Homélie du 25 novembre 2012 - Solennité du Christ Roi
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Frères et sœurs, en ce dernier dimanche du temps liturgique, nous célébrons la solennité du Christ Roi de l’univers. Cette fête instituée par le Pape Pie XI, entend nous rappeler que le Christ est ce Roi éternel, qui domine l’histoire, depuis son commencement, jusqu’à son achèvement en Dieu à la fin des temps. Il est l’alpha et l’oméga de nos vies, le commencement et la fin de toute chose. Créateur et sauveur, il est venu dans le monde pour nous et pour notre salut, et il entend régner dans nos vies en régnant dans nos cœurs! Il veut donc instaurer en nous et sur cette terre, un royaume de justice et de paix; et il frappe humblement et inlassablement à la porte de nos cœurs, car il veut nous libérer du mal et de l’esclavage du péché. Il veut faire de nous des saints! Oui frère et sœurs, le Christ Roi de l’univers est notre libérateur et le libérateur de tout homme quel qu’il soit! Celui qui est venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité, veut libérer l’humanité du mensonge et de la fausseté. Et ce règne de justice et de paix qu’il veut établir avec nous et en nous, doit reposer sur de solides bases. Alors, comme tout bon architecte, comme tout bon maitre d’œuvre, le Christ nous rappelle les rudiments de la maçonnerie. Pour qu’une maison tienne, pour qu’un immeuble ne s’écroule pas sur lui-même, il lui faut de bonnes fondations, de véritables fondations capables de résister aux vents et autres tempêtes! Et c’est pour cela frères et sœurs, que le Christ doit être le roc de nos vies, car son royaume ne peut s’établir, que dans la vérité et par la vérité qu’il est lui-même. Aussi, le Christ est pour l’humanité entière, la seule et unique pierre de fondation; et même s’il l’ignore, tout homme qui aime la vérité et accomplit le bien, s’appuie sur cette pierre d’angle, et trouve là son véritable point d’ancrage! Jésus d’ailleurs nous le rappelle: «Tout homme dit-il qui appartient à la vérité, écoute ma voix». Appartenir à la vérité frères et sœurs, c’est mener sa vie en s’appuyant sur du solide et en mettant sa foi dans une réalité qui ne déçoit pas! Mais plus encore, appartenir à la vérité, c’est partager et adopter les mœurs divines, en se mettant au diapason de Dieu. C’est vouloir dépendre d’un plus grand, d’un plus fort, d’un plus sage que soi et lui obéir en écoutant sa voix. C’est donc très exactement, adopter l’attitude du disciple qui, confiant, écoute la voix, la parole du maitre et la met en pratique. Hélas, nous vivons dans un monde bruyant, où un relativisme ambiant assourdissant, semble vouloir étouffer toute parole de sagesse, venant du Christ et de son Église! Et c’est vrai que la vérité est en ce moment particulièrement malmenée? Ce qui hier encore tombait sous le sens, est aujourd’hui remis en cause jusque dans ses fondements! Entre autre, je fais bien sûr ici référence au débat lié au mariage gay et à l’adoption d’enfants par des couples homosexuels. Osons le dire frères et sœurs, nous marchons sur la tête! Pour autant, cela n’est pas apparu d’un seul coup, mais tranquillement, insidieusement; ce qui pendant des siècles apparaissait comme contraire à toute morale et franchement irrecevable, a acquis aujourd’hui on ne sait trop comment la légitimité du bien! Pourtant, je vous le rappelle frères et sœurs, on ne falsifie pas la vérité, mais humblement on la reçoit de Dieu. Mais alors que s’est-il passé? Sans rentrer dans les détails, nous pouvons certainement dire que, s’étant coupé de Dieu, la source de tout bien et de toute vérité, l’homme s’est égaré, victime de sa propre subjectivité! Au gré de ses envies, il a donc choisi de décider seul, ce qui était bien et ce qui était mal! Il s’ensuit alors, une fragilisation des repères et un aveuglement de plus en plus inquiétant, sur les exigences de la nature humaine et sur les valeurs qui doivent la guider. L’homme moderne a donc choisi de jouer à l’apprenti sorcier! En réalité frères et sœurs, l’homme du 21e siècle est atteint