Homélie du 31 juillet 2005 - 18e DO

Rien ne peut nous séparer de l’AMOUR de DIEU en Jésus Christ!

par

fr. Bernard Autran

Après son enseignement en paraboles, Jésus Se rend à Nazareth, récit plus développé en Saint Luc. Il y est mal reçu. Si Dieu règne en nous, nous cherchons à faire la joie les uns des autres. Mais qui essaye de s’y employer au milieu de l’égoïsme du monde pécheur rencontre la contradiction. C’est arrivé à Jésus. Il nous le fait comprendre, à sa suite, c’est à ce prix qu’Il nous appelle à faire pénétrer l’Amour de Dieu chez nous!

Puis Il apprend qu’Hérode a fait périr Jean Baptiste. Ne risque-t-Il pas de subir le même sort? Il ne refusera pas de donner sa vie, mais l’heure n’est pas venue. Il Lui faut d’abord annoncer la Bonne Nouvelle et former ses disciples. Il met le lac entre Lui et la police d’Hérode. Marc situe l’événement après la première mission des Apôtres. Alors tant de gens les entourent qu’ils n’ont même plus le temps de manger. Il décide donc de s’écarter et de gagner un lieu désert pour y trouver un peu de calme. N’est-ce pas le sens qu’il nous est bon de donner à nos vacances: une part de repos bien nécessaire, mais plus profond, un temps de silence, de réflexion, de prière? Aujourd’hui Il veut offrir cela aux siens.

Mais cela ne réussit pas: les gens les rejoignent! N’est-ce pas un signe? Il est venu Se faire un Homme comme nous. S’Il jouit d’une connaissance mystique très profonde, si, au-delà de ce qui a été accordé à bien des saints, il pénètre les secrets des cœurs, Il ne sait pas tout, ne connaît pas tout! Mais en son Humanité transparaît Son immense Amour de Fils de Dieu, reflet de Celui de Son Père. Aussi Se donne-t-Il tout entier en la merveilleuse attention en laquelle Il S’adapte aussitôt à la situation de ceux qu’Il rencontre!

Au vu de cette foule, Il est saisi de pitié et guérit les infirmes. Au-delà de ce soulagement physique, Saint Marc relève qu’Il prenait en pitié ce dont ils souffraient dans leurs cœurs. Il les enseignait longuement. Qu’Il ait commencé ainsi à témoigner de la générosité du Père à leur égard est bien caractéristique. Avant la nourriture du corps, Il réalisait ce qu’annonçait Isaïe: « Vous tous qui avez soif, voici de l’eau … achetez vin et lait sans argent … mangez de bonnes choses … Je ferai avec vous une Alliance perpétuelle! » Si Le Seigneur veille sur nous et nous protège en ce qui concerne notre vie corporelle, ce à quoi Il tient par-dessus tout est de nous aider à grandir en la Vie d’Alliance avec Lui. Nous pouvons compter sur Sa Sollicitude!

Mais le Signe qu’Il va accomplir nous fait sentir l’Ardeur avec laquelle Il veille sur nous. Il va manifester l’attention et la générosité de Dieu en cette fête qui les comblera d’une nourriture abondante. Mais remarquons d’abord comment Il s’y prend. Il ne crée pas le pain ni n’en transforme des pierres! Mais comme Il le fera ensuite par son Église, c’est aux siens qu’Il fait l’honneur d’être les serviteurs de son grand dessein! « Donnez-leur vous-mêmes à manger! » Impossible de le faire avec le peu dont ils disposent? Pourtant, de ce peu, ils se dessaisissent, mettent à sa disposition les cinq pains et les deux poissons. Et Sa Bénédiction les multiplie au point que tous, dans cette grande foule, peuvent manger à leur faim! Et il en reste!

À ce moment de l’année prochaine nous lirons tout au long le chapitre 6 de Saint Jean. Il y donnera le sens de son geste: l’abondance de Pain en ce jour en annonce une autre, celle de celui qui deviendra Son Corps, le Vin, Son Sang. Ce Mystère de l’Eucharistie lèvera un coin du voile sur l’extraordinaire Réalité de la Nouvelle Alliance. Qui mangera la chair du Fils de l’Homme, boira Son Sang aura la Vie éternelle, et Lui le ressuscitera au dernier jour! Il n’est pas un simple fondateur de religion. Cela, Il en confiera la charge aux siens. Il ne suffira pas de L’écouter, de Le suivre, il faudra se nourrir de Lui, se laisser animer de Sa Vie, de l’Amour qu’Il aura vécu jusqu’à la croix, ainsi participer déjà à la Splendeur de Sa Vie nouvelle de Ressuscité!

C’est le Don fondamental dont Il nous comble. Par le Baptême, Il nous a plongés dans le « Nom », c’est-à-dire l’abîme, le Feu d’Amour dans lequel Le Père, Le Fils et L’Esprit Saint Se donnent mutuellement. Notre vie présente n’est que la graine d’où doit germer un grand arbre, l’apprentissage de ce en quoi nous nous réjouirons mutuellement illuminés par le Visage radieux du Père. En cette année de l’Eucharistie, réalisons mieux que c’est surtout quand nous nous assemblons en Église que Le Christ fait grandir en nous cette Vie Nouvelle en nous nourrissant de Lui! Avec Lui, malgré notre faiblesse et notre égoïsme apprenons à faire le premier pas vers nos frères, même s’il doit nous en coûter! C’est ainsi que nous faisons grandir Son Corps qui se constitue de ceux que Son Amour soude entre eux par le service mutuel, et prépare à l’immense Joie!

N’est-ce pas ainsi que se réalise ce qui émerveillait Saint Paul: Qui pourra nous séparer de l’Amour du Christ? A travers toutes épreuves, nous savons que, vivant de Lui nous sommes les grands vainqueurs grâce à Lui qui nous a aimés. Alors, laissons-nous entraîner par la joie de sa certitude: Ni mort, ni vie, ni présent ni avenir, rien ne pourra nous séparer de l’Amour de Dieu qui est en Jésus Christ notre Seigneur!