Homélie du 8 juillet 2012 - 14e DO
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Frères et sœurs,

Pourquoi Jésus n’est-il pas écouté par les gens de son pays? Pourquoi ont-ils du mal à accepter ces miracles et cette sagesse qui les dépasse? Sans prétendre répondre à cette question de manière complète, il me semble que nous pouvons trouver un élément d’explication.

Les personnes que le Christ a du mal à convertir sont celles qui connaissent plus ou moins sa vie depuis son installation à Nazareth. Et comme nous le savons, pendant de nombreuses années, Jésus a eu une vie cachée. Pas de prédication, pas de miracles, pas d’enseignement, et bien évidement, pas de résurrection, bref, peut-être pas la vie de monsieur «Toulemonde» mais presque!

Jésus a été bébé, enfant, adolescent, adulte, et durant ces stades de la vie humaine, il n’a rien laissé transparaître ce qu’il était réellement: l’envoyé de Dieu, et en fin de compte Dieu lui-même.

Aussi pour ceux qui ont connu un Jésus qui jouait à chat perché version hébraïque d’il y a 2000 ans, un Jésus qui a mué comme tout jeune garçon qui se respecte, un Jésus qui a du apprendre un métier; à ceux là il faut reconnaître qu’il est difficile de croire que l’homme en question vient du ciel. Ce n’est pas étonnant que le mystère de l’Incarnation en ait repoussé plus d’un!

Pourtant, si Jésus nous demande un acte de foi, c’est qu’il est possible d’adhérer à cette union entre la nature humaine périssable et ce qui est éternel, union entre ce qui vient de la terre et ce qui vient du ciel. C’est cette mystérieuse alchimie que Saint Paul a éprouvé. Dans la seconde lecture, il nous dit que la grâce de Dieu s’est déployée dans sa faiblesse. Paradoxalement, c’est en se confrontant à la fragilité de sa condition humaine que la puissance du très haut s’est déployé en lui. Mais toute cette histoire rebute les habitants de la patrie de Jésus. Ils n’ont pas la foi.

Lorsque j’aurai terminé mon homélie, nous allons célébrer un baptême. Le baptême de Joséphine. Et la première étape de cette célébration est la profession de foi. Chers parents de Joséphine, nous allons vous poser 3 questions qui se résument à peu près à ceci: Croyez-vous au Père, au Fils, au Saint Esprit? Et vous allez répondre, j’espère: «oui nous croyons.» Eh bien pour éviter que cette formule en reste à une formalité, ou encore à une formule dont on a du mal à apprécier les conséquences, je vous propose de prendre conscience de ce que nous venons de dire.

Votre oui doit être une adhésion à cette mystérieuse alliance entre ce qui est poussière et qui retourne à la poussière et ce qui est éternel, immuable et au-delà de tout. Votre enfant ne va pas devenir le Verbe incarné, mais si Dieu s’est fait homme, c’est pour que l’homme devienne Dieu. Aussi, Joséphine va être unie à la divinité de celui qui a pris notre humanité.

Qu’est ce que cela va changer? A vue humaine, rien! De même que Jésus a eu une vie cachée pendant trente ans et que cette période de sa vie demeure inconnue, le baptême de Joséphine ne va pas lui permettre de laisser son nom dans un manuel d’histoire. Quand aux trois dernières années de sa vie, Jésus a connu des moments de gloire où des foules entières l’ont suivi, mais cela n’a pas duré longtemps. Il a connu l’échec, il n’y a qu’à regarder la croix pour s’en persuader. Ainsi Joséphine connaitra la vie comme nous la connaissons tous, avec ses moments plus ou moins heureux, ses difficultés, ses incompréhensions, ses joies et ses épreuves.

Mais contrairement aux voisins de notre Seigneur bien aimé, cet aspect ne doit jamais vous masquer la réalité essentielle: Le Dieu du ciel et de la terre, celui que le monde ne peut contenir va être mystérieusement présent dans l’âme de Joséphine. Et Il sera prêt à s’y déployer, autant que Joséphine l’acceptera, et autant que vous l’y aiderez. Le Dieu trois fois saint sera prêt à porter les qualités essentielles de Joséphine à leur plus haut degré, à lui révéler ses valeurs les plus profondes, prêt à lui faire franchir les portes de la mort, à la fixer dans l’éternité et à la submerger de la joie la plus intense. C’est cela à quoi vous devez dire «oui nous croyons»

L’Évangile nous montre qu’aussi divin que soit Jésus, son humanité ne semble pas nous aider à voir en Lui un envoyé du très haut. Mais pour ceux qui acceptent de recevoir la grâce de la Foi, au contraire, l’humanité de notre Sauveur révèle un Dieu proche de son peuple, un Dieu qui se penche amoureusement vers sa créature, pour que sa créature s’élève vers Lui.

À vous chers parents de professer votre foi avec conviction et d’adhérer à cette vérité qu’est la présence de Dieu dans l’âme de Joséphine. Que ce soit pour vous la plus grande certitude que vous aurez à propos de votre fille, la seule qui sera capable résister aux multiples fluctuations de l’existence et qui fera face à toutes les obscurités de la vie.

Et à nous frères et sœurs, de soutenir cette adhésion par notre propre foi.

Amen

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