Homélie du 28 juin 2015 - 13e DO

Saint Irénée évêque et martyre

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Deux femmes : l’une au début de sa vie de femme et l’autre menacée d’être à la fin de sa vie de femme ce qui les réunit toute les deux c’est une sorte de mort. Cela semble le cas.

Marc nous parte du toucher de Jésus, il touche la petite, et l’autre, c’est elle qui le touche, très discrètement, un petit rien, seulement la frange de son vêtement, et elle est guérie.

C’est l’histoire de l’anonymat dans lequel nous voulons emprisonner les gens surtout les femmes, ceci je le sens d’autant plus fort, que je viens d’une région où on fait très grand cas du voile de femme, c’en est devenu hystérique chez certains. L’anonyme est inutile, il ne dispose d’aucun levier. ll est réduit à la marge de la société, on ne fait pas appel à lui pour contribuer à la construction du monde, il n’a pas les moyens de dire non, la charité ne peut accepter l’anonymat, c’est l’ennemi de la communauté. Mais la réalité est tout autre, rien n’est anonyme, tout à sa particularité il n’y a pas deux feuilles d’arbre qui se ressemblent. Dieu n’aime pas travailler en série.

La communauté, en fait il y a deux genres de communautés, la communauté des vivants et celle des croyants. Par la première nous essayons de comprendre le mystère de la création, le grand mystère de la vie, encore si peu cerné, mais cette communauté est essentielle, incontournable. Dieu le Créateur nous y met pour notre bonheur et notre fertilité, « croissez et multipliez-vous ». La vie est une voie en marche, une vérité qui foisonne à tout instant devant nous.

Mais il y a une autre communauté, c’est celle des croyants, elle aussi à une Voie, une Vérité et une Vie, c’est par Jésus que nous la connaissons, c’est lui-même, en personne.

Dans cet évangile, nous apercevons comme en filigrane, les deux images juxtaposées. Quand la vie va tout va, c’est comme l’appétit. La femme adulte hémorroïsse, est guérie, la petite est ramenée à la vie, les deux par le toucher de son corps et la parole de sa bouche; Jésus exprime par-là les deux vérités, II les transporte de la première communauté des vivants à la seconde, celle des croyants.
C’est ça la messe : on ne le touche pas seulement, on l’écoute et on l’absorbe, pour qu’il parle par nous, nous sanctifie et rende tout ce que nous touchons saint, beau et vivant. Serviteurs de la vie unissez-vous !

C’est la fête de St Irénée évêque et martyre, célèbre par cette phrase : « La gloire de Dieu c’est l’Homme vivant ».