Homélie du 4 janvier 2013 - Sainte Zdislava
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Sainte Zdislava vécut au XIII° siècle, en des temps très difficiles. À peine les invasions Tatares qui ravageaient le pays furent repoussées, le jeune prince Pemysl, impatient de saisir le pouvoir royal se révolta contre son père. Et puisque le mari de sainte Zdislava, seigneur Havel de Lemberk était le bras droit du roi Vaclav Ier, il dut l’assister dans ces épreuves. D’ailleurs, vu les missions délicates dont il fut chargé, il n’était certainement pas l’abruti violent qu’a fait de lui la légende baroque, comme si la sainteté de sa femme eut besoin d’un contraste pour briller. Néanmoins, les devoirs envers son roi l’éloignaient souvent et la jeune Zdislava, en plus de l’éducation de ses quatre enfants, dut gérer les vastes propriétés de son mari et faire face à aux souffrances innombrables qu’apporte une guerre civile.

Qu’est-ce qu’une jeune mère peut faire face à de telles misères? Eh bien, s’appuyant sur Dieu, elle vivait pleinement sa vocation chrétienne, sa vocation de mère de famille et aidait les nécessiteux tant qu’elle pouvait. Dans un pays où des déchirures familiales menèrent à une guerre civile, elle élevait avec amour ses enfants. Dans un pays où la guerre semait la violence et injustice, elle fut un apôtre de la miséricorde: elle soignait les malades, nourrissait les affamés, accueillait des réfugiés. Plus encore que l’aide concrète, elle montrait l’amour de Dieu aux désespérés. Dans le monde qui ne pensait qu’à survivre, elle pensait à Dieu, aux autres, au salut des âmes.

Certes, elle ne put pas panser toutes les blessures ni aider tous les nécessiteux. Mais le peu qu’elle a accompli dans sa courte vie courte – elle mourut à 32 ans environ – n’a pas été oublié. Pas pour l’ampleur de son œuvre, mais à cause de l’amour miséricordieux de Dieu qui rayonnait à travers ses actes. En cela, elle nous donne un exemple très actuel: nous n’avons pas à chercher les solutions miraculeuses pour changer le monde, mais là où nous sommes et selon notre état de vie, nous devons témoigner que le monde n’est pas devenu complètement fou, que la foi en Dieu et la charité existent encore.

Sainte Zdislava ne fut canonisée que sept siècles et demi après sa mort. Peut-être parce que dans une époque où la famille semblait quelque chose d’évident, on ne s’est pas rendu compte que la vie d’une mère de famille peut exiger des vertus héroïques, qu’on a besoin de l’exemple et de l’intercession des saintes épouses et mères. Mais si la canonisation officielle tardait, les pèlerins nombreux qui venaient pendant des siècles à sa tombe ne se trompaient pas. À part des malades et nécessiteux, son intercession pour les familles fut de plus en plus marquée. On y voit des jeunes qui prient pour leur futur conjoint qu’ils ne connaissent pas encore, des jeunes fiancés ou mariés qui prient pour leur couple, des pères et mères qui prient pour leurs enfants, les gens qui prient pour la réconciliation au sein de leur famille.

Là aussi, je ne peux que vous encourager de prier pour vos familles, pour vos enfants. La prière d’une mère ou d’un père est puissante devant Dieu. Et si vous évoquez l’intercession de sainte Zdislava, tant mieux.

Tout ce que je viens de vous dire peut vous sembler très ordinaire, voire banal. Cela tombe bien, car sainte Zdislava nous montre que la sainteté passe par une vie tout à fait ordinaire.