Homélie du 3 juin 2001 - Pentecôte
fr. Jean-Hugo Tisin

Les Écritures s’achèvent par cet appel : «L’Épouse et l’Esprit disent : Viens !» – L’Épouse est l’Église, celle qui est appelée et à son tour elle appelle chacun d’entre nous à être dans l’Esprit.

Ce matin, je voudrais avec vous méditer quelques instants sur cette prière que nous adressons à l’Esprit ; Viens, Esprit-Saint ! En premier lieu, reconnaissons dans cet appel, le signe des épousailles, celui d’une Alliance avec l’Esprit.

Toute la foi chrétienne s’accomplit en plénitude dans ce mystère d’Alliance. La Pâque du Christ est le principe de notre salut ; dans l’Exode du Messie, nous naissons à la Vie Nouvelle, nous traversons la mort du péché pour ressusciter avec Christ. Or, ce principe fait signe à l’Avènement de l’Esprit, survenant à la plénitude du temps de la présence de Dieu parmi les hommes. La Pâque du Christ et la plénitude de présence du don de l’Esprit, à la fin de ce temps symbolique des sept semaines sont les deux faces d’un même don de grâce et de salut. Le temps de Pâque s’achève par le renouvellement d’Alliance de la Pentecôte. Et cette plénitude des temps se perpétue dans la naissance et la vie de l’Église. Mais quelle est en nous l’œuvre de renouvellement qu’exercé l’Esprit Saint ?

Empruntons quelques images à la tradition mystique juive et reconnaissons ici la spécificité du message du Christ.

– L’Esprit Saint est donné par la source du Père, ainsi que par le Christ qui souffle sur nous. Nous recevons le souffle de la Paix et du pardon des péchés le jour même de la Résurrection. Le mystère d’Alliance de l’Esprit Saint et de notre esprit se dévoile par le don du Souffle du Christ. Le Souffle vient d’en haut, il vivifie tout notre être, corps et esprit et déjà ressuscite notre corps mortel, dans l’espérance de la gloire. Nous le reconnaissons comme un don d’émanation. L’Esprit nous enveloppe tout entier, dans toutes les fibres de notre être.

– L’Esprit Saint, dans le souffle de sa présence de grâce, crée en nous l’homme spirituel, l’homme en Esprit, à l’image du Nouvel Adam recréé par le Christ. Cet acte de création et de sanctification fait de nous des participants à l’acte de création spirituelle. Un être nouveau est créé par-delà le premier Adam. I1 est re-engendré en vue d’une participation à la présence totale, Dieu tout en tous.

– L’Esprit Saint créant le nouvel être en nous, forme et refaçonne les fibres intimes de notre corps et de notre esprit tout en nous attachant les uns aux autres, dans le temps et l’espace. Nous sommes à la fois l’homme ancien errant et défiguré et plus profondément encore l’homme intérieur relié au Christ ressuscité, comme le corps mystique à sa tête. Mais ce que nous sommes en vérité n’est pas totalement révélé, nous sommes tendu vers la transfiguration promise par le Christ.

– L’Esprit Saint est enfin principe d’action en nous. L’action révèle, patiemment, d’exode en exode, de gloire en gloire, la réalité de l’homme en Esprit. Toute la palette de nos actes se colore des dons de l’Esprit. L’action par excellence est celle où transparaît l’action de grâces vers le Père. En contemplant, la source des sources, régénérés par le Christ, c’est dans l’Esprit que nous refaisons le mémorial du Salut. C’est dans ce dynamisme de l’Eucharistie, qu’apparaît l’action la plus pure de l’Esprit Saint, allié à notre esprit.

Le don de l’Esprit crée l’Église, chacun de nous en son mystère de transfiguration. Soyons les disciples fervents de ce Paraclet qui appelle sur nous tous les dons de la grâce. Il est souffle de vie sur nous, souffle en nous, et toujours à côté de nous pour nous relier à Lui.

Le temps qui est devant nous sera celui de sa présence dans l’attente du retour du Christ.

« L’Esprit et l’Épouse disent viens! » « Oui, Maranatha viens Seigneur Jésus ».