Homélie du 1 septembre 2013 - 22e DO

Le Royaume

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Jésus nous parle du Royaume à nouveau. Dans l’évangile, il est question d’un «repas de noces», «de places de choix», «de gloire», «d’être près de l’époux». Et au final, Jésus lâche le morceau: il annonce une «récompense au moment de la résurrection des justes». Jésus est très marqué par cela. Il veut que nous trouvions une place dans son Royaume.

Nous croyons en effet qu’à la fin des temps nous serons dans le royaume de Dieu, heureux, bienheureux. Le ps. 67 le rappellent: «les justes sont en fête, ils exultent, dansez devant la face de Dieu» … Nous sommes faits pour ce royaume et c’est ce que Jésus est venu nous dire. Il nous en parle et veut que nous nous appropriions cette réalité autant que cela est possible.

Mais est-ce que cette réalité du Royaume correspond à quelque chose de concret en vous maintenant? Est-ce que vous aspirez à ce Royaume? La Bonne Nouvelle de ce royaume est-elle actuellement en train de changer votre vie? Et si je vous dis que le royaume de Dieu n’existe pas, cela changera-t-il quelque chose dans votre cœur ou pas? Car au final notre vie de chrétien, tout ce qu’on vit ici, c’est en vue de cela que ça existe. Les sacrements, les messes, les homélies ce sont des piqures de rappel du Royaume qui vient. Bon! Si cela n’est pas le cas pour le moment, demandez à Dieu cette semaine de vous donner un grand désir du Ciel. Si c’est déjà le cas alors, je m’en réjouis beaucoup avec vous.

Un but (le Royaume), un moyen (le service des pauvres)

Jésus nous rappelle qu’il y a une carte d’entrée pour entrer dans ce Royaume. C’est celle de servir les pauvres. Jésus nous attend dans l’accueil fraternel de ceux qui n’ont pas d’amis, pas de frères, pas d’argent. Il ne s’agit pas de ne plus faire de repas festif, de s’enfermer dans une fausse charité qui rend triste mais au contraire de continuer à faire des festins, des festins pour ces personnes. Le terme de festin veut dire: ne changer rien à votre comportement intérieur; accueillez avec la même joie, recevez avec la même délicatesse, dépensez autant d’énergie. Mais tournez vous vers les pauvres, ces gens sans espérance, qui ne savent plus ce qu’est d’être aimé. Un chrétien aussi timide qu’il soit, aussi peu assuré, aussi tiède dans sa foi, garde toujours, au fond de lui, la joie simple de croire en un Dieu qui nous aime. Et cette foi, cette espérance est suffisante pour changer la vie d’un homme perdu dans la vie. Le tout c’est de se disposer à un cœur à cœur avec ces personnes.

Un but, un moyen, une échéance (maintenant)

Quand cela doit-il commencer? Dès cette semaine. C’est la rentrée pour beaucoup. C’est l’occasion de commencer différemment les choses. Se tourner vers des gens différents n’est pas facile, je le conçois. D’une part ça nous dérange nous-mêmes. Ensuite, ça peut créer une gêne dans la famille ou dans notre entourage. Enfin, il va y avoir un cap à passer qui sera sans doute le plus difficile: c’est le geste concret. Une poignée de main, un mouvement fraternel, un sourire, la perte de temps. À vous de voir avec le Seigneur et vos proches ce que ce sera. Mais ne trainez pas. Pourquoi pas déjà faire un clin d’œil au Seigneur à la sortie de cette messe. Combien de personnes partiront changées parce que vous les aurez accueillies comme des frères.

Soyez assuré que Dieu vous accompagne plus que jamais: («Abaisse-toi et tu trouveras grâce auprès du Seigneur» (lecture de Ben Sirac). Il est déjà là le Royaume.

Dans l’accueil des plus pauvres, «pas de trompettes», «pas de feu qui brûle», «pas d’ouragan» qui signalent Dieu (lecture aux Hébreux), mais c’est bien «la montagne de Sion», «la Jérusalem céleste», «la cité du Dieu vivant», que vous avez atteint.