Homélie du 31 mars 2002 - Jour de Pâques

Si le Tombeau est vide, où est le Christ?

par

Avatar

En ce matin de Pâques, après la nuit que nous venons de passer, le signe qui doit nous réveiller, celui qui éveille certainement notre foi c’est un tombeau vide.

«Christ est ressuscité, Il est vraiment ressuscité» avons-nous professé, et il n’y a, en ce jour, rien à voir!

En ce matin du premier jour de la semaine, tels Marie-Madeleine, Pierre et le disciple que Jésus aimait, quels sont nos sentiments à la lecture de l’évangile que nous venons d’entendre? Marie-Madeleine, portant parfum et aromates, soucieuse en courant vers le sépulcre. Comment vais-je accéder au corps mort de Jésus pour finir de l’embaumer? Quel a été son sentiment quand elle voit le tombeau ouvert mais vide! Sa première pensée est de se dire: «On a enlevé le corps et je ne sais pas où on l’a mis», Marie-Madeleine s’interroge et ne comprend pas.

Et quels furent les sentiments de Pierre et de l’autre disciple, celui que Jésus aimait, quand il courait vers le sépulcre? Eux non plus ne comprennent pas. Le récit de Marie-Madeleine n’est pas logique! Il y a quelque chose qui ne va pas. Ils courent donc vérifier. Ils s’attendaient à voir un mort bien présent et les voilà devant une absence qui les renvoie à une mystérieuse présence, En parlant du compagnon de Pierre, l’évangéliste précise: «Il vit et il crut».

Et nous, Frères et Sœurs, quels sont nos sentiments en ce matin de Pâques?

Le signe d’aujourd’hui, c’est le tombeau vide. Où est-il maintenant le Christ ressuscité?

Passé par la mort, Il est avec Dieu et en Dieu en même temps qu’il est avec nous.
Il est aussi en nous si nous vivons avec Lui et en Lui.

Il est aujourd’hui avec Dieu et en Dieu: Il a quitté sa condition terrestre mais sans abandonner, le moins du monde, son humanité. Lui, «le Chemin, la Vérité et la Vie», Il s’est donné lui-même pour tous les hommes jusqu’au dernier jour, là où Il établira son règne dans le monde nouveau. Un monde nouveau: le royaume de Dieu que nous savons déjà mystérieusement présent au milieu de nous.

Il est aussi avec nous et en nous: par son Esprit qui nous donne, dès ici-bas, un avant-goût de cette vie. Vivre ici-bas de la vie du Christ, c’est suivre son exemple et obéir à son commandement: «Aimez-vous les uns tes autres comme je vous ai aimés». Cet amour nous unit dans le Corps du Christ; il fait que tous vivent de la vie même qui est la sienne. Car avec saint Paul, nous pouvons dire: «Ce n’est pas moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi».

Le Corps du Ressuscité ne se donne pas à voir. Il se donne à croire. Ce n’est pas aux yeux qu’il s’adresse: le tombeau est vide. Mais au cœur! Marie-Madeleine, Pierre et l’autre disciple et nous tous avons reçu en ce jour une joie intime, profonde, indicible, qui ne nous quittera jamais. C’est cette joie que chante notre liturgie, celle qui anime toute notre vie et qui tient en une phrase: par sa Résurrection, le Seigneur a vaincu la souffrance et la mort.

Alors que nous étions dans les ténèbres, la nouvelle descend du ciel et jaillit au milieu de nous:

[| le Christ est Vivant, ALLÉLUIA .|]

Avatar

par