Homélie du 1 novembre 2001 - Fête de la Toussaint

«Parvenir à la sainteté»

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Nous sommes réunis pour fêter tous nos saints qui nous ont déjà précédés vers la maison de Dieu. Si l’Église nous propose cette vision de gloire, c’est non seulement pour fêter tous les saints, mais c’est aussi pour nous donner un avant-goût d’éternité, pour nous faire vivre dans l’espérance de la vision béatifique au-delà de la mort et dans l’espérance de la résurrection de nos pauvres corps mortels.

Pour chaque discipline, vous le savez, il y a une méthode à suivre: ainsi un sportif qui veut gagner une compétition devra s’entraîner régulièrement. Il faut prendre les moyens les plus efficaces pour atteindre l’objectif visé.

Comment ces saints, ces athlètes de la foi que nous fêtons aujourd’hui, ont-ils pu parvenir à la sainteté? Et pour nous qui sommes encore sur cette terre, comment devons-nous nous préparer pour répondre à l’appel de l’Église qui nous invite à vivre dans la sainteté? Deux exhortations dans l’Évangile que nous venons d’entendre peuvent nous éclairer. Premièrement, les doux obtiendront la terre promise. Deuxièmement, les cœurs purs verront Dieu.

Réfléchissons un peu sur la première exhortation: Les doux obtiendront la terre promise. Souvenez vous de ce que dit l’Évangéliste Jean dans l’Apocalypse «si vous êtes ni froid ni chaud je vous vomirai» (Ap 3,16). Les saints ont consacré leur vie à écouter la Parole de Dieu, mais aussi à la mettre en pratique. Beaucoup parmi ces saints furent des martyrs, témoignant par leur mort du Dieu vivant et vrai, offrant leur vie en sacrifice pour défendre la vérité divine telle qu’elle nous est transmise par l’Église. Nous avons un chemin à suivre pour aller vers Dieu, c’est le chemin de l’écoute. Un disciple, c’est quelqu’un qui suit son maître; nous aussi, suivons nos pères dans la foi qui ont mission de nous éclairer par leurs exemples et leurs enseignements. Que le Seigneur soit à la première place dans toute notre vie, qu’il occupe toutes nos pensées et toutes nos actions. Ainsi, notre cœur sera disponible pour écouter et mettre en pratique l’enseignement de nos pasteurs. Dans la première lecture, saint Jean nous présente une extraordinaire vision, la vision d’une foule immense. Cette foule, c’est aujourd’hui qu’elle est réunie: tous les saints ont été convoqués à notre liturgie. Les saints sont parmi nous, présents, et présents invisiblement. Par leur présence, cette fête qui est leur fête est aussi notre fête. Oui, déjà ici-bas, nous pouvons demander humblement à Dieu de nous faire passer de cette table, où il nous reçoit en pèlerins, au banquet préparé en sa sainte maison. Mais il nous faut de la patience, pour espérer des choses que nous ne verrons pas dès ici-bas. Souvent, dans nos prières de demande, nous faisons du mal à Dieu à cause de notre impatience. Les saints nous apprennent cette patience: ils avaient la foi en Dieu, leur confiance était assurée dans la Parole divine. La Vierge Marie, disait à l’Ange Gabriel: «Que ta volonté soit faite selon la Parole de Dieu». Oui, avec le concours de l’Esprit-Saint qui nous donnera le don de l’espérance et de la patience, nous aurons une foi comme la Vierge Marie qui est reine de tous les saints. En gardant nos lampes allumées, nous pourrons espérer accéder à la porte éternelle au dernier jour. Les saints, ce sont des personnes qui, pendant toute leur vie, ont pu garder leur lampe allumée, c’est-à-dire qu’ils étaient des instruments de Dieu, disponibles aux appels de l’Esprit pour accomplir son projet et le projet de Dieu, c’est que tout le monde soit sauvé au dernier jour. Les saints sont des modèles pour nous qui sommes encore en pèlerinage sur cette terre. Ils ne furent pas des gens passifs, mais des gens actifs, y compris les plus grands mystiques, en répondant toujours «présent» à l’appel de Dieu. Maintenant ils sont des témoins de la grandeur divine, un Dieu qui ne ment pas lorsqu’il nous promet quelque chose. Nous devons nous greffer sur eux pour garder notre foi comme ces saints qui ont passé toute leur vie sur cette terre en cultivant une foi infaillible.

Frères et sœurs, venons en maintenant à la deuxième exhortation: «Les cœurs purs verront Dieu».

«Je suis la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole» (Lc 1, 38), répond Marie à l’Ange. Les saints, ont mis toute leur confiance en Dieu. Comme Marie, ils n’ont pas douté de la promesse de Dieu; ils se sont livrés totalement entre les mains de Dieu. Avoir un cœur pur, ce n’est pas une chose que nous pouvons nous procurer avec de l’argent, cela ne consiste pas non plus à être reconnu par les autres et à recevoir des honneurs. C’est tout simplement la disposition de nos cœurs avec l’aide de l’Esprit-Saint à l’appel de Dieu. Oui, tous les saints ont un cœur pur, une pureté qui a grandi dans la foi et dans la charité. Frères et sœurs, nous croyons que tous les saints vivent désormais auprès de Dieu, contemplant éternellement Sa divine beauté et adorant Sa glorieuse majesté. Pour voir Dieu tel qu’il est, il faut se préparer à cette rencontre. Par Moïse, Dieu a donné les dix commandements, c’est-à-dire la Loi. Avec la venue de son Fils, il nous a donné un commandement nouveau, le commandement de l’amour comme chemin pour parvenir à la sainteté. Les saints ont choisi le chemin de l’amour vrai et gratuit; ils ont été vraiment libérés de tout souci personnel par l’amour de Dieu et celui de leurs frères. Pour les saints, ce n’était pas leur vie qui était mise au premier rang, mais d’abord le salut des âmes, ils pouvaient dire comme saint Paul «Ce n’est plus moi qui vit, c’est le Christ qui vit en moi». Les saints intercèdent pour nous auprès de Dieu pour que nous aussi nous participions un jour à ce bonheur céleste auquel Dieu appelle tous ceux qui vivent selon l’esprit des Béatitudes. La bonté d’un saint n’est que le pâle reflet de la bonté infinie de Dieu. Si les saints eurent un cœur pur, c’est parce qu’ils avaient été sauvés par le Christ, parce qu’ils étaient nés de son côté ouvert. C’est pourquoi le lieu par excellence de la communion avec les saints est l’Eucharistie. Il n’y a pas d’eucharistie où nous ne fassions mémoire des saints, parce qu’il n’y a pas d’eucharistie où nous ne soyons étroitement unis à l’Église du ciel.

Oui, les saints, nos athlètes de la foi à cause de leur douceur et de leur cœurs purs ont atteint la terre promise et ils ont vu Dieu. Frères et sœurs, dès aujourd’hui nous devons nous préparer pour vivre ce grand jour qui est de voir Dieu face à face. Amen!

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