Dimanche dernier, les disciples demandaient à Jésus : « Pourquoi parles-tu en paraboles ? »
Il avait répondu : « Parce que ce peuple s’est bouché les yeux et les oreilles, de peur que leurs yeux ne voient et que leurs oreilles n’entendent, de peur que leur cœur ne comprenne, et qu’ils finissent par se convertir. »
Les paraboles sont donc d’abord la réponse de Jésus à la mauvaise foi de tant de personnes.
Au fait, que dire à un ami qui nous demanderait conseil en face de gens de mauvaise foi ?
On lui dirait : « Coupe court, laisse tomber, tu perds ton temps. » Et ce conseil serait sage.
Mais Dieu agit autrement, car Il ne s’est pas incarné, Il n’est pas devenu semblable aux gens pour les ignorer quand Il les rencontre, même s’ils sont de mauvaise foi…
Jésus, qui veut que tout homme soit sauvé, qui est venu pour les malades, qui a pitié de ses frères, Jésus veut parler à tout le monde, y compris à ceux de mauvaise foi.
D’où ces paraboles, petites histoires à propos de très grandes choses.
Tout y est dit par Jésus, et pourtant tout reste voilé : à l’auditeur de tirer la conclusion.
Les disciples en fournissent un bel exemple, voyez plutôt…
– Dimanche dernier, on entendait la parabole du semeur, qui envoie la semence sur quatre terrains.
C’était la toute première fois que les disciples entendaient une parabole, donc ils interrogent Jésus, qui la leur explique en détail.
– Aujourd’hui, trois paraboles, une grande et deux petites. Les disciples demandent un éclaircissement, et Jésus revient sur chaque détail.
– Dimanche prochain, encore trois paraboles, et aussitôt Jésus dira : « Avez-vous compris ? » Ils répondront : « Oui ! » Preuve qu’un peu de bonne volonté suffit pour y arriver facilement.
Autre chose : on précise que « Jésus ne disait rien aux foules sans parabole », et ce, dans le but de révéler « les choses cachées depuis la fondation du monde ».
À la différence de nombreux autres enseignements, destinés aux seuls disciples, les paraboles sont donc destinées à tous les publics, et, de plus, se concentrent sur l’essentiel : le salut de l’humanité et l’avènement du Royaume. En un mot, elles sont le concentré de l’Évangile.
Dimanche dernier, Jésus expliquait l’échec fréquent de l’évangélisation par l’action combinée du Mauvais et de la lâcheté humaine si fréquente. Aujourd’hui, il explique l’échec apparent du Royaume ici-bas par l’action du Mauvais et de ses fils, autrement dit Satan et son équipe.
À ce stade, certains gémissent : « Oh, que ce langage est dur ! Qui accepte de l’entendre ? Jésus, arrête de parler ainsi, sinon nous arrêtons de te suivre ! »
Mais lui leur a déjà répondu… Quand il s’agit de choses secondaires ou contingentes, il faut bien sûr être nuancé et accepter une diversité d’opinions ; mais quand il s’agit de l’essentiel, il faut choisir : « Que votre oui soit oui, et que votre non soit non. » Choisir est indispensable pour repousser Satan, le Menteur frénétique, le Menteur compulsif, qui rôde en permanence.
Il était d’ailleurs à Paris ces jours-ci, pour soutenir une loi votée à l’Assemblée, affirmant que l’euthanasie est une mort naturelle, et qu’on punira ceux qui oseraient prétendre le contraire ! Comme disait Goebbels à propos du mensonge : « Plus c’est gros, mieux ça passe. »
Ah, Satan, toi et ton équipe, vous êtes champions du monde du mensonge et du meurtre.
Un dernier mot sur cette parabole, qui parle de l’ivraie : en avez-vous déjà vu ou touché ?
Savez-vous que, depuis 12 000 ans qu’existe le blé, son grand ennemi, c’est l’ivraie ?
Pour nos ancêtres, l’ivraie était le prototype de la mauvaise herbe qui résiste à tout.
Il faut donc savoir sur elle deux ou trois choses…
1. L’ivraie adore pousser dans les champs de blé, et l’empêche de bien pousser.
2. L’ivraie est immangeable, sauf pour de rares animaux.
3. L’ivraie abrite dans ses feuilles un parasite, un champignon neurotoxique.
4. Si tu en manges, tu auras vite maux de tête et vertiges (d’où son nom, tiré du mot ivresse).
5. À la récolte, si le tri est mal fait, il suffit de 10 % d’ivraie restant dans la farine de blé, pour que cette farine ne puisse plus lever, donc qu’on ne puisse plus faire de pain.
6. Il y a 3 000 ans, la loi punissait sévèrement ceux qui semaient l’ivraie dans les champs de céréales, afin de se venger de leurs voisins ou de les ruiner.
Bref, on savait que l’ivraie est une peste permanente, dont il est impossible de se débarrasser.
C’est pourquoi, quiconque entend cette parabole comprend ce qu’est le cœur de l’homme, ce qu’il a toujours été et sera toujours : un mélange de bien et de mal, un amalgame de vice et de vertu, un mix de lumière et de ténèbres, de bon grain et d’ivraie.
Surtout, c’est le plus important, il comprend que Dieu accepte ce mélange et n’en changera pas.
Frères, voilà la principale vérité : Dieu, le seul vrai, le Dieu de Jésus-Christ, accepte que le mal existe et agisse, partout dans notre monde et jusqu’en chacun de nous.
Il le tolère pour un certain temps, jusqu’à la récolte finale, dit-il, qui est le Jour du jugement.
Et pourquoi Dieu tolère-t-il le mal, puisque le mal est son contraire absolu ?
Pour une seule raison : parce qu’Il est Tout-Puissant.
Et quand on est le Tout-Puissant, on est aussi le Tout-Patient. Normal que nous ayons du mal à l’accepter, car seul Dieu est ainsi ; certainement pas le Diable, et nous autres encore moins !
Et si, par malheur, tu n’acceptes pas cette vérité, alors tu deviendras vite un accusateur de Dieu et Lui reprocheras son impuissance devant le mal.
Mais ce dieu que tu accuses, qui est-ce ? C’est un dieu qui te ressemble, un dieu à l’image de l’homme, certainement pas le Dieu de Jésus-Christ, découvert un peu dans la parabole.
Seigneur, nous avons entendu ta parabole, nous la comprenons, qu’attends-tu de nous ?
Faire pousser le bon grain ? Bien sûr que non, puisque c’est son travail à Lui !
Arracher l’ivraie ? Bien sûr que non, puisque ce sera un jour le travail des Anges !
Ce que tu attends de nous est à notre portée : d’abord préparer notre terrain, notre bonne terre ; ensuite combattre l’ivraie : nous ne pouvons pas la déraciner, mais nous pouvons l’empêcher de tout envahir ; enfin et surtout espérer la récolte en te faisant une confiance absolue.