Homélie du 21 septembre 2003 - 25e DO

Programme d’année

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En ce début d’année paroissiale où nous avons à bâtir un programme, nous cherchons de nouvelles idées. Que faire? Voilà la grande question qui se pose à nous pour répondre à notre mission. Et si au lieu de vouloir toujours inventer, toujours faire du neuf, nous nous mettions simplement à l’écoute de la Parole du Seigneur. L’évangéliste Saint Marc, que nous venons d’entendre, vient de nous donner tout un programme d’année en nous confiant trois paroles de Jésus.

Tout d’abord, Jésus annonce sa Pâque prochaine «Le fils de l’homme est livré aux mains des hommes; ils le tueront et, trois jours après sa mort, il ressuscitera». Toute notre année est tendue vers Pâques. Toute notre vie trouve son sens dans la réalité de la résurrection. «Si le Christ n’est pas ressuscité», dit Saint Paul «vaine est notre foi». Cette vie terrestre, aussi belle soit-elle, peut être frappée, touchée, meurtrie voire en son paroxysme, anéantie. Et alors plus rien n’a de sens, plus rien n’a de réalité que cette douleur extrême, insurmontable. La résurrection, qui n’est pas un discours mais un fait, une réalité, nous redonne ce sens perdu. La mort n’est pas une fin, c’est un passage vers un au-delà, déjà mystérieusement présent ici-bas. Que toute notre vie soit tendue vers Pâques:
-* notre vie en église avec ceux et celles, en les rejoignant peut-être, qui annoncent la Parole de Jésus: les catéchistes, les formateurs; avec nos Catéchumènes et nos Confirmands en les accompagnant de notre prière et de notre soutien.
-* notre vie familiale en ranimant la prière de la famille, du couple, en mettant le Seigneur au cœur de nos maisons.
-* notre vie quotidienne. Que tout ce que nous faisons, le soit pour la gloire de Dieu soit autrement avec notre Père Saint Dominique que notre agir puisse s’exprimer ainsi «Parler de Dieu ou à Dieu».

La seconde parole commence par une question: «De quoi discutiez-vous en chemin?» Quelle honte! Voilà que ces colonnes sur lesquelles va reposer l’Église, voilà que ces héros de la foi qui mourront martyrs comme leur maître et Seigneur, voilà que les Apôtres se disputent sur la route pour savoir qui d’entre eux est le plus grand! Saint Marc aurait pu taire ce détail, tellement humiliant pour les Douze. Pourtant il le garde, pour attirer notre attention sur une difficulté constante de la vie spirituelle: la récupération de soi. Quelle que soit son expérience spirituelle, on est tenté de ne pas se donner totalement. On recherche toujours son profit, son intérêt, son avantage. On calcule, on mesure, on évalue. Et puis surtout, on se compare les uns aux autres: soit pour voir si on fait mieux, soit pour se décourager de ne pas faire assez: c’est la source de tant de maux. Le Christ nous invite à nous mettre au service les uns des autres. Chacun est invité à voir l’autre comme plus grand que lui. Plus qu’une invitation, c’est un commandement! Dans quelle mesure vais-je me tourner vers les autres, tous les autres? Non pas seulement ceux que j’aurais choisis (seraient-ils très pauvres et très petits) mais également ceux que le Seigneur m’envoie. Ceux qui me dérangent et qui bouleversent mes plans. Notre communauté paroissiale ne s’est pas choisie, nous sommes réunis autour du Christ qui nous rassemble. Et si au nom de Jésus, nous commencions par là? Et si l’on pouvait dire en nous voyant, nous, notre communauté paroissiale: «Voyez comme ils s’aiment!»

Enfin, cette troisième parole non moins surprenante: «celui qui accueille en mon nom cet enfant, c’est moi qu’il accueille. Et celui qui m’accueille, accueille mon Père qui m’a envoyé». Un véritable enchaînement d’accueils. Pour accueillir le Christ, Lui qui se livre dans les Écritures, dans les sacrements… Et pour accueillir le Christ, il faut accueillir l’Esprit qui est si mystérieusement, mais si réellement présent dans l’autre, en tant qu’il est un enfant. Humble, pauvre, démuni, tel est l’enfant que Jésus prend pour modèle. Lui, Jésus, qui ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu mais qui s’est anéanti, pour nous faire découvrir l’amour infini de Dieu. Nous sommes trop occupés par nous-mêmes. Dieu frappe à notre porte, comme un enfant: s’il y a trop de bruit dans la maison, on ne l’entendra pas. Il s’accroche même à nous comme un enfant, garderons-nous toujours la tête ailleurs?

Voilà, à l’écoute de la Parole, de quoi bâtir notre projet: Dieu nous demande un peu d’affection, lui qui nous aime déjà tellement comme un enfant sait aimer.

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