Homélie du 9 mai 2002 - Ascension

Ascension du Seigneur

par

fr. Marie-Arnaud Gualandi

«Allez dit Jésus, faites des disciples, baptisez, apprenez à vos frères à garder les commandements»

Mais le Seigneur monte au ciel, il se dérobe à notre vue, un grand silence semble se faire sur la terre et dans nos cœurs.
«Où irions-nous sans toi Seigneur, toi seul as les paroles de la vie éternelle»

À première vue l’Ascension du Seigneur est une disparition, une absence, un vide, un silence.
Faut-il faire parler le silence?
Manifester l’absence?

Par cette même Ascension, le fils est glorifié… Nous devons comprendre en quoi la glorification du Fils nous constitue comme apôtres, en quoi nous sommes, par ce départ, forts de sa présence, «Je suis avec vous jusqu’à la fin du monde», forts de ses paroles.

En effet, le Christ, homme et Dieu, monte au ciel et s’assied à la droite du Père. Notre humanité qu’il avait assumée participe désormais plus pleinement de la vie trinitaire, chacun de nous attend le don personnel de l’Esprit, mais déjà l’homme participe de la gloire de Dieu; cette gloire où nous puisons la lumière de la connaissance (la foi), la lumière de l’Espérance.

Oui, le Christ présent dans son corps auprès de Dieu est plus présent à notre humanité qu’il ne l’était auparavant, sa gloire est notre gloire. Elle nous illumine et nous envoie auprès de nos frères prêcher à toutes les nations!

C’est le baptême frères et sœurs qui nous fait entrer dans ce mouvement d’amour et de gloire.

Notre ténèbre n’est plus ténèbres car la lumière de Dieu vient en nous, en notre humanité. Et de fait nous sommes par Dieu constitués annonciateurs de sa gloire; ne pas l’annoncer, c’est mourir à nouveau et demeurer dans la ténèbre.

Pourquoi restons nous tièdes? par manque de foi? d’espérance?… Par trop d’habitude?
Sans doute par ce qu’encore nous ne nous tournons pas assez vers la gloire de Dieu.
Dieu lui s’est tourné vers notre misère, il a vaincu la mort dans le Christ, à nous maintenant de nous tourner vers la gloire de la divinité, qui rejaillit pleinement dans la gloire du Fils, et dans chaque homme convoqué au salut, aux noces de l’agneau.

Convoqués, nous devons aussi participer à notre appel.
Oui il nous faut contempler, contempler la gloire de Dieu en elle même, sa lumière en nous.
Contempler Dieu c’est apprendre à l’aimer dans l’infini de sa puissance, sa puissance qui fait de nous des frères et des témoins de la vérité éternelle.

Aujourd’hui, frère et sœurs le Christ remonte aux Cieux, mais il ne nous laisse pas seuls, la force de son amour vient encore en nous et y demeure. Dans quelques instants Philippine sera baptisée et dans la foi nous savons qu’en elle et pour toujours la gloire de Dieu fera son œuvre. Si Jésus part au Père, c’est vraiment pour être davantage avec nous, afin que nous l’aimions et soyons les signes efficaces de son amour éternel.

Et ce mystère, ce n’est rien d’autre que notre vie

Ainsi soit-il!