d’un syndrome malin, le « syndrome de la machine à laver »! Méconnue, voire ignorée des spécialistes et autres personnages éminents du monde médical, cette maladie de l’égo a pour effet d’éparpiller le patient en le soumettant à des forces centrifuges extrêmes; forces centrifuges d’ailleurs, qui l’éloignent peu à peu de son centre qui est Dieu! Alors, telle une misérable fourmi égarée au fond d’un tambour de machine à laver, le patient est balloté, écrasé, puis poussé comme hors de lui-même, par les diverses passions et désirs désordonnés qui l’assaillent, le déchirent et le divisent atrocement. Et comble de l’affaire, plus ce patient est orgueilleux, suffisant, plein de lui-même et conscient de sa propre importance, plus il subit avec rigueur les effets dévastateurs de son propre moi! Alors, essoré, lessivé, vidé de son suc, l’homme du 21e siècle s’affadit; et peu à peu, perd sa saveur première! Hélas, en perdant le goût de Dieu, il perd aussi le sens du vrai et il perd surtout le sens de Dieu! Désorienté, déboussolé, il erre, encore et toujours, à la recherche de nouveaux bonheurs éphémères décevants, qui au final, le laisseront amer et désespéré? Pourtant frères et sœurs, l’Église nous le rappelle, et le rappelle à toute personne qui veut bien l’entendre? La liberté ce n’est pas faire tout et n’importe quoi, comme vouloir par exemple, assouvir tous nos caprices et toutes nos passions. Non! La liberté des enfants de Dieu, c’est de toujours choisir le bien et de toujours refuser le mal. L’homme ayant été créé exclusivement pour le bien, quand nous faisons le mal nous nuisons bien sûr à notre prochain, mais nous agissons aussi sans le savoir contre notre propre bien et contre la vérité qu’est Dieu. Aussi, si nous voulons vraiment être libres, il nous faut nous appuyer sur Dieu; et à l’écoute de sa parole, dans la prière, discerner le bien du mal et poser des actes qui soient réellement conformes à notre nature humaine. Plus encore, il nous faut imiter le Christ et chercher comme lui quotidiennement, la volonté de Dieu dans nos vies; et ce, en renonçant parfois à certains biens légitimes, pour ne choisir au final que le bien le meilleur. Mais attention frères et sœurs, ne nous y trompons pas! Il n’y a là aucune forme d’élitisme, ou de course à la performance, mais la véritable prise de conscience de notre nature profonde et de notre destinée commune. L’Écriture d’ailleurs nous le rappelle, ce Christ Roi de l’univers, «tous les hommes le verront, même ceux qui l’ont transpercé.» Ainsi, qu’il le veuille ou non, tout homme devra un jour rendre des comptes à Dieu; et si durant notre vie terrestre nous avons fait le bien, alors nous connaitrons un jour la vraie joie, la béatitude éternelle. Cependant, si faire le bien est la condition de notre béatitude future; faire le bien est également ici bas, la condition de notre bonheur immédiat. «S’aimer vraiment dit saint Thomas d’Aquin, c’est s’ordonner à Dieu». En effet, s’ordonner au Christ, c’est vouloir lui ressembler et vouloir partager avec lui cette vie divine. Plus concrètement, c’est faire déjà ici bas, la merveilleuse expérience de l’amour de Dieu; et ce, en apprenant chaque jour, à aimer et à se laisser aimer. Bref, vous l’aurez compris, s’ordonner à Dieu c’est choisir dés maintenant son propre bien, c’est vouloir tout simplement être heureux et en prendre les moyens. Voilà donc frères et sœurs, le message qu’il nous faut apporter à notre société malade et désespérée, en manque d’authenticité et de repères! Ce monde meilleur, dont secrètement chaque être humain rêve; ce royaume de justice et de paix, ne pourra advenir qu’au prix d’une réelle conversion des cœurs. Tous, oui tous! Nous sommes invités à nous décentrer de nous-mêmes, pour nous centrer sur Dieu. Et tout homme quel qu’il soit, est appelé à connaitre la personne du Christ et à chercher la vérité en écoutant sa voix. «Ce qui importe, disait Benoit XVI aux jeunes, lors des JMJ de Madrid, ce n’est pas la réalisation de mes propres désirs, mais Sa volonté. Ainsi, la vie devient authentique». Amen.