Homélie du (31 décembre 2006)

Notre grande JOIE : apprendre de Jésus à nous passionner pour Son PÈRE

par

fr. Bernard Autran

Dans le rayonnement de la Joie de Noël, l’Église nous invite, en ce dimanche, à méditer le peu que nous savons de l’Enfance de Jésus, cette année son aventure à douze ans. Pour la première fois en pleine conscience Il Se rendait au Temple. C’était le centre de la Vie d’Israël. A sa première consécration par Salomon, par la Nuée, Dieu avait manifesté qu’Il voulait y habiter. Pour trouver la joie de L’y rencontrer, ceux qui étaient éloignés se mettaient en route pour un chemin plus ou moins long. La Samaritaine avait demandé s’il fallait préférer celui de Samarie ou de Jérusalem? De Bethléem, les parents de Jésus étaient venus L’y présenter. Ils avaient alors été chargés d’exprimer Sa future Volonté de Se consacrer au service de Son Œuvre.

Témoin de cette Joie d’aller chez Son Père, nous avons récemment rencontré Jésus qui, à Jéricho, abordait pour la dernière fois la rude montée avec une foule joyeuse. Malgré ce qu’Il savait avoir à affronter, Sa Joie était encore plus grande que celle dont Il avait comblé l’aveugle qu’Il avait guéri! Aujourd’hui nous évoquons Sa première visite. Juifs pieux, ses parents y montaient chaque année, mais Il n’avait pas pu les accompagner avant d’avoir été capable de faire à pied ce long chemin. Le Temple n’avait pas la splendeur ni les dimensions des monuments grecs ou romains, mais, tel qu’Hérode l’avait embelli, il devait beaucoup impressionner le petit provincial qu’Il était. Mais, bien plus que l’extérieur, ce qui L’en saisissait en était le sens profond. Sa réflexion à ses parents, «  Je dois être chez Mon Père  » nous révèle à quel point Il S’était déjà pleinement éveillé à la conscience de Sa Personnalité divine!

Là, Il S’émerveille de voir les gens exprimer leur action de grâces, la concrétiser en leurs offrandes et leurs sacrifices. Mais surtout, si, dans le premier Temple, Dieu S’était rendu présent par Sa Parole inscrite sur des tables de pierre, maintenant, Il le faisait par l’enseignement des « docteurs » de la Loi. Parmi ce personnel, il y avait bien des politiques, des arrivistes, et plus tard, Il devra les dénoncer! Mais nombreux étaient aussi de loyaux serviteurs de La Parole. Il a tant de joie à les écouter! Il leur pose des questions et ils s’émerveillent de L’entendre répondre aux leurs. Bien plus tard, peut-être un ou l’autre d’entre eux comprendra d’où pouvait Lui être venu ce savoir: ce sera le jour où il aura adhéré à ceux qui, dans la Foi, L’auront accueilli ressuscité!

Nous fêtons aujourd’hui la Sainte Famille. Bien involontairement elle est étrangement absente! Dès le premier soir, c’est l’angoisse, jusqu’au surlendemain matin! N’est-ce pas l’anticipation de ce qui frappera les siens du Vendredi Saint à Pâques? Et quel contraste avec le calme de Jésus déjà dans la pleine conscience de ce qu’Il est, et de ce qu’Il devra accomplir. En Sa Vie, ce qui domine tout est son engagement total à réaliser le Projet d’Amour de Son Père! Ne nous montre-t-Il pas le chemin?

Retrouvé, probablement accompagné de quelques parents et amis, Il rejoint maintenant Nazareth. Remarquons le contraste entre Ce qu’Il est, l’œuvre immense qu’Il commence à entreprendre, et Son humble Vie d’adolescent à sa place dans sa famille! Splendide Fils Unique de Dieu devenu semblable aux jeunes de son âge, Il Se soumet à son père et sa mère! A travers cette si modeste apparence Il grandissait en sagesse, et taille et en âge et Se préparait à sauver le Monde! En méditant Ses Enseignements, Sa Vie et Sa Mort, Il nous appelle à mettre nos pas dans les Siens en des circonstances souvent modestes! Aujourd’hui, Sa Vie de famille nous aide à découvrir le sens infiniment riche de ce peu qu’Il nous appelle à vivre chaque jour!

Avec Marie et Joseph, Il participe aux tâches quotidiennes, vit avec leur parenté et leur voisinage les travaux, les peines, les privations, mais aussi les joies ordinaires et les réjouissances des fêtes. En tout cela, Fils de Dieu, Il transcrivait en Sa Vie humaine le Feu de Sa Réponse éternelle à l’Amour de Son Père. Il nous unit à Lui comme les Membres de Son Corps, Il fait de nous ses Frères, vrais Enfants de Dieu, nous fait vivre de Lui! Ainsi, ce que nous avons à vivre chaque jour prend un Prix immense et transfigure cette vive attention qu’Il nous appelle à porter à nos proches et à ceux qu’Il met sur notre chemin. Rien ne nous est plus précieux que de nous faire avec Lui reflet et relais du souci brûlant que Le Père porte à chacun.

La source de cette attitude est la Prière ardente qui, par Lui, Jésus, nous unit au Père, et nous nourrit de Sa Parole. N’est-ce pas ainsi qu’en toute réalité S’étend Le Règne de Dieu en nous? Et par nous Il rayonne dans le Monde. Ce que nous avons reçu en germe à notre Baptême grandit ainsi pour prendre peu à peu toute sa dimension. Quand nous vivons la Foi en Jésus et nous aimons les uns les autres à Sa Manière, s’amorce la réalité fondamentale de notre vie: déjà, nous sommes Enfants de Dieu. Mais quand nous paraîtrons devant Lui, Le Père nous rendra semblables à Lui, Son Fils. Il aura fait porter son fruit à ce qu’Il nous aura donné de vivre. En nous donnant de Le voir tel qu’Il est, Il nous illuminera l’immense rayonnement de Sa Splendeur!

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