Homélie du 3e DP - 22 avril 2007

Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ?

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Pierre a renié trois fois. Trois fois Jésus lui demande: «m’aimes-tu?» Aujourd’hui Pierre se trouve face à Jésus, face à celui qu’il a renié. Jésus n’adresse aucun reproche à Pierre, il ne le culpabilise pas. Jésus ne lui demande pas pourquoi il l’a renié. Au contraire, Jésus pardonne à Pierre. Jésus aime Pierre. Et c’est en réponse à cet amour que Jésus, regardant Pierre, lui demande: Simon, fils de Jean, m’aimes-tu? De quel amour s’agit-il?

L’amour dont parle Jésus n’est pas une affaire d’émotion ni d’affection superficielle. Le verbe utilisé en grec est « agapao » et non « phileo ». I1 s’agit de l’amour de charité, de l’amour bienveillant, de l’amour total, du don de soi. Jésus nous a donné l’exemple de cet amour, il l’a exprimé en acte en acceptant volontairement de donner sa vie pour le salut de l’humanité.

Simon, fils de Jean, m’aimes-tu? Comment aimer celui qui est la source de l’amour? Aimer Dieu, c’est accomplir sa volonté, observer ses commandements, prendre Dieu au sérieux, lui accorder une de place de choix dans sa vie, lui ouvrir et lui donner son cœur, sans réserve et avec confiance. Aimer Dieu, c’est le reconnaître, l’aimer et le servir dans chaque être humain que nous rencontrons.

Dans un court laps de temps, Jésus demande par trois fois à Pierre s’il l’aime. Pierre étonné de cette répétition répond: «oui Seigneur, tu sais que je t’aime». A vrai dire, Jésus ne doute pas de l’amour de Pierre pour lui, mais il veut l’entendre non seulement de sa bouche mais plus encore, du plus profond du cœur de Pierre. Jésus n’attend pas et ne veut pas entendre une parole vague, une parole en l’air, une vaine parole mais une parole vraie.

Simon, fils de Jean, m’aimes-tu? C’est une manière de dire à Pierre que la vocation de tout être humain, c’est d’aimer. Aimer Dieu d’abord, lui la source de l’amour, lui qui nous aime. Cet amour de Dieu, implique l’amour du prochain. Car aimer Dieu, c’est faire sa volonté. Ce que Dieu demande, c’est de nous aimer les uns les autres.

Et nous, et moi, devant Jésus, sommes-nous prêts, suis-je prêt à entendre cette même question «M’aimes-tu?» Jésus scrute notre cœur, il nous connaît, chacun, mieux que nous nous connaissons. Qu’allons-nous lui répondre ? Allons- nous pouvoir lui répondre les mots, les paroles qu’il attend de nous, de moi ?

Simon, fils de Jean, m’aimes-tu? Jésus veut entendre, de la part de Pierre, une parole qui sorte du plus profond de son cœur, comme ont jailli de ses entrailles ses larmes de repentance. La réponse d’amour que Dieu attend de Pierre est importante, elle est nécessaire, elle est indispensable pour sa mission. En effet, suite à la réponse affirmative de Pierre, Jésus lui confie ses brebis en lui disant : «Sois le Pasteur de mes brebis». C’est une manière de dire à Pierre que c’est seulement dans sa fidélité d’amour à Dieu qu’il peut accomplir sa mission.

La mission qui est confiée à Pierre n’est pas facile, Jésus l’avertit: «quand tu étais jeune, tu mettais toi-même ta ceinture, et tu allais où tu voulais; quand tu auras vieilli, tu étendras les mains, et un autre te ceindra et te mènera où tu ne voudrais pas». Maintenant Pierre, affermi par la résurrection de son Sauveur, lui confesse son amour et ne redoutera pas la mort, il n’aura plus peur de ses bourreaux. Dans la première lecture nous avons entendu comment Pierre par amour pour le Christ et l’évangile a accepté avec joie Ses souffrances et les outrages.

Notre église, à l’image de Pierre, est un peuple de pêcheurs pardonnés. Elle doit être dans le monde le signe de l’amour miséricordieux de Dieu. Telle est notre vocation en toute humilité et dans la vérité qui nous fait proche des pécheurs et de ceux qui sont dans le malheur.

 

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