Homélie du 33e DO - 16 novembre 2008

Cessons d’avoir peur!

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Un étudiant qui prépare un examen doit y consacrer du temps, pour bien connaître le programme. Mais, cela ne suffit pas… Il faut aussi avoir de l’assurance et de la confiance. Ainsi, même si le professeur est sévère, étant donné qu’il s’est bien préparé, cet étudiant n’aura pas peur le jour de l’épreuve, et sera en mesure de mieux répondre aux questions du professeur. Cette situation nous permet de comprendre un peu la parabole des talents.

La dernière phrase nous surprend car le maître dit à propos de celui qui avait reçu un talent: «Otez-lui donc le talent, et donnez-le à celui qui a reçu les dix talents.» Nous sommes surpris parce que nous savons que Dieu est bon! Notre Dieu n’est-Il pas un Dieu de justice et de miséricorde? Il aime tous ses enfants d’un amour égal. Dieu ne rejette jamais celui qui revient à Lui. En outre, nous savons que Dieu nous donne toujours le temps nécessaire, pour accomplir la mission qu’il nous confie. De plus, Dieu, ne nous donne jamais une mission qui nous dépasse et même, nous fait le don de l’Esprit Saint, afin d’orienter et de soutenir notre mission. Alors, pourquoi tant de sévérité à l’égard de celui qui a le moins reçu?

C’est que, la manière de donner de Dieu n’est pas celle des hommes. Dieu n’est pas là pour nous écraser. Certes! mais sa bonté ne signifie pas qu’il n’attende rien de nous. Oui, Il attend quelque chose de chacun de nous. Dieu, veut toujours notre bien et non le mal. Et même, Il reste toujours fidèle envers nous, malgré nos infidélités. Pourquoi tant de sévérité à l’égard du plus pauvre de ceux à qui il a confié ses biens, celui qui avait reçu un seul talent? La raison est dite par le serviteur lui-même, qu’il avance après avoir reçu le don du roi: «J’ai eu peur, et je suis allé cacher ton talent dans la terre.» Donc la faille est dans la manière dont il a reçu le talent: il a eu peur! À la différence de l’étudiant dont je parlais au début, la peur l’a paralysé! Ceci nous permet de comprendre notre attitude à certains moments; la peur nous paralyse… Aujourd’hui, comme dans la parabole, Dieu nous appelle à travailler à ce que son Règne vienne. Il veut nous associer dans son champ qu’est le monde, afin de lui apporter une parole de réconfort, une parole de vie.
Or nous savons que c’est très difficile et que nos forces sont limitées. Mais si nous avons peur, et si nous enterrons le talent que Dieu nous a donné – fut-ce un tout petit talent – nous ne pouvons remplir cette mission. La parole de saint Paul nous éclaire sur ce point. saint Paul nous dit dans la 1ere Épître aux Thessaloniciens: «vous savez bien vous-même que le jour du Seigneur viendra comme un voleur.» Nous ne savons ni le jour, ni l’heure où le Fils de l’homme frappera à notre porte. Il nous faut préparer à cette rencontre et pour cela éviter de dire: j’aurai le temps ou pire encore: j’ai peur et je ne fais rien. Un baptisé doit être comme un soldat toujours aux aguets. Nous aussi, à travers notre témoignage missionnaire et notre enracinement dans la prière, nous devons être prêts pour pouvoir répondre à l’appel de Dieu.

La parabole nous dit: «Longtemps après, le maître de ces serviteurs revient, et leur fit rendre compte.» Malgré le temps que le Seigneur accorde à ce serviteur, il n’a pas su profiter de sa confiance et de veiller, travailler et surmonter sa peur. Aujourd’hui encore, le risque existe de se comporter comme ce serviteur, de ne pas mettre en valeur ce qu’il nous donne. Si cela arrive, notre cœur n’est plus au service de la Parole de Dieu, ou nous perdons du temps dans des choses vaines ou futiles, où nous ne sommes pas prêts à accueillir notre Sauveur à son retour.

Comme la Vierge Marie, qui se présente comme «humble servante», libérons notre cœur, arrachons toute peur pour que Dieu agisse en nous, dans notre faiblesse. Elle la première aurait dû avoir peur devant l’immensité de la tâche qui lui était confiée; mais elle a eu confiance et a surmonté la peur qu’elle a exprimé dans sa première réponse à l’ange qui lui a dit: «ne crains pas Marie, tu as trouvée grâce auprès de Dieu». De même nous aussi, pour accomplir la mission que Dieu nous demande, retrouvons confiance. Que notre cœur puisse entendre sa voix, celle qui nous indique le chemin à prendre et nous confie une part de son trésor. Alors comme les deux autres serviteurs, chacun de nous, là où il est, portera du fruit en abondance.