Homélie du 20 janvier 2002 - 2e DO

« Soyons des témoins »

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Dans une société de consommation c’est le temps présent qui compte. Nul n’a besoin d’aide, ni encore moins de conseils. Bien au contraire, nous pensons que tout est à notre portée et que tout s’achète, c’est le moins que l’on puisse dire. Bien trop souvent, nous fermons les yeux sur les choses fondamentales qui doivent constituer la vie d’un chrétien. Nous ne sommes pas assez attentifs. Dieu parle. Écoutons-nous ? Nous passons de solennité en solennité et aujourd’hui nous voici déjà dans le deuxième dimanche du temps ordinaire. Ordinaire qui ne veut pas dire temps secondaire, ou temps de moindre importance. Loin de là ! Nous entrons dans la semaine inaugurale, c’est- à- dire dans la période ou Jésus commence son ministère. Et justement, on nous parle de Jean-Baptiste. Pour bien saisir le message que Dieu a confié à Jean pour son peuple, il faut se poser la question suivante : Jean a t-il encore sa place ? Dieu a choisi un homme, Jean-Baptiste sanctifié dès le sein de sa mère, comme instrument, précurseur de la venue, médiateur de son peuple, voix qui crie dans le désert. Avec nos yeux humains, nous avons tendance à dire : Dieu, n’est- il pas tout puissant ? Pourquoi a- t- il choisi Jean, un humain, comme précurseur ?

Il y a quelques semaines à peine nous fêtions la Nativité de Jésus-Christ notre Sauveur. Cette naissance, modèle d’humilité, a été annoncée par les anges. Puis le silence s’est établi autour de Jésus, pendant que Jean, dès sa plus tendre enfance, se préparait à sa mission dans la solitude du désert. Puis, brusquement en quelque sorte, Jésus réapparaît, et nous avons célébré son baptême, dans la simplicité, dimanche dernier, par Jean dans les eaux du Jourdain. Nous savons que si Dieu a créé le monde et nous-mêmes, ses créatures, c’est pour nous faire participer au bonheur céleste ; mais ce qui nous désoriente, ce sont les moyens qu’il emploie : « Voici l’agneau de Dieu » (Jn 1, 29), a dit Jean. « J’ai vu l’Esprit descendre du ciel comme une colombe et demeurer sur lui » (Jn 1,32). Rien d’extraordinaire, ni de magnifique, seulement un agneau et une colombe tous deux symboles de candeur.

Dieu a voulu un précurseur, un homme comme nous, pour nous présenter son Fils. Il a voulu une fois de plus nous montrer que lui le Seigneur dont la puissance est sans limite, utilise l’humilité en toute circonstance, pour se manifester.

Dieu agit toujours comme Père, il ne veut pas nous prendre au dépourvu, il nous envoie des messagers, qui sont là pour nous éclairer, nous guider dans nos choix. Les anges sont envoyés aux privilégiés, Marie, Joseph, et aux bergers dans la nuit de Noël, qui ont cru immédiatement. Les prophètes étaient aussi des instruments de Dieu auprès de son peuple. Nous avons une fâcheuse tendance à nous comporter comme des héros, contents de nous à toutes occasions, même si nous n’en avons pas bien souvent conscience nous-même. Prenons davantage appui sur les évangiles que nous transmet l’Église. Purifions-nous à son enseignement, implorons la miséricorde de Dieu, afin qu’il nous guérisse de toutes nos faiblesses spirituelles.

Jean était là, selon la volonté de Dieu, pour rendre témoignage à Jésus, lumière éternelle du monde.

Un chrétien ne doit pas vivre dans les ténèbres. Il doit pouvoir se libérer pour être à l’écoute du message divin qui, s’il sait rester attentif, peut venir d’une autre personne. La société actuelle trop orientée vers les satisfactions matérielles, ne favorise pas, il faut bien le reconnaître, la recherche de Dieu.

Jean le Baptiste, lui, s’était dépouillé de tout souci personnel pour faire place à l’appel reçu de Dieu : « préparer la venue de son Verbe ».

Un messager n’est pas plus grand que celui qui l’envoie, ainsi Jean, en voyant Jésus, témoigne en son nom. C’était aussi sa façon de dire que maintenant sa propre mission était accomplie, Jésus s’est fait l’un de nous pour que s’accomplisse l’Écriture.

Jean témoigne aux auditeurs de son temps qu’il n’est pas le Messie attendu. Jean, lui, baptise dans l’eau, et prêche un baptême de conversion. Jésus le Messie baptisera, lui, dans l’Esprit Saint pour nous laver de nos péchés. Un prophète ne parle pas de lui-même, il se réfère toujours à quelqu’un d’autre, il est le porte-parole. De même, le témoignage de Jean ne vient pas de lui, mais de Dieu qui lui avait donné un signe pour reconnaître le Messie, le Sauveur du monde.

En ce deuxième dimanche du temps ordinaire, demandons au Seigneur de nous aider à vivre ardemment notre baptême, comme des vrais messagers de paix, qui sont là pour consolider l’œuvre divine et non la détruire. Mais aussi qu’il nous donne la force d’être des messagers, des défenseurs de sa Parole de vérité, et surtout des serviteurs. Ainsi, nous serons avec la grâce de l’Esprit Saint des modèles pour tous ceux qui ne connaissent pas encore le Christ ressuscité. Implorons la bonté de notre mère la Vierge Marie, pour qu’elle nous enseigne l’humilité, l’efficacité, comme Jean-Baptiste qui s’est fait petit devant la venue de Jésus. Amen !

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