Homélie du 23 janvier 2011 - 3e DO

Le Christ, la lumière qu’il faut répandre dans nos villes !

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Quelle est la ville de Jésus? Si on nous demande d’associer le nom d’une ville avec le nom de Jésus, laquelle choisirions-nous? Ou bien encore quelle était la ville préférée de Jésus? Bethléhem, la ville de sa naissance?? Nazareth, la ville de son enfance?? ou Jérusalem, la ville de sa Pâque?

Ne répondons pas trop vite, attendons d’être sûr d’avoir fait un tour complet? Car aujourd’hui l’Évangile parle d’une autre ville, dont nous savons le nom mais pour laquelle nous ne faisons pas de lien direct avec Jésus… cette ville, c’est Capharnaüm. N’est-ce pas dans cette cité que Jésus commence à proclamer la bonne nouvelle, et à guérir des malades? N’est-ce pas là, précise l’Évangile, qu’il vint habiter? sans doute parce que c’était là que Pierre le pécheur vivait, et c’est donc là où Jésus est venu demeurer après Nazareth…

Et nous: quelle est notre ville préférée? Est-ce la ville de notre naissance, celle de notre enfance, celle de notre adolescence ou celle de notre présent? Plusieurs parmi nous répondraient sans doute que cela ne fait qu’une seule et même ville: ils ont toujours été toulousains et n’imaginent même pas de quitter la belle cité rose. Quoiqu’il en soit, nous pouvons imiter Jésus en aimant simplement la ville où nous résidons maintenant. Que signifie «aimer la ville où je demeure»? Cela signifie de demander à Jésus d’y demeurer, lui aussi: Viens Seigneur Jésus, viens ici, dans cette ville, dans ce village, viens et demeure avec nous!.

Vous penserez: «oh… c’est facile. Je l’ai déjà fait plusieurs fois». C’est vrai: nous avons déjà demandé que Jésus vienne, mais le problème, c’est que nous sommes peu nombreux, si peu nombreux, nous qui voulons pour notre ville le meilleur, c’est-à-dire Jésus Christ! Cette ville rose, est-elle une cité de croyants ou d’incroyants? Ne dirait-on pas une ville de païens, dont les cris sont d’ailleurs si forts qu’ils couvrent notre voix et noient notre prière! Frères, peut-on dire, de cette ville, ce que Dieu a dit à St Paul qui arrivait à Corinthe, ville pourtant connue comme un carrefour de païens: sois sans crainte, parle, ne te tais pas, car je suis avec toi et j’ai à moi un peuple nombreux dans cette ville (Ac 18,9). Dieu dirait-il aujourd’hui cela de notre ville?

Quelle est la plus belle ville du monde? Chacun pourrait répondre à son tour. Quant à moi, j’hésite entre la capitale du sud-ouest, Toulouse la rose et la violette, et une autre capitale, à 2000 km d’ici, la capitale de mon pays: Prague. Difficile de choisir, mais ce dont je suis sûr, c’est que les chrétiens de ces deux villes, les vrais chrétiens, ont un même désir: que leur ville soit belle, aux yeux de ce monde, mais surtout aux yeux de Dieu.

Pourtant, quand on regarde autour de soi, et qu’on se compte, on doit reconnaître que, parmi les centaines de milliers d’habitants de ces cités, si peu ont ce désir, et encore moins acceptent de mettre la main à la pâte.

Quand ces pensées nous viennent et donc quand le découragement nous guette, heureusement il y a l’évangile d’aujourd’hui!

Ce qui nous décourage, Jésus le connaît déjà, et pourtant il annonce: «le peuple qui marchait dans la ténèbre verra briller une grande lumière». Cette ténèbre, l’incroyance des païens, leur manque de foi, ne sont pas pour Jésus une résignation, mais un défi. C’est pour cela qu’il a voulu prêcher longtemps à Capharnaüm, ce carrefour de païens en Galilée.

Imitons-le donc, et plutôt que de maudire les ténèbres, allumons le chandelier?.

La plus belle ville du monde est celle où chacun de nous désire transmettre ce qu’il a de plus beau: la lumière du Christ. Elle brille encore, cette lumière de Noël et celle de l’Épiphanie, préparant celle de la Chandeleur (qui porte bien son nom!) et celle de Pâques!

Toutes ces lumières du Christ annoncent que La nuit est avancée, le jour est proche. Sur les habitants du sombre pays, une lumière a resplendi. Elles annoncent la Jérusalem céleste, cité de Dieu, qui lentement mais sûrement, avance vers nous.

Montons à sa rencontre, nous qui jadis étions ténèbres, et à présent sommes lumière dans le Seigneur… nous qui savons que, pour les villes du monde entier, la vraie lumière, l’aurore frémissante, le soleil levant, c’est Notre Seigneur Jésus-Christ, lui qui est avec nous chaque jour, et nous charge de répandre sa propre lumière. L’espace de la cité doit être rempli par la lumière de chacun de nous, par la lumière de l’Église que nous formons tous ensemble. Notre ville, il faut la choisir chaque jour de nouveau. Non parce que c’est la ville de notre naissance ou de notre enfance, ni parce que c’est une ville qui nous plaît, mais parce que nous avons une mission à y accomplir.