Homélie du 5e dimanche du T.O. - 5 février 2017

Vous êtes la lumière du monde

par

fr. Ludvik Grundman

Vraiment ! C’est trop beau pour être vrai ! « Vous êtes la lumière du monde ! » Comment peut-on dire une chose pareille ? On se croit plus facilement poussière que lumière… « Vous êtes la lumière du monde ! » Cela semble tout simplement impossible. Tout d’abord, Jésus ne dit-il pas de lui-même « Je suis la lumière du monde » (Jn 8, 12) ? Alors qui oserait se comparer à lui ? Et combien même on oserait se dire « comme Jésus », c’est prévu pour plus tard, quand nous serons entrés dans sa gloire, au ciel, quand nous le verrons face à face. Et enfin, si à la limite on admettait cette assertion audacieuse et inouïe de Jésus  : « Vous êtes la lumière du monde » déjà pour notre existence terrestre, alors cela devrait être au conditionnel  : « Vous seriez la lumière du monde, si vous faisiez ceci ou cela ». Or, il n’en est rien ! Jésus ne met pas de conditions, il ne nous demande pas notre avis, il le dit tout simplement  : « Vous êtes la lumière du monde. » Et le fait que lui-même soit la lumière du monde ne contredit aucunement cette affirmation. Au contraire. C’est parce que Jésus est la lumière du monde, qu’il faut impérativement, que son corps mystique, l’Église, dont nous sommes membres, soit, lui aussi la lumière du monde. Nous sommes la lumière du monde tous ensemble, au sein de l’Église, en formant l’Église en union avec le Christ qui est la Tête de ce corps. Or, l’Église est sainte, et sa sainteté brille, comme la lumière doit briller. L’Église est sainte, non seulement au ciel, mais déjà sur cette terre. Et il en va de même pour ses membres. La sainteté n’est pas pour « plus tard », la sainteté est pour aujourd’hui. Jésus n’attend pas. Il ne veut pas que nous soyons saints et lumineux plus tard. Et le monde a tant besoin de cette lumière que nous sommes. Il faut que les hommes voient nos bonnes œuvres, afin qu’ils puissent glorifier notre Père au ciel. Un petit examen de conscience pour chaque soir  : « Est-ce que j’ai brillé pour les autres aujourd’hui ? » « Est-ce qu’au moins un sourire brille sur mon visage ? » Enfin, c’est inconditionnel. Ce n’est pas nous qui avons allumé cette lampe que nous sommes. C’est Jésus lui-même qui l’a allumée, ce n’est donc pas notre mérite. Nous ne pouvons pas l’allumer, mais, hélas, nous pouvons la mettre sous le boisseau. Toutefois Jésus est clair, il nous demande de la mettre au contraire sur le lampadaire, pour qu’elle brille pour tous ! Alors, plus d’excuses, on ne peut pas se cacher, on ne se cache plus, on est là pour briller pour tous – qu’ils nous aiment ou pas, qu’ils soient athées, musulmans, ou qui sais-je encore, on n’a pas droit de se cacher ! On doit briller pour tous ! Vous le voyez, nous venons d’installer des nouvelles lumières dans notre église, grâce à votre générosité  : soyez- en remerciés. Mais dans cette église, nous avons encore mieux, nous avons la lumière qui est infiniment plus belle, infiniment plus forte, infiniment plus brillante. Frères et sœurs, vous êtes la lumière du monde, allez, et brillez au nom du Christ !