Homélie du 27 mai 2012 - Pentecôte
fr. Alain Quilici

Aujourd’hui du cœur de Jésus jaillit une flamme qui embrase le monde. Jésus l’avait promis: Je suis venu jeter un feu sur la terre! Ce feu est tombé sur l’Église en prière. C’est ce même feu qui brûlait au désert dans le Buisson ardent. Un feu qui ne s’éteint pas. Il ne dévore pas. Il ne détruit pas. Il ne vient pas de la terre. Il vient de Dieu. C’est un don. Il s’installe dans le cœur de celui qui le reçoit. Il couve, comme un feu couve, prêt à embraser une vie, à lui donner un éclat et une force qui la dépasse. Dès notre baptême, comme lors de notre Confirmation, nous avons reçu ce feu qui se nomme l’Esprit-Saint.

Il agit en nous. Il mène un rude combat. C’est qu’il n’est pas seul à brûler dans la maison. Il y a un autre feu qui brûle en nous, un feu ardent, un feu dévorant, qui détruit tout ce qu’il touche.

C’est le feu de nos passions. Ce furieux bouillonnement qui nous travaille et que nous avons tant de mal à maîtriser, sinon à éteindre. Qui ne connaît ce feu? Saint Paul vient de nous en énumérer les méfaits: impureté, idolâtrie, haine, discorde, jalousie, emportement, disputes, envie, …

Chacun de nous connaît son feu familier:

– pour l’un c’est le feu de la jalousie ou de comparaison avec les autres, un feu ravageur;

– pour l’autre, c’est le feu du dénigrement et des pensées assassines; il ne fait pas de bruit, il ne fait pas de bien.

Quasiment pour tous, le feu des désirs charnels, si brûlants, si envahissants, si cuisants et si difficiles à dominer.

Inutile d’insister, inutile de détailler. Nous sommes entre connaisseurs! La liste de saint Paul n’a pas besoin d’être actualisée. Il semble qu’elle soit universelle et que chacun s’y puisse retrouver.

C’est à ce feu domestique que répond le feu que le Seigneur Jésus est venu jeter sur la terre au jour de la Pentecôte.

Il lutte contre le feu, par le feu! Un feu pour remplacer l’autre! Un feu non plus pour détruire mais pour édifier, un feu qui attise en nous ce qui vient de Dieu: charité, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, douceur, … .

Un feu qui travaille nos cœurs pour les transformer, les apaiser, mais aussi les stimuler.

Quand les Apôtres le reçurent, au jour de la Pentecôte, cela fit grand bruit et ce fut un grand étonnement, car chacun comprenait parfaitement ce qui arrivait. Il n’était pas besoin de le lui traduire. Chacun comprenait dans sa propre langue que s’accomplissait l’antique promesse: je mettrai en vous un cœur nouveau, je mettrai en vous un Esprit nouveau!

Ce qui conduit saint Paul à nous dire: Puisque l’Esprit vous fait vivre, laissez-vous conduire par l’Esprit! Laissez-le envahir vos cœurs et transformer vos vies.

Que les plus jeunes parmi nous accueillent ce feu de l’Esprit. Qu’il donne à vos vies cet élan qui porte vers les plus belles réalisations. Laissez l’Esprit réaliser en vous les plus généreux de vos rêves. Que ce même Esprit donne à ceux qui sont dans la force de l’âge, la ténacité et la persévérance pour tenir dans le combat quotidien et pour garder le bon cap malgré les turbulences. Quant à nous les vieillards, accueillons ce même feu de l’Esprit Saint qui nous donne de convertir en prière ce que hier nous vivions dans l’action.

Ainsi en est-il de nous tous, comme il en fut des Apôtres. Ils étaient réunis pour prier. L’Esprit comme un grand vent a envahi la maison. Un souffle nouveau les a emportés.

Ils étaient bien faibles et cependant en eux l’Esprit a fait des merveilles. Pourquoi n’en ferait pas de même en nous? Amen.

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