Homélie du 27 avril 2003 - 2e DP
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Jésus passe. «Le soir, ce même jour, le premier de la semaine et les portes étant closes (… ) là où se trouvaient les disciples, Jésus vint et se tint au milieu d’eux». Ce soir, premier jour de la semaine: Jésus passe. Lui qui en son humanité est passé de la vie fragile à la mort, est maintenant passé de la mort à la vie en plénitude, la vie qui ne finit pas; il accomplit sa Pâque, il a ouvert le passage du salut: Jésus est ressuscité. Cet homme Jésus vit de la vie même de Dieu.

Nous en sommes témoins par les Écritures, Jésus, une fois ressuscité, apparaît aussitôt à quelques-uns de ses disciples et de ses amis. Mais en apparaissant, il ne révèle pas seulement qu’il est revenu, lui, de la mort, bien plus il prolonge, il déploie son œuvre de passage, l’événement de Pâque, à l’intérieur de la vie de ceux à qui il veut bien se révéler. Ainsi dans chacun des récits des apparitions, Jésus ressuscité accomplit la Pâque, passe dans chacun des cœurs qui l’ont vu mourir sur la croix.

Jésus passe dans les pleurs de Marie-Madeleine effondrée devant le tombeau vide. Il est passé dans ce cœur éploré, sèche ses larmes: Marie-Madeleine est relevée et elle croit.

Jésus passe dans la crainte des saintes femmes qui tremblent devant le jeune homme vêtu de blanc assis dans le tombeau, il les rassure: les sainte femmes sont relevées et elles croient.

Jésus passe dans l’aveuglement des disciples d’Emmaüs qui abandonnent Jérusalem dont ils n’ont vu que le Golgotha: devant eux il rompt le pain et le leur donne, ils le reconnaissent, ils sont relevés et ils croient.

Jésus passe dans la solitude de Simon-Pierre isolé dans son reniement : à Pierre, Jésus apparaît seul à seul: c’est Jésus, le même qui a fixé son regard sur lui alors qu’il le reniait, qui le fixe maintenant de son regard de miséricorde: Pierre est relevé et il croit.

Enfin, dans l’Évangile de jour, Jésus passe dans la crainte des disciples renfermés, repliés sur eux-mêmes. Jésus est là au milieu d’eux: ils sont relevés et ils croient.

Dans ce même Évangile, Jésus passe dans l’incrédulité de Thomas, lui fait toucher les plaies de ses mains et de son côté et Thomas voyant l’homme Jésus reconnaît son Dieu: Thomas est relevé et il croit.

En mourant et en ressuscitant Jésus-Christ a vaincu la mort et possède la vie qui ne connaît pas de limite. Jésus ressuscité passe là-même où la mort exerce son empire. Désormais aucun obstacle, ni pleur, ni crainte, ni déception, ni lâcheté, ni doute, en fait aucune mort, en fait aucune porte close ne l’empêcheront de passer, d’accomplir sa Pâque en nous. Maintenant ressuscité Jésus-Christ étend son Royaume de Résurrection.

Mais le Christ ne fait pas que passer. S’il passe, c’est d’abord pour faire sauter les verrous des portes closes. Si le Christ est ressuscité ce n’est pas seulement en passant, c’est pour venir et se tenir dans l’intime de chacun et pour se tenir au milieu de nous tous rassemblés en son Nom. Car la mort ne passant plus le Christ ressuscité demeure. Puisque le Christ est fixé dans la vie même de Dieu, il veut maintenant se fixer en nous. Jésus ressuscité veut maintenant ressusciter en nous.

Et bien plus encore, l’événement de Pâque, n’ayant plus de limite, ne cessant pas de se propager: tous ceux par qui le Christ ressuscité est passé deviennent les témoins la Résurrection du Christ, de leur propre résurrection, puisque le Christ est passé par eux et les a relevés. C’est pour cette raison que le Christ peut ne plus apparaître, car c’est à ses témoins de le faire apparaître. C’est aux témoins de prolonger la Pâque du Seigneur. C’est aux témoins, de par le témoignage de leur foi dans le Christ ressuscité, de toucher et de passer dans le cœur de ceux qui ne croient pas encore. Jusqu’à ne former qu’un seul cœur et qu’une seule âme.

C’est là l’unique condition pour que le Christ nous disent comme il le dit dans l’Évangile d’aujourd’hui: Paix soit à vous, paix soit à vous, paix soit à vous. Amen!