Homélie du 25 décembre 2025 - Nativité du Seigneur - Messe du jour

Noël, notre joie !

par

Daniel Vigne

Jour de fête, frères et sœurs, jour de joie ! Un de ceux que l’Église célèbre depuis des siècles, et dont la société païenne aussi, à sa manière, se réjouit comme d’un jour férié. Jour de fête, parce qu’il y a un peu plus de deux mille ans, le monde a basculé, une ère nouvelle a commencé. En devenant le point de départ du calendrier, l’année de la naissance du Christ a donné un centre à l’histoire humaine, puisque les événements qui ont eu lieu avant lui sont désormais datés en fonction de lui. Comme si tout prenait sens autour de la venue, dans le monde, de cette personne unique.

Il est vrai que ceux qui vivaient avant Jésus-Christ, par exemple Socrate, ne savaient pas qu’ils vivaient avant lui – et ils auraient été bien étonnés de l’apprendre ! Mais si vous demandez quand est mort Socrate, on vous répondra invariablement : en 399 avant Jésus-Christ. Comme si tout ce qui avait précédé la venue du Christ était mystérieusement lié à lui. Comme si l’histoire du monde, sans le savoir, marchait depuis toujours vers cet événement, vers cet avènement.

Il est vrai aussi que pour beaucoup aujourd’hui, Noël est seulement une fête commerciale, folklorique, culinaire ou autre. Ils n’en connaissent pas le vrai sens, qui est la naissance de Jésus-Christ. Et pourtant, de près ou de loin, c’est de lui, de l’enfant-Dieu, qu’une certaine joie leur est donnée. Comme si le monde, inconsciemment, était habité par la venue de cet enfant, de façon inoubliable et ineffaçable. On le voit même en Chine, où Noël est très populaire, bien que dénué de caractère religieux. Et les autorités se méfient de cette fête, de peur que par elle, le christianisme ne s’implante dans les esprits.

Quant à notre pays autrefois très chrétien, il a sans doute perdu de vue ses racines spirituelles, mais il ne peut oublier la beauté de Noël. Et bien qu’ici ou là, on y interdise les crèches au nom d’une laïcité mal comprise, nous avons en France la liberté de célébrer la naissance de Jésus de façon religieuse et publique. Alors ne boudons pas notre chance, frères et sœurs, et bravo à vous d’être venus à l’église aujourd’hui. Ce jour de fête, ne nous en privons pas !

Car vous le savez et le sentez, de lui nos cœurs reçoivent une lumière, une tendresse, une espérance nouvelle. Au creux de l’hiver, au moment où les jours commencent à peine à rallonger, voici que se lève l’Astre du matin, la lumière du monde. Très précisément le 25 décembre, date de l’ancienne fête païenne du Sol invinctus, devenue l’anniversaire de la naissance de Jésus, à juste titre puisque le véritable Soleil invaincu, c’est lui, le Fils unique…

Vraiment unique, à tous points de vue, car demandons-nous ; qui d’autre que Jésus pourrait être désigné comme le centre de l’histoire, l’espoir du monde, l’homme providentiel et surnaturel à qui nous pourrions donner toute notre foi ? À quel penseur, à quel leader, à quel fondateur de religion pourrions-nous faire confiance plus qu’à lui ? Parcourez les siècles, fouillez les encyclopédies, allez dans tous les pays, interrogez toutes les cultures : aucun être humain ne peut susciter notre adhésion et notre amour comme il le fait, lui.

Telle est la merveille de Noël : c’est que Celui dont nous fêtons la naissance n’est pas un personnage du passé, une figure admirable et lointaine. Pas un modèle, mais une présence. Dieu-avec-nous. Et si vous êtes venus à cette messe, ce n’est pas pour une commémoration en son honneur : c’est parce que vous avez goûté sa parole, que vous avez faim de lui, que vous l’aimez personnellement. Noël n’est pas une fête du souvenir : aujourd’hui même, le Christ veut naître en moi et habiter mon cœur pour toujours. Aujourd’hui même, le Verbe veut continuer à se faire chair en chacun de nous.

Vous l’avez entendu dans l’Évangile : il est celui par qui tout a été fait, la vraie lumière qui éclaire tout homme et qui donne le pouvoir de devenir enfants de Dieu. Il ne vient pas dans le monde pour énoncer des théories, mais pour nous communiquer sa vie. Lui, le Fils de Dieu, il nous appelle à partager sa relation intime et filiale avec Dieu. Tel est l’effet de cette fête, frères et sœurs : quand nous prenons dans nos bras l’enfant de la crèche, c’est lui qui nous prend dans son cœur. Quand nous regardons vers lui, c’est lui qui nous regarde et nous transforme.

Il est plein de grâce et de vérité, disait encore le Prologue de saint Jean, texte solennel qui est lu chaque année le jour de Noël. Après les récits de Matthieu ou de Luc, lus à la messe de minuit, ce texte inspiré nous fait entrer en profondeur dans le mystère de l’Incarnation. Il nous dit : l’enfant de la crèche, voyez d’où il vient ! Il est le Verbe qui était au commencement auprès de Dieu et qui est Dieu. Celui que Marie porte sur son sein, c’est le Fils éternel du Père.

Nous le dirons ensemble dans quelques instants : « Il est Dieu, né de Dieu, lumière née de la lumière, vrai Dieu né du vrai Dieu », puis en nous inclinant avec beaucoup de respect : « pour nous les hommes et pour notre salut, il descendit du ciel », et la suite. Vous le savez, ces mots nous viennent du Concile de Nicée, dont nous avons fêté le 1 700e anniversaire cette année. Quelle force ils prennent en ce jour de Noël ! Et comme il est bon de les confesser, non du bout des lèvres, mais du fond du cœur et d’un seul cœur.

Oui, jour de fête. Célébrons-le avec joie, frères et sœurs, en priant le Seigneur de soutenir les petits que nous sommes. Célébrons-le avec foi, en le suppliant de nous montrer son visage et de nous donner sa paix. Il le fera, lui qui est bon et ami des hommes.

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