Homélie du 21 avril 2002 - 4e DP
fr. Philippe-Marie Margelidon

Il n’y a qu’un seul pasteur, le Bon Pasteur qui donne sa vie pour ses brebis, le Christ notre Pâque, Notre Seigneur et Sauveur Jésus. Il y a une multitude de brebis qui croient au Christ et qui sont renés de l’eau et de l’Esprit, Mais il y a une multitude de brebis qui ne sont pas encore du troupeau, pour qui le Christ aussi a souffert, que déjà Il enveloppe de son amour rédempteur et qui sont ordonnées à entrer dans le Royaume; qu’elles le sachent ou non, qu’elles le croient ou non, qu’elles le refusent ou non. Toutes sont appelées à entrer dans la bergerie, c’est à dire à faire partie de cette assemblée sainte, l’Église de la terre et du ciel.

C’est de cet unique Bon Pasteur que nous vient toute grâce dans l’Église, il en est la source permanente. Lui, l’unique Pasteur, il est le principe et le fondement du ministère dans son Église. Il a fait de quelques uns, et au bénéfice de tous, des pasteurs qui puissent agir en son nom, enseignant, gouvernant et sanctifiant ce peuple qu’il s’est acquis au prix de son sang. C’est bien Lui qui, par nous, ses collaborateurs, ses ambassadeurs et ses intendants, en vertu d’un appel particulier, dispense les trésors et les bienfaits de la Rédemption, Il est la Porte par laquelle tous les hommes accèdent au salut. Celui qui voudrait entrer dans le bercail sans passer par Lui, qui délibérément el en connaissance de cause emprunterait une autre voie, celui-là est un voleur et un brigand dit Jésus. Ces paroles sont dures, puissions-nous bien les comprendre. N’oublions jamais que Dieu veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la Vérité qui est le Christ Jésus. L’Écriture le désigne comme le seul médiateur entre Dieu et les hommes. Il n’y a pas d’autres noms sous le ciel par qui nous puissions être sauvés. En effet, qui n’est pas du Christ n’est pas dans son Corps et qui n’est pas dans son Corps n’est pas au Christ; il est à proprement parler un étranger. Mais là où invisiblement la grâce passe, là est l’Église, petit troupeau et peuple immense.

Il est la Porte, car par Lui nous avons accès au Royaume de Dieu qui est le Royaume du Christ. Par Lui, nous est communiquée la grâce qui nous établit fils et héritiers du Royaume. Sa doctrine est Vie, nourriture pour Famé et pour le corps tout entier de l’Église. Il dit lui-même qu’il est venu pour que nous ayons la Vie en abondance. Cette Vie est bien la nôtre ou devient la nôtre par la foi et les sacrements de la foi. Avec un tel pasteur que pourrions-nous craindre? Il tient fermement son bâton à la main comme un «sceptre de fer» et nous appelle chacun par son nom. Dieu nous ayant destiné à devenir pour Lui des fils adoptifs par Jésus le Christ, celui-ci nous rassemble dans l’unité de son Corps depuis Abel et ce jusqu’à la fin du monde. Cette Église dont il est le chef et la porte, il a établi pasteur et gardien Pierre et les autres apôtres et leurs successeurs dans le ministère apostolique. Aujourd’hui même, si nous prêtons l’oreille de la foi et la bienveillance de la charité, nous entendrons la voix de l’Époux dans l’Épouse, cette Église qui le prie sans se reposer et célèbre avec joie le sacrement de son amour, le banquet sacré, l’Eucharistie dans laquelle est contenu tout le trésor spirituel de l’Église.

Le Verbe s’est incarné, a souffert, est mort et ressuscité pour que nous recevions de Lui et par j Lui cette vie divine, la vie éternelle. La foi et la grâce en sont le commencement Elle trouvera son achèvement et sa plénitude en nous et pour le Corps entier de l’Église dans la Gloire de son avènement définitif. Car c’est Lui, le Bon Pasteur, qui, au temps fixé, ayant achevé son œuvre, établira son Église dans la paix et la splendeur de son état consommé. Alors le nombre des brebis sera au complet pour sa plus grande joie et la nôtre.

Amen, alléluia!

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