Homélie du 15 juillet 2012 - 15e DO
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Aujourd’hui, le Christ nous envoie en mission. Comme baptisés, à la suite des Douze, le Christ nous recommande de ne rien emporter, si ce n’est un bâton, une paire de sandales et une tunique. Rien de plus. Ces trois éléments forment le kit complet de tout baptisé. Un bâton, une paire de sandales et une tunique.

Un bâton

Le bâton est le signe du pouvoir. C’est avec son bâton que Moïse, le chef du peuple des Hébreux, sépara les eaux de la mer Rouge, pour fuir les armées égyptiennes et passer à pied sec jusqu’à la Terre Promise. Le bâton de Moïse, c’est le bâton des chefs.

Le bâton, c’est surtout celui que le Christ tient dans ses mains au ciel, car le Christ est le chef, il est seigneur. Le bâton du Christ, au ciel, c’est un sceptre, le bâton des rois, car le Christ est roi de l’univers.

Ce bâton des chefs et des rois, nous devons le faire nôtre. Par notre Baptême, nous sommes devenus des rois, membres du royaume de Dieu. À ce titre, tout chrétien doit gouverner, doit être un chef, à la manière dont le Christ est roi. Non pas parce que le chrétien est en mal de pouvoir, non pas parce que le chrétien veut exercer quelque autorité sur les autres, mais avant tout pour se gouverner soi-même. Tout chrétien doit gouverner sa vie, car le chrétien est un homme debout, qui ne laisse pas les autres décider à sa place. C’est lui qui décide, avec la grâce de Dieu, de faire le bien qu’il veut, et de ne pas faire le mal qu’il ne veut pas. Car la mission de gouverner que nous recevons du Christ, c’est d’abord de maîtriser sa vie pour éviter le péché, pour fuir le mal, contrôler son inclination au mal, refuser toute compromission avec le péché. Notre esprit doit être le chef de notre corps, et non pas le corps être le chef de notre esprit. Notre corps doit être au service de notre vie, et notre vie ne doit pas être l’esclave de notre corps.

Voilà donc cette première mission pour nous aujourd’hui: porter dans nos mains le bâton de commandement du Christ, c’est notre mission de chef, de gouvernement, pour être roi comme le Christ est roi, pour être maître de notre vie comme le Christ est Seigneur de la vie.

Un bâton, des sandales

Les sandales, ce sont celles du Christ, les sandales dont Jean-Baptiste, le plus grand des prophètes, se disait indigne «de dénouer la courroie» (Jn 1, 27). Ce sont aussi les sandales des apôtres qui partaient en chemin pour annoncer la résurrection.

Ces sandales du Christ et des apôtres, nous devons les faire nôtres. Par notre Baptême, nous sommes devenus des prophètes. À la suite des apôtres, nous sommes envoyés par le Christ sur les chemins du monde pour annoncer la résurrection. Nous avons mission, d’annoncer le Christ, d’être un témoignage vivant de sa présence, et rayonner de sa vie. Nous devons marcher, que dis-je, courir, non pas avec des sandales, mais avec des baskets, pour répandre l’esprit évangélique sur le monde. Et parfois, nul besoin de parcourir les sentiers les plus reculés, car il suffit de tourner la tête et de voir que celui à qui je suis envoyé pour annoncer le Christ est juste à côté. Nous devons, par notre vie, être des images du Christ auprès de nos contemporains.

Voilà donc la mission numéro deux pour notre vie de chrétien: porter les mêmes sandales que les apôtres, pour accomplir notre mission de prophète, c’est-à-dire de témoin du Christ et d’annonce de sa parole.

Un bâton, des sandales, une tunique

La tunique, c’est celle du Christ, celle que les soldats tirèrent au sort avant sa mort. C’est la tunique du sacerdoce et du service. Et cette tunique, nous la faisons nôtre, le jour de notre Baptême, lorsque nous recevons le vêtement blanc. Ce vêtement nous donne l’accès à tous les sacrements de l’Église. Et c’est la troisième mission du baptisé, celle de ne pas refuser les dons que Dieu veut nous faire, et plus que cela encore, celle de les demander. Le Christ, et donc l’Église, nous demandent de recevoir les sacrements, non pas de façon passive, mais en y participant réellement, de façon active. Le baptisé a la mission de vraiment prendre sa part de responsabilité dans la vie sacramentelle. Prenons l’exemple du sacrement de l’eucharistie.

Le Christ, et donc l’Église, ne nous demande pas d’ «assister» à la messe, mais de «participer» à la messe. Éviter les habitudes qui endorment, éviter les automatismes qui abrutissent, mais être là. Non pas dormir debout? ou assis? mais vivre la messe, écouter attentivement les lectures, essayer de comprendre un peu ce qui se dit dans l’homélie? essayer d’en retenir au moins une ou deux idées pour nourrir sa semaine. Et puis, pour ceux qui le peuvent, communier avec foi, le cœur pur, en croyant vraiment que dans cette hostie, il y a tout.

C’est donc la troisième mission du baptisé, celle d’être à l’image du Christ prêtre, de revêtir sa tunique pour rendre, en vérité, un culte spirituel à Dieu, dans une vie de prière fervente et une fréquentation sincère, active, partie prenante, des sacrements de l’Église.

Un bâton, des sandales et une tunique. Voilà les attributs de tout chrétien qui, par le Baptême, devient à son tour prêtre, prophète et roi.

-* Roi avec son bâton pour gouverner sa vie et refuser le mal;

-* Prophète avec des sandales pour annoncer toujours le Christ aux autres;

-* Prêtre avec une tunique pour être réellement présent et actif dans la vie de prière et la vie sacramentelle.

Prêtre, prophète, et roi, voilà ce que nous sommes tous devenus le jour de notre Baptême.