Homélie du 12 septembre 2021 - 24e dimanche du T. O.

Écoute, œuvres et croix

par

fr. Marie-Arnaud Gualandi

Méditons sur trois mots qui nous permettront de retenir le sens des trois lectures de ce dimanche.
Le premier est « écouter ».
« Le Seigneur mon Dieu m’a ouvert l’oreille, et moi, je ne me suis pas révolté, je ne me suis pas dérobé » (Is 50, 5).
Le prophète Isaïe parle du Seigneur comme de celui qui lui a ouvert l’oreille. Le Seigneur parle. Lui, Isaïe, entend, écoute, ne se dérobe pas à la parole de son Dieu. Les ennemis du Seigneur sont nombreux, nombreux sont aussi les ennemis du disciple, menaçants, cruels et injustes. Le Tout-Puissant ne manque pas de soutenir son fidèle, celui a obéi à sa parole, accompli sa volonté.
Bien que cela puisse à certaines heures être menaçant, si nous voulons être disciples du Très-Haut, il nous faut écouter sa Parole, affronter le mal, certains que Dieu ne se dérobera pas non plus ; il est fidèle à sa Parole, plus fidèle aux croyants que les croyants ne lui sont fidèles.

Le second mot : les « œuvres ».
« Montre-moi donc ta foi sans les œuvres ; moi, c’est par mes œuvres que je te montrerai la foi » (Jc 2, 18).
Si la foi vient de ce que nous avons entendu de nos pères, elle est aussi un don de Dieu et un acte de notre volonté qui adhère librement aux enseignements de la Parole. Elle n’est pas un simple acte intérieur, elle se manifeste dans toute notre vie, nos pensées et nos actes. Jésus est parole, il est aussi le plus petit, le plus misérable de nos frères. « Ce que vous avez fait au plus petit d’entre les miens c’est à moi que vous l’avez fait. » La foi est un acte intérieur qui féconde notre vie et nous fait rayonner de charité dans les actes extérieurs de miséricorde.

Enfin le troisième mot : la « Croix ».
« Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive » (Mc 8, 34).
Cet amour du prochain n’a rien de romantique, il ne peut être compris comme un humanisme strict, noble parfois mais toujours incomplet lorsque Jésus est absent. L’humanisme chrétien, l’humanité du chrétien, comme celle du doux Maître, passe par la Croix et n’a rien de très alléchant pour ceux qui voudraient trouver le sens de la vie dans les plaisirs éphémères, l’épanouissement de soi, les bons sentiments ou le mépris des autres… ou tout à la fois. L’humanité (l’ensemble des hommes mais aussi ce qui caractérise chacun et chacune de nous) a besoin d’un amour qui se donne, qui se livre, qui ne se dérobe pas, qui sait aussi souffrir, guérir parfois et parfois être simplement présent auprès de ceux qui sont pris dans les filets du mal, du péché, de la mort.

« Passe derrière moi, Satan ! Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes » (Mc 8, 33).
Cette phrase de Jésus est brutale. Elle interpelle Pierre et tout disciple afin de nous mettre à notre vraie place : à la suite du maître, dans ses pas. Il sera chemin de vie s’il ne renonce pas à être chemin de croix.
Pour cela, il nous faut renouveler notre manière de penser, moins selon les hommes que selon Dieu qui nous apprend à aimer à la hauteur de son amour.
Nous ne pouvons pas aimer la souffrance, nous devons lutter contre la souffrance mais attention aux chimères. Nous ne pouvons pas aimer la souffrance, mais sans la croix il est impossible d’aimer simplement comme Dieu nous demande de le faire, comme nous demandons à Dieu de le faire. Nous n’aimerons vraiment que lorsque nous irons avec Jésus, sur la croix, sans nous dérober, jusqu’à la souffrance de nos frères. C’est là que Dieu nous attend.

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