilant Son Visage!

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