Homélie du 29 mars 2026 - Dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur

Entrer avec Jésus dans sa passion !

par

fr. Dominique-Marie Cabaret

Frères et sœurs, nous voici encore une fois à l’entrée de la semaine sainte, nous allons entendre le récit de la passion de notre Seigneur Jésus-Christ dans quelques instants, et à l’exception sans doute des catéchumènes, peut-être sommes-nous blasés d’avance d’avoir à écouter ce long texte que nous connaissons plus ou moins par cœur et qui, parce qu’il est sans doute trop connu, risque même de ne pas nous émouvoir ou si peu.

Pourtant, frères et sœurs, je voudrais vous inviter à avoir ce désir intérieur de vivre ce moment le plus parfaitement possible ; de vouloir ainsi entrer spirituellement dans cette semaine le plus saintement possible ! En bref, de ne pas passer à côté des événements que le Seigneur nous propose de revivre avec lui ! Peut-être que certains parmi nous doutent que cela soit vraiment possible ? N’oublions pas frères et sœurs que, d’une certaine manière, on n’obtient du Seigneur que ce qu’on en attend. Dieu veut que nous lui demandions certaines grâces pour nous les accorder. Même si en fait il nous donne beaucoup plus ! Les parents ne cessent pas de couvrir leur enfant d’amour et pourtant quand leur enfant leur demande une grande, belle et juste chose, ils ont une joie toute particulière à la leur donner. « Demandez, on vous donnera ; cherchez, vous trouverez ; frappez, on vous ouvrira » (Mt 7, 7).

C’est pourquoi, j’ose vous poser une question très personnelle : qu’attendez-vous du Seigneur Jésus à l’orée de cette semaine sainte ? Avez-vous au fond de votre cœur comme un spleen ou un engourdissement spirituel qui vous fait voir « un ciel bas et lourd » qui « pèse comme un couvercle », pour paraphraser Baudelaire ? Ou avez-vous au plus profond de votre cœur un grand désir de revivre avec Jésus sa passion depuis la procession des Rameaux jusqu’à sa mort sur la Croix et sa résurrection ? Si j’ose dire, cela ne dépend que de vous, que de nous et de la demande que nous n’osons peut-être pas formuler dans notre cœur. Le Seigneur aime que nous désirions de grandes choses. Je vous l’ai dit : plus notre désir sera grand, plus le Seigneur nous comblera au-delà même de ce que nous osons demander. « À celui qui a, on donnera, et il sera dans l’abondance ; à celui qui n’a pas, on enlèvera même ce qu’il a » (Mt 13, 12).

Frères et sœurs, j’ose donc vous reposer la question : à l’orée de cette semaine sainte, quel est votre désir de Dieu ? Souvenons-nous qu’il nous aime chacun personnellement dès avant la fondation du monde et qu’en entrant dans le monde, il n’a pas cessé de nous aimer allant jusqu’à donner sa vie pour nous ouvrir grand les portes de la vie éternelle. « Ma vie, nul ne la prend, mais c’est moi qui la donne ! » (Jn 10, 18). Pour répondre à un si grand amour, n’est-ce pas l’occasion aujourd’hui de lui demander sincèrement, du fond de notre cœur, d’entrer davantage dans le mystère de sa passion ? De lui demander simplement, humblement, ne serait-ce que pour le remercier de ce qu’il a souffert pour chacun de nos péchés ? Pourquoi nous refuserait-il une telle grâce, lui qui nous a tellement aimés en vivant sa passion ?

Certes, se poser une telle demande peut faire peur car on pressent que le mystère de sa passion ne peut que nous conduire à la croix ! « Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi » (Ga 2, 20). Mais être uni au Christ au point de revivre avec lui le mystère de sa passion dans notre vie, ne serait-ce pas là la source du vrai bonheur, le bonheur qui seul peut nous combler éternellement ? « Il y a plus de joie à donner qu’à recevoir » (Ac 20, 35), nous dit Jésus. « Aimer, c’est tout donner et se donner soi-même », nous rappelle la petite Thérèse ! Nous savons bien qu’une mère qui se donne pour ses enfants jusqu’à s’oublier est profondément heureuse, même s’il y a des moments difficiles. En nous offrant de le suivre dans sa passion, Jésus ne nous propose rien d’autre que de vivre avec lui ce mystère d’amour qui se donne jusqu’à l’infini, mystère qui accepte comme élément de preuves la souffrance, non qu’elle soit bonne en soi, mais parce qu’elle dénote l’intensité de l’amour ! Aimer jusqu’à en mourir, comme Jésus, dans l’abandon à sa volonté sainte, lui qui veut que nous soyons saints dès maintenant et pour l’Éternité comme il est saint !

Aussi, frères et sœurs, au commencement de cette semaine sainte, je vous le propose : n’ayons pas peur de demander à Jésus les plus grandes choses ! N’ayons pas peur d’entrer avec lui dans le récit de sa passion en l’écoutant attentivement, de tout notre cœur, par amour pour lui. Même si elle est longue à écouter, justement : offrons joyeusement ce petit sacrifice à Jésus, lui qui nous a tant aimés ! Offrons-le ne serait-ce que pour les nombreuses intentions de prières qui habitent nos cœurs ! Il ne pourra qu’en sortir du bien ! Oui, n’ayons pas peur de plonger notre regard dans celui de Jésus, même s’il y a des épines sur son front. Jésus désire notre amour, lui qui nous a aimés le premier ! Ayons foi en lui ! « Il n’y a pas d’autre Nom sous le ciel par lequel nous puissions être sauvés » (Ac 4, 12). Béni soit celui qui vient au nom de Seigneur, hosanna au plus haut des cieux !

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