Homélie du 2 mars 2014 - 8e DO

Cherchez d’abord le Royaume de Dieu

par

Avatar

L’enseignement de Jésus va à l’encontre d’une certaine logique purement humaine du bonheur. Disons clairement les choses : tout le monde désire « vivre heureux ». Le bonheur est l’objet du désir de tout être humain. Humainement parlant, l’idée de bonheur est associée à la réussite, la richesse, le pouvoir, la bonne réputation, la santé et la paix. Quand ces conditions ne sont pas réunies, nous faisons tout pour les obtenir. De quelle manière ? Il n’y a pas une formule unique. Chacun utilise ses propres moyens à partir de ce qu’il considère « être le bonheur pour lui », de ce qu’il perçoit « d’une certaine idée du bonheur ».

Il n’est un secret pour personnes ici présent : les gens font tout aujourd’hui pour avoir de l’argent ; ils pratiquent la corruption, ils peuvent tuer, détruire des familles pour gagner de l’argent. Ils peuvent vendre leur dignité pour quelques euros. Le pouvoir de l’argent est une véritable arme destructrice pour l’être humain. Hélas ! Nombreux de nos contemporains ne vivent ou ne s’intéressent qu’à l’argent et aux biens matériels ; à vrai dire, des gens qui ne pensent qu’à leur ventre et leur porte-monnaie. Comme si le bonheur est intrinsèquement lié qu’avec les choses matérielles.

La réalité montre que les gens qui s’abandonnent à ces pratiques que nous venons d’énumérer, loin d’être heureux, sont souvent les plus malheureux. Ils passent « complètement » à côté du bonheur, du « vrai » bonheur. Cela laisse entendre qu’il ne faut surtout pas confondre « bonheur » et les jouissances éphémères tels que divertissements, plaisirs, profusion et amoncellement de biens. Nous courrons tous après le bonheur, nous ne savons pas le voir alors qu’il est tout près de nous, il est au milieu de nous. Dans l’évangile d’aujourd’hui Jésus nous le dit clairement : « Ne vous faites pas tant de souci pour votre vie, au sujet de la nourriture, ni pour votre corps, au sujet des vêtements. La vie ne vaut-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que les vêtements ? »

Il arrive souvent que nous constations à quel point nos obligations quotidiennes nous préoccupent, nous envahissent de telle sorte qu’il n’y a plus de place en nous pour Dieu. Nous n’avons plus le temps !,…ou autrement dit, nous ne prenons pas le temps nécessaire pour être avec Dieu, pour aller à sa rencontre …pour lui parler, pour le prier, pour le remercier, Lui qui, patiemment, nous attend toujours…et encore. Une telle attitude est contraire à l’enseignement de Jésus. Car,Il nous demande de donner la première place à Dieu. Que Dieu soit au cœur de notre vie: « Cherchez d’abord le Royaume de Dieu.» Comment comprendre aujourd’hui cette recommandation de Jésus ? Pour mieux la comprendre, il est nécessaire de la situer dans le contexte du Sermon sur la Montagne. L’évangile d’aujourd’hui, est une partie du Sermon de Jésus sur la Montagne. Dans son enseignement, Jésus nous parle non seulement du bonheur, mais aussi il nous le promet. Le bonheur dont il est question dans le Sermon sur la Montagne, s’identifie à la vie dans le Royaume de Dieu. C’est l’entrée dans la transcendance divine, pour vivre avec Dieu dans sa gloire. C’est la réalité de la vie profonde, la vie d’amour avec le Christ.

Nous ne pouvons pas, par nos propres moyens y accéder. Pour y parvenir nous avons besoin de la grâce, de l’aide de Dieu. Dieu nous aime, n’en doutons pas. Il nous parle de son Royaume, Il veut nous mener à cette plénitude de bonheur, la vie dans de Royaume des cieux. Le chrétien doit se garder de ne pas se laisser totalement absorber par les affaires de ce monde. Il doit sans cesse s’efforcer de trouver le temps de rester en communion avec Dieu par la prière. C’est essentiel dans la vie de tout chrétien. Plus que jamais il est important, voire nécessaire, pour nous de nous détacher de tout souci matériel pour nous attacher à Dieu. Dieu, notre Créateur mais aussi Notre Père sait tout ce dont ont besoin ses enfants. Nous, nous sommes invités à chercher d’abord le Royaume de Dieu !

Et d’autres homélies…

Ne péchons pas contre l’Esprit

Dans le passage d’Évangile que nous venons d’entendre, saint Marc assemble trois scènes qui se déroulent en une même journée de la vie de Jésus, et en un même lieu, « à la maison », c’est-à-dire chez Pierre, à Capharnaüm. Jésus y fait face à trois protagonistes : la...

La fête de la Trinité, une fausse fête ?

La fête de la Trinité est-elle une vraie fête ? Après tout, le temps pascal est terminé. Nous sommes revenus au temps ordinaire, celui où nous vivons des mystères que nous avons déjà célébrés solennellement. Mais surtout, célébrer la Trinité n’a rien de très...