Homélie du 14 janvier 2007 - 2e DO

Les noces de Cana

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Merveilleux évangile des noces de Cana, bien connu de vous tous. Troisième volet, après l’adoration des mages et le baptême reçu de Jean, de ce triptyque de la Manifestation de Jésus et de sa mission universelle de salut.

Premier des «signes» rapportés par S. Jean: il évoque et anticipe l’Heure des noces de sang et de gloire de sa Pâque, et du Festin éternel dans la Gloire.

Un texte très riche, aux multiples lectures possibles.

En ce deuxième dimanche «du temps ordinaire», l’Église nous invite à le lire à la lumière des deux autres passages de la Parole de Dieu que nous avons entendus: la prophétie des épousailles de Dieu avec l’humanité annoncée par le prophète Isaïe; la diversité des charismes et des dons de la grâce qui font, pour S. Paul, la richesse de l’Église C’est cela qui a nourri ma méditation pour aujourd’hui de cet épisode évangélique que je voudrais partager avec vous.

Le dessein de Dieu à l’égard de Jérusalem, de l’Église, de l’humanité et de chacun des hommes est un projet d’alliance intime d’amour et de vie, signifié en terme d’épousailles. «Comme un jeune homme épouse une jeune fille, ton créateur t’épousera. Comme la jeune mariée est la joie de son mari, ainsi tu seras la joie de ton Dieu.» Cette promesse, qui est réalité, s’adresse à chacune et chacun d’entre nous, quelles que soient notre condition de vie, notre situation, notre place dans l’Église et dans le monde.

Et c’est vrai. C’est vrai quand la présence du Christ et la puissance vivifiante de sa grâce illuminent et dynamisent notre vie. Mais c’est vrai aussi quand c’est difficile, quand il n’y a plus de vin, de ce bon vin qui réjouit le cœur de l’homme, que nos réserves ne sont plus que de l’eau incolore, inodore et sans saveur. La lassitude, la tristesse et l’acédie risquent alors de nous envahir et de paralyser notre cœur.

C’est alors qu’il faut s’accrocher à la petite espérance que la foi garde vivante au plus profond de nous-mêmes. C’est là qu’il aller la chercher. Et ne jamais désespérer de la fidélité de l’amour miséricordieux de Dieu. Car sa grâce nous est toujours offerte, ou plutôt donnée. Quelles que soit la pauvreté de nos vies et l’accablement des épreuves, on pourra retrouver alors la saveur de son amour et la joie – encore fragile peut-être, discrète et secrète – d’être aimé et sauvé.

Cela se fait d’abord et surtout dans la prière, la prière pour soi et pour les autres, nos frères, eux aussi éprouvés. Nous retrouvons ici la figure maternelle de Marie, la Mère de Jésus, son exemple et son intercession.

Son exemple: quoi qu’en veuille retenir les interprétations «pieuses», il y a bien quelque chose d’une rebuffade dans la réflexion de son Fils: Quoi à toi et à moi? Mais la Mère ne se laisse pas décourager: Faites ce qu’il vous dira. On pourrait dire qu’elle lui force la main pour qu’il devance son «Heure.» Je pense à cet ami importun dont parlera Jésus et qui à force d’insister finira par obtenir ce qu’il demande…

Son intercession: A Cana, la mère de Jésus était là, comme elle sera là au pied de la croix pour entendre son dernier mot: Voici ton fils. Son amour qui s’ancre au fond de ses entrailles maternelles nous est acquis. Dans son cœur de Mère, elle porte nos soucis et s’en émeut. Elle ne cesse de prier pour nous, avec nous – ou même à notre place! N’omettons pas de nous confier simplement à elle. Soyons en assurés: sa prière, donnant une dimension nouvelle à la nôtre – ou l’exprimant – atteindra le cœur de son Fils qui nous donne avec son Pain la force et avec son Vin la joie nécessaires pour avancer sur cette route où il nous mène vers son Père et notre Père jusqu’au festin des noces de l’Agneau, signifié et anticipé dans ce sacrement de la Pâque que nous célébrons ensemble.