Homélie du 27e dimanche du T.O. - 8 octobre 2017

Dire Amen

par

fr. Jean-Michel Maldamé

« Tu entends  : Le corps du Christ et tu réponds  : Amen ; sois vraiment membre de ce corps pour que ta foi ne soit pas vaine ! » Cette phrase de saint Augustin marque notre manière de communier. À celui qui nous présente le sacrement du corps du Christ nous répondons « amen ! ». Saint Augustin en tire la conséquence  : devenir membre du corps du Christ par les actes de la vie, car il y a un lien structurel entre notre vie et le sacrement qui nous est donné, et le mot « communion » désigne à la fois la fraternité et le sacrement.

Nous communions au sacrement du corps du Christ, parce que nous désirons recevoir personnellement le Christ en faisant ce qu’il a institué quand la nuit qu’il fut livré il prit du pain, le bénit, le rompit et le donna à ses disciples en disant  : « Voici mon corps, mangez en tous » et de même pour la coupe qu’il bénit et donna en disant  : « Voici la coupe de mon sang, versé pour vous, buvez en tous » (1 Co 11, 23-27). Heureux sommes-nous de venir ici partager « le pain de vie et la coupe du salut », comme le dit la prière eucharistique. Cette communion qui nous donne part à la vie du Ressuscité est un acte libre, aussi il nous est demandé de dire notre foi, avec le mot hébreu « amen ». Saint Paul nous dit la condition pour bien communier  : « Discerner le corps et le sang du Seigneur » (1 Co 11, 28-29). C’est-à-dire  : ne pas venir dans l’insouciance ou par convenance mondaine, mais en reconnaissant que celui qui se donne est le Ressuscité, celui à qui l’apôtre Thomas a dit « Mon Seigneur et mon Dieu » (Jn 20, 29). Si nous venons communier au pain de vie et à la coupe du salut, c’est parce que le Ressuscité vient à nous et se donne. Il n’y a aucun préalable pour le recevoir, sinon reconnaître qu’il est le Seigneur de la vie qui se donne pour faire de nous les membres de son corps. Nous ne venons pas communier par manière de récompense pour nos bonnes œuvres, mais pour recevoir la force d’avancer sur la route, d’espérer, d’aimer, de vivre… où que nous en soyons. Aujourd’hui, nous venons et disons  : « Je ne suis pas digne de te recevoir, mais dis seulement une parole et je serai guéri » (Lc 7, 7). Nous venons vers le Christ qui nous donne la force de vivre, pour grandir et aussi pour surmonter les erreurs, les manques ou les fautes, car l’amour de Dieu est plus fort que le péché, et le sacrement de son corps et de son sang est une nourriture d’immortalité.

« Tu entends  : Le corps du Christ et tu réponds  : Amen » Que signifie cette réponse ? Amen est un mot hébreu qui signifie « c’est vrai ! » ; le génie de l’hébreu n’est pas celui de notre culture où le vrai est d’abord lumière ; la vérité dite par le mot amen se prend de la solidité  : dire « amen » c’est reconnaître que c’est solide, ce en quoi on peut avoir totale confiance. C’est exprimé symboliquement dans notre célébration. Les lecteurs du Nouveau Testament en tout particulièrement des Actes des apôtres savent que l’expression « dresser la table » désigne ce que nous appelons eucharistie ou messe (Ac 6, 2 ; 13, 34…). Depuis que l’on construit des églises, la table que nous dressons est en pierre. Car le Christ est notre rocher. C’est sur lui que nous fondons notre vie. Car selon ce qui nous est dit dans l’Évangile de ce dimanche, il est la pierre. Selon les textes il est dit pierre de fondation, à la base de l’édifice ; pierre d’angle, à l’articulation des murs différents ; pierre de faîte pour que l’espace s’ouvre pour accueillir une vaste assemblée. C’est grâce à lui que tout l’édifice tient ferme (Lc 21, 43). C’est sur lui que nous appuyons notre vie.

« Tu entends  : Le corps du Christ et tu réponds  : Amen ; sois vraiment membre de ce corps pour que ta foi ne soit pas vaine ! »