Homélie du 8 décembre 2020 - Solennité de l'Immaculée Conception de la Vierge Marie

« C’est comme dans la prière ! »

par

fr. Jean-Baptiste Blandino

Imaginez-vous, vous n’êtes plus à Nazareth chez Joachim et Anne mais dans une salle de caté avec de jeunes enfants de CE1 peu pratiquants, le sujet du jour est l’Avent, et le texte proposé est l’Évangile de l’Annonciation que nous venons d’entendre. Le catéchiste commence donc la lecture, lentement, phrase par phrase. Arrivent rapidement les premières paroles de l’ange à la Vierge, « je te salue, pleine de grâce, le Seigneur est avec toi » ; c’est alors qu’il entend s’exclamer fièrement plusieurs enfants : « Je connais, c’est comme dans la prière ! » Il se demande en lui-même : « Ces enfants, ont-ils conscience qu’ils touchent à un grand mystère ? Ont-ils conscience qu’ils touchent au mystère de l’Immaculée Conception de la Vierge ? » Et vous, frères et sœurs, avez-vous conscience de reprendre les paroles de l’ange, des paroles divines à chaque fois que vous priez votre « Je vous salue Marie » ? C’est avec des yeux d’enfants, des yeux émerveillés que nous devons contempler ce mystère de Dieu.

Mais avant de poursuivre, écoutons cette mise en garde du catéchisme : « On ne peut toucher à la révélation du péché originel sans porter atteinte au mystère du Christ » (CEC, n° 389). Pourtant, en fêtant la Conception Immaculée de Marie nous touchons bel et bien à ce péché originel. C’est véritablement « par une grâce et un privilège spécial de Dieu tout-puissant, en vue des mérites de Jésus-Christ, Sauveur du genre humain, [que Marie a été] préservée et exempte de toute souillure de la faute originelle » (définition dogmatique promulguée par Pie IX dans Ineffabilis Deus). En fêtant l’Immaculée Conception de Marie, nous touchons au mystère de la rédemption de tout le genre humain voulu par Dieu après la chute, nous touchons au mystère de notre salut.

« Je te salue, pleine de grâces. » Quelle salutation inouïe ! Comprenez donc la réaction de Marie, toute troublée, jamais, d’oreilles d’homme, on n’avait ouï une telle salutation. Méditant cette parole de l’ange Gabriel, les Pères ont vu la Mère de Dieu comme le siège de toutes les grâces et comme n’ayant pas été soumise à la malédiction. Ainsi, Dieu créait-il lui-même un tabernacle très pur duquel son Fils recevrait sa chair.

Voici que Dieu fait toute chose nouvelle : un nouvel Adam et une nouvelle Ève. Et dans sa sagesse, il voulut que le nouvel Adam sortît de la nouvelle Ève et pour cela, la « Mère de Dieu, [a] en quelque sorte une dignité infinie, dérivée du bien infini qu’est Dieu » (Ia, q. 25, a. 6, ad 4), elle est donc la plus parfaite de toutes les créatures. Le cantique des Éphésiens que nous avons entendu dans la première lecture s’applique en premier lieu à la Vierge très pure, conçue première-née.

Avec nos enfants du catéchisme, continuons de nous émerveiller du Mystère de notre salut et chantons, chantons donc « au Seigneur un chant nouveau car il a fait des Merveilles ! » (Ps 97, 1).