Homélie du 8 décembre 2002 - 2e DA

«Il vous baptisera dans l’Esprit Saint» (Mc 1, 8)

par

fr. Jean-Hugo Tisin

Le Seigneur vient! C’est Lui qui donne sens à notre temps. Souvenons-nous que l’Avent dévoile d’abord son mystère: Adventus signifie approche, venue, arrivée… Notre réponse à cette approche se joue au présent, à chaque instant de notre vie.

En ce deuxième dimanche d’Avent, essayons de méditer sur le sens de cette rencontre. Le Seigneur vient, annoncé par la voix du guetteur… Nous l’espérons, nous vivons déjà de sa présence… Comment préparons-nous sa propre venue? comment guettons-nous son aurore?

En premier lieu, reconnaissons notre vocation de baptisés dans l’Esprit-Saint… Christ qui ne cesse jamais de s’approcher de nous nous appelle – notre vocation est celle de messager de sa venue, nous écoutons la Voix de Celui qui vient et à la fois nous sommes la voix, à la suite des précurseurs… Nous avons été rendus capables d’entendre la voix et de guetter dans la nuit la venue de son aurore parce qu’il nous a plongés en son baptême de Vie éternelle, bannissant et détruisant les eaux de la mort.

Notre commencement, notre présent, se reconnaissent dans cette Alliance nouvelle qu’il a réalisée en nous: dans la remontée d’au-delà de la mort, il nous a donné la lumière et la force spirituelle de son Esprit.

Notre commencement réalise pleinement notre vocation de veilleur, d’éveillé à la Vie nouvelle. Ainsi, nous étant éveillés en Lui, le sens de sa venue dans ce qui nous paraît être le passé nous est restitué. En vérité, il ne s’agit plus de passé, au sens du passé qui ne serait plus. Par son Esprit, c’est la mémoire spirituelle qui ouvre notre esprit à sa venue continuelle dans la vie des hommes.

Notre expérience au présent de son « Avent » est illuminée par toutes les rencontres de Dieu et de ceux qui attendaient sa venue… Cette expérience, ce fut celle d’Abraham, de Moïse, de David, de tout ce peuple racheté de la servitude dont nous parle le prophète Isaïe. Le peuple pardonné, guidé déjà par l’Esprit du Seigneur, remontait de l’abîme et déjà vivait un baptême dans l’Esprit. Il s’accordait déjà à un « Commencement de Bonne Nouvelle« .

Ainsi, le mystère de l’Avent s’éclaire-t-il dans cette mémoire d’un Évangile éternel qui nous invite continuellement à passer de notre ténèbre à la joyeuse écoute de la messagère de Sion.

Notre présent, notre commencement est celui d’une mémoire restituée; c’est lorsque nous savons vivre le temps de la rencontre et de l’Alliance avec Lui que tout ce qui paraissait passé redevient vivant et accordé à notre présent.

Mais cette mémoire vive de l’Évangile du Salut déjà donné ne peut se vivre que si nous préparons le chemin de la rencontre de son ultime retour. Ainsi que Pierre l’annonce, nous sommes les veilleurs de cieux nouveaux et d’une terre nouvelle… De même que le petit reste d’Israël était promis à la délivrance dans la montée vers Sion, de même, les nouveaux veilleurs que nous sommes assistons à la fin de l’ancien monde et préparons une terre nouvelle. Notre présent, c’est toujours en vérité une présence de l’Esprit qui veille en nous invitant à nous tourner vers Sa Présence Divine. «Dans l’attente de ce jour, frères bien-aimés, faites donc tout pour que le Christ vous trouve nets et irréprochables dans la paix!» (2 P 3, 14).

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