Homélie du 3 avril 2005 - 2e DP

« Heureux ceux qui croient sans avoir vu »

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«Heureux ceux qui croient sans avoir vu»

Voici une nouvelle Béatitude, une des Béatitudes éparses que contient l’Évangile. Une phrase pas facile à recevoir, une phrase qui ne va pas vraiment de soi… mais nous le savons bien, frères et sœurs, les Béatitudes ne vont pas de soi. Elles ont toutes une saveur pascale, un goût de mort et de résurrection. Heureux certes, que pourrions-nous rêver de mieux au cœur de notre monde. Être heureux mais ceux qui sont pauvres, ceux qui pleurent, ceux qui sont persécutés…Et dans l’Évangile de ce jour: Heureux, oui, mais ceux qui croient sans avoir vu!

«Je veux voir Dieu, le voir de mes yeux»

Tel est le cri de l’homme et telle est bien notre vocation, ce à quoi nous sommes appelés. Saint Jean, d’ailleurs, nous dira, en décrivant ce qui nous attend «Alors nous verrons Dieu tel qu’il est». Nous le verrons et nous serons comblés dans ce face à face éternel. Mais ce regard-là ne sera pas, ne pourra pas être du même type que notre regard d’aujourd’hui. Dans notre civilisation de l’image, les sollicitations se succèdent à un rythme effréné. C’est une richesse à la fois belle mais tellement ambiguë qui nous est prodiguée au détriment, bien souvent, d’une écoute, d’une sagesse profonde qui serait si nécessaire! Non voir Dieu c’est tout autre chose «Nul ne peut voir Dieu sans mourir». Posons notre regard sur ce Dieu qui, avant notre mort, ne peut être rejoint que par la foi. Voir oui, mais d’abord croire!

La foi est une réalité pascale. La Pâque que nous venons de vivre, dont nous vivons aujourd’hui, est un passage. Le passage du Christ au-delà de la mort, Le Christ ouvre à la vie nouvelle, pleinement réelle, mais tout autre que la nôtre. Remarquez dans l’Évangile que nous venons de lire, combien, après sa résurrection, le Christ s’affirme à la fois le même et si différent. Le même Thomas peut mettre les doigts dans ses plaies, c’est bien lui, Jésus que l’on a vu blessé, souffrant. Mais différent; ce même Jésus n’est plus soumis aux lois de l’espace et du temps. «Les disciples avaient verrouillé les portes du lieu où ils étaient» et pourtant «Jésus vint, et il était là au milieu d’eux».

Jésus est passé à une vie tout autre et pour l’atteindre il nous faut passer à une lumière tout autre. Cette lumière, frères et sœurs, c’est la foi.

La foi c’est un saut, c’est un passage, une pâque; une mort et une résurrection, celle de notre regard. Croire, c’est mourir à une certaine façon de voir pour ressusciter à une autre manière de voir, à la lumière du Christ et de son Évangile.

Comme elle est petite notre foi, humble comme la flamme de nos bougies menacée par tant de vents contraires, pauvre certes, mais c’est elle qui éclaire notre chemin, parce que sans elle nos vies n’auraient plus de sens, parce qu’avec elle nous recevons le Dieu vivant. Ce Dieu qui nous annonce aujourd’hui: «La paix soit avec vous! de même que le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie». Nous avons reçu, frères et sœurs, l’Esprit Saint. Aux disciples, il donne même le pouvoir de remettre les péchés. Le pouvoir suprême, le pouvoir de Dieu lui-même. «Quel est le plus facile, de dire au paralytique, « tes péchés sont remis », ou de dire « -toi, prends ton grabat et marche »?» Mc 2, 9.
Ce sont tous les sacrements de l’Église qui instaurent en chacun de nous la grâce qui est la vie même de Dieu. Je m’adresse tout particulièrement à vous qui avez demandé à recevoir le sacrement des malades. Heureux êtes-vous de croire sans avoir vu, heureux êtes-vous d’aller à l’essentiel, vous qui avez consenti à rejoindre le Christ ressuscité au prix d’une foi toute simple qui déjà vous ressuscite et bien d’autres avec vous.

Au nom de tous MERCI.

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