Homélie du 7e DO - 19 février 2006
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«J’en prends à témoin le Dieu fidèle» s’exclame saint Paul. Oui, il est fidèle à ses promesses le Dieu Vivant et Vrai, c’est-à-dire à son dessein éternel et bienveillant. En effet, ce qu’il veut de toute éternité, c’est faire de nous des fils adoptifs, en ce sens, saint Paul dit que nous sommes des prédestinés. Cette fidélité de Dieu à ses promesses de grâce n’est pas autre chose que la mise en œuvre de son amour prévenant et gracieux. Amour de Dieu pour lui-même car c’est en lui et pour lui que nous sommes aimés sans aucun mérite de notre part, par un effet de sa pure générosité. Il nous aime non parce que nous sommes dignes de son amour mais en raison de son amour à Lui. C’est Lui qui nous rend aimable; c’est lui qui nous rend digne de son amour, car nous sommes le fruit d’un amour prévenant et bienveillant qui veut nous associer à Lui. Il nous aime bien pour nous-mêmes mais afin que nous soyons à Lui pour sa Gloire qui devient ainsi la nôtre. Dieu fait grâce et la redouble par miséricorde car nous sommes des pécheurs. Cet amour divin se fait miséricordieux. Nous étions aimés dans le Fils unique, nous le sommes encore dans le Fils incarné, le Verbe fait chair. L’amour de Dieu ne change pas, sa fidélité demeure malgré notre péché. Son amour se fait pardon, son oui premier à sa créature devient pour nous un oui redoublé et sauveur. Il pardonne toutes les révoltes de l’homme à cause de lui-même, à cause de la fidélité à ses promesses, à son amour qui est de toujours à toujours, amour pour lui-même que rien ne peut altérer et qui ne peut jamais défaillir.

Cet amour fidèle s’est fait pardon dans le Christ par qui nous avons obtenu, par pure miséricorde, le pardon des péchés, la guérison de nos âmes dont la guérison du corps est le signe tangible dans l’évangile. Ce pouvoir du Christ est le pouvoir de Dieu. Ce pouvoir se prolonge dans son église par le ministère du prêtre qui représente le Christ lorsque nous recevons aussi souvent que nécessaire, aussi régulièrement que possible le pardon des péchés dans le sacrement de pénitence. Oui, «nous n’avons jamais vu rien de pareil».

La preuve! Il nous a donné son Esprit Saint qui habite en nos cœurs par la grâce. Cet Esprit de sainteté est aussi celui en qui le Christ nous remet tous nos péchés et par qui nous pouvons mener la vie nouvelle d’enfant et de fils de Dieu. L’Esprit du Père et du Fils est à l’œuvre dans nos âmes à chaque fois que l’amour de Dieu et du prochain se fait plus insistant, plus fort et plus puissant, plus généreux. Et l’eucharistie que vous allez recevoir avec foi, si vous êtes bien disposés, déposera en vous un germe supplémentaire d’amour, elle le renouvellera, l’accroîtra. C’est bien dans l’eucharistie que Dieu se donne, se livre à notre cœur pour le purifier et le dilater aux dimensions de la charité du Christ. L’amour de Dieu pardonne à celui qui revient avec un cœur contrit, l’amour de Dieu se donne à celui qui le reçoit avec humilité. Au oui de Dieu répond, doit répondre, le oui de l’homme pécheur repentant, le oui de l’homme qui désire Dieu, l’amen de celui qui croit et espère en Dieu seul.

C’est Dieu qui nous a aimé le premier, qui nous précède en toutes nos démarches, qui prévient notre oui, le rend possible et le soutient. Ce oui, cet amen est un consentement, un acte de foi en Dieu qui pardonne nos péchés, nous élève à Lui. Ce oui, cet amen est une reconnaissance de notre dépendance, de la splendeur de Dieu, de sa grandeur et de sa gloire, car c’est lui qui nous a consacrés par sa grâce en faisant de nous des justes et des fils. «Nous n’avons jamais rien vu de pareil&», nous n’avions jamais entendu rien de pareil. Ce oui, cet amen est le signe de notre admiration et de notre louange comme de notre action de grâce. Ce oui de notre foi se prolonge et s’incarne dans toute notre vie. Notre réponse consiste par grâce et jamais sans elle, «à conformer nos paroles et nos actes dans une inlassable recherche des biens spirituels» comme le disait la collecte de cette messe. Chercher Dieu, chercher à faire la volonté de Dieu en toute chose, c’est-à-dire ce qui lui plaît, lui est agréable, à faire le bien avec le secours de l’Esprit Saint, à vivre dans la vérité et aimer Dieu et notre prochain comme nous-mêmes dans notre vie de famille, de travail, dans nos rapports sociaux, dans nos engagements politiques et nos activités culturelles. Comme le Christ, nous pouvons contribuer à guérir les cœurs blessés, nous avons à pardonner bien des offenses. Nous en appelons à la puissance de la grâce de notre Dieu qui nous en rend capable à son image. Car alors c’est de nous comme du Seigneur qu’il sera dit: «oui vraiment, nous n’avons jamais rien vu de pareil».

Amen!