Homélie du Fête de la Présentation du Seigneur au Temple - 2 février 2017

Jésus, lumière, présence

par

fr. Damien Duprat

Chers frères et sœurs, Nous pouvons parfois avoir l’impression que le Seigneur est loin de nous, loin de l’existence concrète des hommes et des peuples. Il est vrai qu’une grande partie des événements du monde semble se dérouler comme si le Créateur s’en désintéressait. Qu’en est-il vraiment ? Dieu est-il véritablement présent et agissant en ce monde ? Présence de Dieu, action de Dieu… La fête de ce jour a beaucoup à nous dire sur ces deux sujets, sans pour autant les épuiser. Interrogeons-nous d’abord sur la présence de Dieu parmi nous. Aujourd’hui, nous voyons Jésus être présenté à Dieu dans le temple de Jérusalem. Ce bâtiment de pierres, au milieu de la Terre que Dieu avait donnée aux descendants d’Abraham, constituait précisément le signe de sa présence au milieu de son peuple. Déjà pendant la marche au désert, Dieu avait donné à Moïse cet ordre  : « Fais-moi un sanctuaire, que je puisse résider parmi les Israélites » (Ex 25, 8). Ce sera la tente du rendez-vous, dans laquelle Moïse se rendait pour parler avec le Seigneur, face à face (Ex 33, 11). Sur cette demeure qui abritait l’Arche d’alliance, reposait la nuée, signe de la présence de l’Esprit de Dieu. Plus tard, quand Israël se fut établi en Terre promise et que le temple de Jérusalem fut construit, sitôt qu’on y eût transféré l’Arche, cette même nuée remplit le temple  : ainsi le Seigneur manifestait qu’il prenait possession de ce lieu (1 R 8, 10-13). Depuis l’an 70, le temple de Jérusalem n’est plus ; qu’en est-il donc de la présence de Dieu sur notre terre ? le temple est-il remplacé par nos églises ? C’est exact, dans la mesure où celles-ci abritent la sainte réserve de l’eucharistie, le corps du Christ ; nous le savons, c’est lui, le Christ, qui est le véritable Temple, comme l’évangéliste Jean nous l’a révélé. C’est donc en lui, le Christ, qu’il nous faut demeurer pour trouver Dieu ; c’est dans sa prière que nous devons insérer notre propre prière pour qu’elle soit entendue du Père ; c’est de son corps eucharistique qu’il faut nous nourrir pour être les membres vivants de son corps. Désormais, pour porter sa lumière au monde, Dieu compte sur nous, baptisés, et spécialement sur les consacrés et les ministres ordonnés. Nous avons reçu de lui la mission d’être le signe de sa présence auprès de tous. Est-ce à dire que Dieu lui-même n’agit pas ou plus ? C’est notre second point de réflexion  : l’action de Dieu dans le monde. Dans le récit de ce jour, que voyons-nous ? Non pas, certes, une action spectaculaire qui ferait accourir tout Jérusalem auprès du Fils de Dieu. Le temps viendra où Jésus accomplira des miracles et enseignera les foules ; pour le moment, seules deux personnes ont été averties par Dieu, dans le secret de leur cœur, que l’enfant qui entre aujourd’hui au temple accomplit les promesses divines. Nous voyons que Dieu révèle ce qu’il veut à qui il veut. Comment penser encore qu’il n’agit pas ? Syméon, qui est à l’écoute de l’Esprit Saint, sait que Dieu prépare activement, depuis très longtemps, le salut du monde. Syméon joue aussi le rôle de messager du Seigneur auprès de la Vierge Marie, quand il lui prophétise qu’elle sera unie à son Fils dans son œuvre douloureuse de Rédemption. Anne, quant à elle, transmet également la révélation qu’elle a reçue au sujet de cet enfant. Ainsi, de proche en proche, comme une flamme que l’on communique, Dieu se fait connaître et manifeste sa puissance sans jamais renoncer à sa douceur. Non, décidément, Dieu n’est ni absent de ce monde ni inactif. Le bref aperçu, très partiel, que nous venons d’esquisser, peut suffire à nous en convaincre. Si quelqu’un estime que Dieu est trop loin de lui, absent de sa vie, qu’il sollicite par exemple le témoignage d’un fidèle du Christ ; qu’il se rappelle aussi que notre Dieu se donne par le moyen des sacrements. Si qui que ce soit a l’impression que le Seigneur n’intervient pas dans la marche du monde, qu’il s’interroge sur la manière dont lui-même se préoccupe de l’écouter et de le servir, à l’exemple de Syméon et de la Vierge Marie. Que cette sainte Mère, notre modèle, nous aide à contempler Dieu, présent et agissant au cœur du monde.