Homélie du 6 décembre 2009 - 2e DA

La marche en Avent

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L’oraison de ce 2° dimanche adressée au Père évoque «notre marche à la rencontre de ton Fils». J’y vois l’invitation à trouver là un thème essentiel de notre liturgie d’aujourd’hui. Nous l’avons tous certainement remarqué, c’est en effet encore de marche, de chemin, de progression qu’il est question dans les trois lectures que l’Église propose aujourd’hui à notre méditation pour éclairer notre route dans ce temps d’attente, de préparation et de conversion.

Comme dimanche prochain, l’évangile est consacré à la mission de Jean-Baptiste, le Précurseur, prêchant «un baptême de conversion pour le pardon des péchés» et il renvoie au livre du prophète Isaïe: «Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez la route. Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées; les passages tortueux deviendront droits, les routes déformées seront aplanies.»

Il s’agit donc d’une invitation à une conversion qui exige de chacun des efforts personnels de rectifications dans sa propre vie, pour se préparer à la rencontre avec Celui qui vient et parvenir à «voir le salut de Dieu.» C’est l’aspect toujours exigeant sur le chemin de notre vie chrétienne, jusqu’au bout semé d’ornières, d’embûches et d’obstacles.

La première lecture est tirée, non du livre du prophète Isaïe, mais de celui de Baruch, un «petit prophète» qui nous est moins familier (La Fontaine demandait: «Avez-vous lu Baruch?»). Il évoque le retour des exilés vers la Ville de Dieu, retour triomphal, dans l’allégresse, à l’inverse du lamentable chemin de l’exil, sur des routes droites, planes et ombragées que Dieu lui-même a tracées: «Dieu a décidé que les montagnes seraient abaissées, que les vallées seraient comblées, la terre aplanie, que les forêts et les arbres odorants donneraient leur ombrage.» Il ne s’agit plus ici d’efforts personnels, mais d’œuvres de Dieu lui-même: ces exilés, «Dieu les ramène, portés en triomphe, comme sur un trône royal.» C’est un autre aspect de notre cheminement: l’affirmation que l’action de Dieu précède la nôtre et la certitude des prévenances de Dieu, fondement de notre espérance dans sa toute puissance de salut, de grâce et de victoire sur le mal, le péché et la mort.
Il faut se garder de ne mettre l’accent que sur l’un ou sur l’autre de ces aspects de notre salut et de notre vie chrétienne. Nous courions le risque de concevoir ce salut ou bien comme l’aboutissement de nos propres efforts ou bien comme l’œuvre de Dieu seul, n’ayant quant à nous qu’à nous abandonner à un «laisser aller» passif «au gré de sa grâce.»

Dans la deuxième lecture, de l’Apôtre Paul, nous pouvons trouver un équilibre fécond pour notre vie spirituelle entre ces deux aspects complémentaires et inséparables: l’action de Dieu et la nôtre. Paul écrit aux chrétiens de Philippes sa joie «à cause, dit-il, de tout ce que vous avez fait pour l’Évangile» pour ajouter aussitôt: «Puisque Dieu a si bien commencé en vous ce travail, je suis persuadé qu’il le continuera jusqu’à son achèvement? Ainsi, dans la droiture, vous marcherez sans trébucher vers le jour du Christ.»

Voilà ce que je voudrais retenir: c’est toujours Dieu qui, le premier, vient vers nous avec sa grâce salvatrice. C’est lui qui nous donne de l’accueillir, et c’est nous qui l’accueillons. C’est lui qui nous donne de marcher avec lui et vers lui, et c’est à nous de marcher en faisant œuvre d’Évangile, chacun et tous ensemble, en Église. Malgré les épreuves, les chutes et les faiblesses, nous en avons l’assurance: «Dieu conduit son peuple dans la joie, à la lumière de sa gloire, lui donnant comme escorte sa miséricorde et sa justice.»

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