Homélie du 26 mai 2013 - Trinité

Il a un Fils

par

fr. Gilles-Marie Marty

Lorsqu’il viendra, l’Esprit vous guidera vers la vérité tout entière. Puisque l’Esprit est venu dimanche dernier, Il est donc déjà à l’œuvre. Mais la vérité entière: quel programme! Commençons par le commencement. Il y a une vérité première, principale, primordiale, que voici: Dieu a un Fils.

Les chrétiens pensent que c’est normal, que Dieu ait un Fils? On le leur dit depuis si longtemps? Cela ne les étonne plus?

Pourtant ce n’est pas évident, mais alors pas du tout! D’ailleurs si l’Évangile n’en parlait pas, personne ne le saurait.

Par exemple, les Juifs, familiers la Parole de Dieu, l’ignorent totalement. Pour les musulmans? C’est un blasphème insoutenable.

Pour les bouddhistes? Cela n’a strictement aucun sens? Bref, seuls les chrétiens savent que Dieu a un Fils?

Nous, hommes, existons pour connaître ce secret intime de Dieu: Il a un Fils. C’est cela qu’on appelle le mystère de la Sainte Trinité. Ce mystère, le plus grand trésor des chrétiens, mérite notre attention.

Au fait, un fils, en trois mots qu’est-ce que c’est? Un fils est quelqu’un qui doit sa vie à un autre que lui-même, qu’on appelle son père. Première conséquence: un fils est un être de même nature que son père. Par ex., un enfant d’un jour est homme autant que son père. Et en ce domaine, il en va pour Dieu comme pour les hommes: père et fils sont de même nature. Il y a toutefois une grosse différence entre Lui et nous. Prenez un homme et son fils (on a le choix ici): ils sont bien mais loin d’être parfaits (demandez aux mères de famille), alors que Dieu et son Fils sont absolument parfaits. Le Credo l’affirme: [ce Fils] est Dieu né de Dieu, Lumière née de la Lumière, vrai Dieu né du vrai Dieu. Autrement dit, ils sont Père et Fils à la perfection.

Cela entraîne une chose nouvelle et capitale, que je dois dire maintenant: Le Père et le Fils célestes ne sont pas extérieurs l’un à l’autre comme le sont un père et son fils humains. Ils ne sont pas séparables. Ils sont inséparables. Dieu le Père et Dieu le Fils sont Un, unis et uniques depuis toujours et pour toujours.

D’ailleurs Jésus se désigne lui-même comme le Fils unique qui est dans le sein du Père! Dans le sein du Père, on pourrait dire aussi bien: dans son cœur ou ses entrailles. Autant dire que Son Fils, Dieu le conçoit, Il l’engendre, Il le porte. Et ce Fils est si parfait que Dieu n’aura jamais que Lui? Le Père en est tellement fier que Lui qui ne dit rien, l’a annoncé solennellement 2 fois, au baptême de Jésus et à sa Transfiguration: «Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis tout mon Amour»

Dites, ici-bas, quel père oserait dire qu’il a mis tout son amour en une seule personne? Quel père oserait dire qu’il porte ainsi son fils (c’est déjà bien quand il le supporte!)? Qui oserait dire pareille énormité? Le Père Céleste, Lui, peut le dire. Car Il éprouve pour son Fils un élan d’amour si intense que cet élan devient un lien, un lien solide, un lien vivant, que l’Évangile appelle? le Saint-Esprit.

Il faut savoir qu’en amour, Dieu ne se conduit pas comme un homme ou une femme. Quand un homme et une femme se regardent, se découvrent, tombent amoureux c’est merveilleux n’est-ce pas, mais? ils sont deux et ils resteront deux? Ils peuvent dire et se promettre ce qu’ils veulent, ils resteront toujours deux.

C’est d’ailleurs assez cruel, de rester deux quand on voudrait ne faire qu’un? Tandis que, quand le Père regarde son Fils, cela provoque un amour tellement intense, tellement indescriptible, qu’ils sont tout de suite? Trois. Et Trois parfaits qui demeurent parfaitement Unis, Trois qui sont Un?

Frères, cette vérité primordiale a sur nous un impact immédiat et permanent. Est chrétien celui qui comprend que, en nous donnant son Fils unique et chéri, en nous le livrant jusqu’au bout, jusqu’à la mort, Dieu nous a vraiment tout donné. Alors on doit s’interroger: si Dieu le Père n’a pas épargné son propre Fils mais l’a livré pour nous, comment ne nous accordera-t-il pas tout le reste? Sa grâce dès maintenant et sa béatitude après.